Fiche n° 1186 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)

Corail mou xenia

Xenia spp.

Océan Indien Lagon

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/mayotte-flore-corail-mou-xenia/

Corail mou xenia (Xenia spp.)
Photo : Diego Delso — CC BY-SA 4.0 — source

Clé d'identification

  • Petite colonie molle : un pied cylindrique, simple ou ramifié, terminé par un ou plusieurs dômes couverts de polypes.
  • Polypes tous semblables et non rétractiles : ils restent déployés, même au toucher.
  • Huit tentacules par polype, bordés de rangées de pinnules qui leur donnent l'aspect de petites plumes.
  • Chez beaucoup de colonies, les tentacules s'ouvrent et se referment en rythme, comme une main qui saisit l'eau.
  • Teintes pâles, du blanc crème au rosé.

Noms

Nom usuel
Corail mou xenia
Nom scientifique
Xenia spp.
Autres noms
Corail plume d'autruche · Corail pulsant · Pulse coral

Distribution géographique

Genre de l'Indo-Pacifique tropical et de la mer Rouge. À Mayotte, plusieurs observations de plongeurs sont enregistrées dans GBIF (2013 et 2020), et trois espèces du genre (Xenia elongata, X. hicksoni, X. lepida) y sont signalées.

Zones : Lagon — Océan Indien

Biotope

Colonies fixées sur la roche ou les débris de récif, sur les pentes récifales ; les observations documentées vont d'environ 5 à 20 m.

Profondeur : 5 – 20 m

Repères pour le plongeur

Petit corail mou aux polypes en plumes qui s'ouvrent et se ferment en rythme : à Mayotte, filmez-le quelques secondes à distance plutôt que de le mitrailler. Ne le touchez pas, ses polypes ne se rétractent pas.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Surtout autotrophe : les algues symbiotiques (zooxanthelles) logées dans ses tissus lui fournissent l'essentiel de son énergie par photosynthèse. Sa cavité digestive est réduite et contient rarement des proies.

Reproduction

Non détaillée par les sources consultées pour le genre ; WoRMS référence une étude sur l'embryogenèse et l'acquisition des symbiotes chez Xenia umbellata (Benayahu et al., 1988).

Conservation

Non évalué (UICN)

Non évalué (NE) sur la liste rouge de l'UICN : c'est le cas de Xenia umbellata et de Xenia elongata (consulté via GBIF le 15 octobre 2026). Les eaux de Mayotte font partie du parc naturel marin de Mayotte, créé en 2010.

Espèces ressemblantes

  • Heteroxenia (famille des Xeniidae) : colonies très proches, également pulsantes, mais avec deux sortes de polypes ; la distinction demande un examen au microscope.
  • Corail mou sarcophyton (Sarcophyton spp.) : colonie en champignon, bien plus grande, dont les polypes se rétractent dans le chapeau.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Cnidaires (coraux & anémones)

Identification

Le xenia n’est pas une plante, malgré son classement dans la rubrique « flore » du site : c’est un animal, un octocoralliaire de la famille des Xeniidae. Le nom désigne ici le genre Xenia, qui compte une cinquantaine d’espèces acceptées par WoRMS. Sous l’eau, on ne peut pas les distinguer les unes des autres : la description d’une espèce repose sur l’examen au microscope électronique des minuscules sclérites calcaires de ses tissus.

La colonie est petite et molle. Un pied cylindrique, simple ou ramifié, porte à son sommet un ou plusieurs dômes couverts de polypes. Ces polypes sont tous du même type et ne se rétractent jamais. Comme chez tous les octocoralliaires, chaque polype porte huit tentacules, bordés ici de rangées de pinnules qui les font ressembler à de petites plumes. D’où le nom de « corail plume d’autruche » retenu par DORIS. Sur les photos publiées, les colonies sont de teintes pâles, blanc crème à rosées.

Le critère le plus parlant est le mouvement. Chez beaucoup de colonies, les tentacules s’ouvrent et se referment en cadence. En anglais, on l’appelle « pulse coral » pour cette raison. Attention toutefois : tous les Xeniidae ne pulsent pas, et le genre voisin Heteroxenia, qui pulse aussi, ne s’en distingue qu’au microscope.

Où et quand l’observer à Mayotte

Le genre vit dans l’Indo-Pacifique tropical et en mer Rouge, selon DORIS. À Mayotte, GBIF recense des observations de plongeurs bénévoles de la FFESSM, datées de 2013 et de 2020, dans les eaux territoriales de l’île. Trois espèces du genre y sont aussi mentionnées : Xenia elongata, X. hicksoni et X. lepida.

Les colonies se fixent sur la roche ou sur les débris de récif. Les photos publiées par DORIS ont été prises entre 10 et 20 m, et une espèce japonaise récemment décrite est commune entre 5 et 10 m. Rien ne signale de saison particulière : la colonie est fixée et visible toute l’année.

Biologie et comportement

Le xenia vit surtout de la lumière. Ses tissus abritent des algues symbiotiques, les zooxanthelles, qui lui fournissent l’essentiel de son énergie par photosynthèse. Sa cavité digestive est réduite et l’on y trouve rarement des proies.

La pulsation a été mesurée en mer Rouge, à Eilat, sur Heteroxenia fuscescens, un proche parent. Les polypes y battent environ 36 fois par minute et pulsent plus de 95 % du temps, nuit comprise. Ce mouvement chasse l’eau vers le haut et évacue l’oxygène produit par les algues. La photosynthèse nette peut alors être jusqu’à dix fois plus forte qu’au repos, pour un surcoût de respiration bien moindre.

Les Xeniidae sont aussi décrits comme des pionniers des récifs tropicaux, qui colonisent vite les surfaces libres.

Statut et protection

Le genre n’a pas d’évaluation globale. Xenia umbellata et Xenia elongata figurent comme « non évaluées » (NE) sur la liste rouge de l’UICN, d’après GBIF. À Mayotte, le xenia vit dans le parc naturel marin de Mayotte, créé par décret le 18 janvier 2010 et qui couvre toute la zone économique exclusive de l’île.

Bien l’observer et la photographier

Le xenia se prête mieux à la vidéo qu’à la photo : quelques secondes de plan fixe suffisent à montrer la cadence des polypes, ce qu’une image seule ne rend pas. Stabilisez-vous à distance, en flottabilité neutre, sans vous appuyer sur le récif autour de la colonie.

En photo, cadrez un dôme de polypes en gros plan, un peu de biais, pour détacher les pinnules des tentacules. Ses teintes pâles saturent vite : baissez la puissance du flash ou travaillez en lumière naturelle près de la surface. Ne touchez pas la colonie. Ses polypes ne se rétractent pas pour se protéger, et un coup de palme ou une main posée les écrase.

Sources