Fiche n° 1193 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)
Corallimorphe
Amplexidiscus fenestrafer
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/mayotte-flore-corallimorphe/
Clé d'identification
- Grand disque oral rond et souple, de 25 à 40 cm de diamètre, posé sur une colonne très courte.
- Disque couvert de tentacules courts en forme de picots, sans longs tentacules comme chez les anémones.
- Couleur beige à brun, sans squelette calcaire.
- Bouche unique au centre du disque.
- Bords lobés capables de se refermer en boule sur le disque pour emprisonner une proie.
- Individus souvent groupés à plusieurs sur le dessus du récif.
Noms
- Nom usuel
- Corallimorphe
- Nom scientifique
- Amplexidiscus fenestrafer
- Autres noms
- Anémone oreille d'éléphant · Corallimorphaire géant · Corallimorphaire
- Synonymes
- Discosoma fenestrafera
Distribution géographique
Indo-Pacifique tropical, de la mer Rouge et de l'océan Indien occidental (Madagascar, Mayotte, Maldives) jusqu'à l'Australie, la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française. À Mayotte, il figure dans l'inventaire TAXREF des collectivités d'outre-mer et a été photographié dans le lagon par des plongeurs (CROMIS de la FFESSM, iNaturalist).
Zones : Lagon — Océan Indien
Biotope
Dessus et pentes des récifs coralliens bien éclairés sur substrat dur et parfois sur des surfaces verticales. Profondeur habituelle de 3 à 25 m selon les sources.
Repères pour le plongeur
Le plus grand corallimorphaire de l'Indo-Pacifique : un disque brun de 25 à 40 cm couvert de courts picots, capable de se refermer en trois secondes sur une crevette ou un petit poisson. Photographié à plusieurs reprises dans le lagon de Mayotte.
Meilleure saison : Janvier · Février · Mars · Avril · Mai · Juin · Juillet · Août · Septembre · Octobre · Novembre · Décembre
Biologie
Alimentation
Héberge des zooxanthelles (algues symbiotiques) et capture aussi des proies en refermant son disque : crevettes, vers, échinodermes, invertébrés du fond et petits poissons.
Reproduction
Non décrite dans les sources consultées.
Conservation
Non évalué (UICN)
Non évalué par l'UICN (NE) selon GBIF, consulté en 2026. Aucune réglementation propre à l'espèce n'a été trouvée pour Mayotte.
Espèces ressemblantes
- Anémones de mer à grand disque (anémone magnifique, anémone bulle) : longs tentacules bien visibles, alors que le disque du corallimorphe ne porte que de courts picots.
- Corail champignon (Fungia fungites) : disque de même allure, mais avec un squelette calcaire dur et des cloisons rayonnantes.
- Autres corallimorphaires signalés à Mayotte sur iNaturalist (Discosoma nummiforme, Ricordea yuma) : seule une photo nette du disque permet de trancher.
Classification
- Règne
- Végétal / algue
- Groupe
- Cnidaires (coraux & anémones)
Identification
Le corallimorphe que vous croiserez à Mayotte est Amplexidiscus fenestrafer, souvent appelé anémone oreille d’éléphant. Malgré ce nom et son rangement parmi la « flore » du site, c’est un animal : un cnidaire de l’ordre des Corallimorpharia, famille des Discosomidae. Ce n’est ni une vraie anémone de mer ni un corail dur, car il ne fabrique aucun squelette calcaire. Décrit par Dunn et Hamner en 1980 à partir de spécimens australiens, il est l’unique espèce de son genre.
Ce que l’on voit, c’est la région orale : un grand disque rond et souple, posé sur une colonne très courte, avec la bouche au centre. Le disque mesure couramment 25 à 30 cm et peut atteindre 40 cm. Sa couleur va du beige au brun. Au lieu de longs tentacules, il porte de courts tentacules en forme de picots qui lui donnent un aspect granuleux. Ses bords lobés peuvent se relever et se refermer sur le disque jusqu’à former une boule.
La confusion la plus fréquente se fait avec les grandes anémones, comme l’anémone magnifique ou l’anémone bulle : elles portent de longs tentacules bien visibles, que le corallimorphe n’a pas. Le corail champignon a une silhouette proche, mais son disque est dur et strié de cloisons calcaires. D’autres corallimorphaires sont signalés sur l’île, comme Discosoma nummiforme ou Ricordea yuma : en cas de doute, seule une photo nette du disque permet de trancher.
Où et quand l’observer à Mayotte
Sa présence à Mayotte est documentée. L’espèce figure dans l’inventaire TAXREF des collectivités d’outre-mer du Muséum national d’histoire naturelle. GBIF réunit sept données pour l’île, dont une observation saisie en 2022 dans CROMIS, le carnet de plongée en ligne de la FFESSM. Sur iNaturalist, trois photos prises dans le lagon, dont deux du côté de Dembéni, en 2023 et 2024, ont été validées par la communauté.
Les sources le décrivent sur le dessus des récifs, souvent en petits groupes, de 3 à 25 m environ selon les auteurs. Il colonise aussi des surfaces verticales bien éclairées. Dans le lagon, cherchez-le donc sur les pâtés et les tombants peu profonds plutôt que sur le sable. Aucune saison particulière n’est signalée : il est visible toute l’année.
Biologie et comportement
Comme les coraux, il héberge des zooxanthelles, des algues symbiotiques qui lui fournissent une partie de son énergie. Mais c’est aussi un prédateur. Hamner et Dunn ont montré en 1980 qu’il capture ses proies en les enveloppant : au contact, le disque se referme en trois secondes environ et emprisonne quelques litres d’eau avec ce qu’elle contient. Un simple contact mécanique suffit à déclencher ce réflexe. Ses proies vont des crevettes aux vers, aux échinodermes et aux petits poissons. En aquarium, il a même avalé des poissons-clowns. Pendant la digestion, le disque reste fermé en boule.
Ailleurs dans son aire, une petite crevette commensale, Pliopontonia furtiva, vit parfois sur son disque. Sa reproduction n’est pas décrite dans les sources consultées.
Statut et protection
L’espèce n’est pas évaluée par l’UICN (NE), selon GBIF consulté en 2026. Aucune réglementation propre à l’espèce n’a été trouvée pour Mayotte.
Bien l’observer et la photographier
Un disque ouvert à plat est une occasion rare : approchez lentement et sans remous. Ne le touchez pas, ni du doigt ni de la palme : le contact suffit à déclencher la fermeture, et vous priveriez l’animal de sa chasse. S’il est refermé en boule, il digère peut-être : laissez-le tranquille.
Pour une identification sûre, photographiez le disque entier de face, avec un repère d’échelle, puis les picots en gros plan. Cherchez aussi sur sa surface la petite crevette commensale. Une photo nette, localisée et datée, partagée sur CROMIS ou iNaturalist, enrichit l’inventaire encore maigre de l’espèce à Mayotte.
Sources
- WoRMS : Amplexidiscus fenestrafer Dunn & Hamner, 1980
- GBIF : Amplexidiscus fenestrafer, fiche et statut UICN
- GBIF : occurrences à Mayotte (TAXREF, CROMIS)
- iNaturalist : observations à Mayotte
- Wikipédia : Amplexidiscus fenestrafer
- Hamner et Dunn (1980), Micronesica 16 : capture des proies par enveloppement
- Elliott et Cook (1989), Biological Bulletin 176 : comparaison avec Amplexidiscus fenestrafer
- Florent’s Guide to the Tropical Reefs : Amplexidiscus fenestrafer
- Underwater Kwajalein : Amplexidiscus fenestrafer et crevette commensale