Fiche n° 1194 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)

Zoanthide

Palythoa tuberculosa

Océan Indien Lagon

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/mayotte-flore-zoanthide/

Zoanthide (Palythoa tuberculosa)
Photo : Diego Delso — CC BY-SA 4.0 — source

Clé d'identification

  • Tapis charnu et encroûtant, sans squelette calcaire, dans lequel les polypes sont noyés.
  • Polypes courts d'environ 8 mm de diamètre, serrés les uns contre les autres.
  • Couleurs ternes : gris bleuté, vert, gris, brun ou rosé.
  • Tentacules en général rétractés le jour et déployés la nuit : de jour, la colonie ressemble à une surface bosselée.
  • Sur les fonds sableux et abrités, la surface de la colonie se couvre souvent de sable.

Noms

Nom usuel
Zoanthide
Nom scientifique
Palythoa tuberculosa
Autres noms
Zoanthaire · Zoanthaire caoutchouteux · Tapis de mer
Synonymes
Alcyonium tuberculosum

Distribution géographique

Indo-Pacifique tropical jusqu'à Hawaï, avec des occurrences GBIF à Madagascar, aux Seychelles, en Tanzanie, au Mozambique et à La Réunion. À Mayotte, la présence de l'espèce n'est pas validée : une seule photo iNaturalist (Tsingoni, 2025) porte ce nom, en attente de confirmation ; le genre Palythoa est signalé dans le lagon par un point non daté du catalogue Hexacorallians of the World et par deux photos iNaturalist non validées.

Zones : Lagon — Océan Indien

Biotope

Zones très peu profondes : platiers récifaux sableux, côtes rocheuses battues et haut des récifs, de la zone de balancement des marées à environ 20 m.

Repères pour le plongeur

Zoanthaire en tapis charnu gris bleuté ou brunâtre, répandu dans l'ouest de l'océan Indien mais dont la présence à Mayotte reste à confirmer. Toxique (palytoxine) : on l'observe sans le toucher.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Mixotrophe : il tire une grande part de son énergie des algues symbiotiques (zooxanthelles) logées dans ses tissus et capture aussi du plancton avec ses tentacules urticants.

Reproduction

Hermaphrodite protandre sur sa vie, avec un cycle annuel protogyne ; ponte la première semaine après la pleine lune, de juin à août, et larves transformées au bout de 13 jours (Polak et al., 2011). Aucune donnée pour Mayotte.

Conservation

Non évalué (UICN)

Non évalué par l'UICN (NE), selon SeaLifeBase qui cite la liste rouge version 2025-2. Aucune réglementation propre à l'espèce n'a été trouvée à Mayotte.

Espèces ressemblantes

  • Zoanthus : zoanthaire de la famille des Zoanthidae, dont les tissus n'incorporent pas de sédiment.
  • Coraux durs encroûtants comme Cyphastrea : même allure de tapis bosselé, mais avec un squelette calcaire dur.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Cnidaires (coraux & anémones)

Identification

Palythoa tuberculosa est un zoanthaire, un cnidaire de l’ordre des Zoantharia et de la famille des Sphenopidae. C’est donc un animal, même si la fiche est rangée parmi la « flore » du site. Sans squelette calcaire, il forme un tapis charnu et encroûtant où de petits polypes courts sont noyés. Son nom anglais, « rubbery zoanthid », signifie zoanthaire caoutchouteux.

Chaque polype mesure environ 8 mm de diamètre. Les couleurs restent ternes : gris bleuté, vert, gris, brun ou rosé. De jour, les tentacules sont le plus souvent rétractés, et la colonie ressemble à une surface bosselée. La nuit, la couronne de tentacules se déploie autour de chaque disque.

Le milieu modifie l’aspect des colonies. Sur les surfaces raides et sans sédiment, elles grandissent et restent nettes ; dans les endroits abrités, elles restent petites et se couvrent souvent de sable. La plupart des zoanthaires incorporent en effet du sable dans leurs tissus, ce que ne font pas les Zoanthus (famille des Zoanthidae), l’autre grand genre tropical. Un tapis de Palythoa peut aussi évoquer un corail dur encroûtant comme Cyphastrea : l’auteur de la seule photo mahoraise attribuée à l’espèce avait d’ailleurs d’abord pensé à ce genre. Cherchez les calices calcaires du corail, absents chez le zoanthaire.

Palythoa caesia, décrite de la Grande Barrière, désigne la même espèce d’après les études morphologiques et moléculaires.

Où et quand l’observer à Mayotte

Palythoa tuberculosa vit dans tout l’Indo-Pacifique tropical. Dans l’ouest de l’océan Indien, GBIF le signale à Madagascar, aux Seychelles, en Tanzanie, au Mozambique et à La Réunion. À Mayotte, en revanche, sa présence n’est pas confirmée à ce jour : GBIF ne compte aucune occurrence de l’espèce sur l’île, et iNaturalist n’en a qu’une seule, photographiée en septembre 2025 près de Tsingoni, sur la côte ouest du lagon. Elle attend toujours une validation.

Le genre Palythoa est mieux étayé, sans l’être beaucoup. Le catalogue mondial Hexacorallians of the World place un point du genre dans le lagon, à environ 1 m de fond, sans date. Deux photos iNaturalist prises en 2008 et 2014 portent aussi le nom du genre, dont l’une notée « cf. Palythoa tuberculosa » par son auteur, mais leur localisation est imprécise et aucune n’a été validée.

Si vous le cherchez, regardez là où l’eau est la moins profonde : platiers sableux, côtes rocheuses exposées aux vagues et haut des récifs. SeaLifeBase indique une profondeur de 0 à 20 m. Rien n’indique de saison particulière : la colonie est fixée et visible toute l’année.

Biologie et comportement

Le zoanthaire héberge dans ses tissus des zooxanthelles, des algues symbiotiques qui lui fournissent une grande part de son énergie par la photosynthèse. Il capture aussi du plancton avec ses tentacules urticants, déployés surtout la nuit.

Sa reproduction a été décrite par Polak et al. (2011). Sur sa vie, chaque individu est d’abord mâle puis devient hermaphrodite, et chaque année les organes femelles mûrissent avant les organes mâles. Dans la population étudiée, la ponte a lieu de juin à août, la première semaine après la pleine lune, quand l’eau se réchauffe. Les larves se transforment au bout de 13 jours, mais le recrutement observé sur le récif reste faible. Aucune donnée n’existe pour Mayotte.

Statut et protection

Palythoa tuberculosa n’est pas évalué par l’UICN (NE), selon SeaLifeBase qui cite la liste rouge version 2025-2. Aucune réglementation propre à l’espèce n’a été trouvée à Mayotte.

Bien l’observer et la photographier

Beaucoup de Palythoa contiennent de la palytoxine, l’une des toxines naturelles les plus puissantes. Ne touchez jamais une colonie, et évitez tout contact avec les yeux ou une peau blessée. Sur un platier à faible hauteur d’eau, gardez les palmes et les genoux à distance : le tapis est souvent juste sous la surface.

Pour voir les tentacules ouverts, observez la colonie à la tombée de la nuit ou en plongée de nuit. Un objectif macro et un éclairage d’appoint montrent bien le disque de chaque polype. Photographiez aussi la colonie entière et notez le lieu exact : publiées sur iNaturalist, ces images sont aujourd’hui le meilleur moyen de confirmer la présence de l’espèce à Mayotte.

Sources