Fiche n° 1183 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)

Gorgone fouet

Junceella juncea

Océan Indien Canal du Mozambique

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/mayotte-flore-gorgone-fouet/

Clé d'identification

  • Colonie en long fouet mince, dressée à partir de son point de fixation sur un support dur.
  • Couleur rouge : avec la forme en fouet, c'est le seul caractère que la littérature retient pour l'espèce.
  • Petits polypes à huit tentacules bien visibles le long de l'axe, qui la séparent d'un corail fil-de-fer.
  • Le plus souvent non ramifiée, même si certaines colonies portent des branches latérales.

Noms

Nom usuel
Gorgone fouet
Nom scientifique
Junceella juncea
Autres noms
Gorgone-fouet · Sea whip
Synonymes
Gorgonia juncea · Ellisella juncea · Viminella juncea · Junceella trilineata

Distribution géographique

Indo-Pacifique occidental. À Mayotte, deux colonies récoltées en 1995 sur la côte ouest sont conservées au musée Senckenberg de Francfort (GBIF) ; l'espèce est aussi signalée à La Réunion et à Madagascar.

Zones : Canal du Mozambique — Océan Indien

Biotope

Espèce associée aux récifs, fixée sur un support dur, sans algues symbiotiques. Selon les sites, elle forme des peuplements denses ou des colonies isolées. Profondeur documentée par SeaLifeBase : 19 à 1 215 m.

Profondeur : 19 – 1215 m

Repères pour le plongeur

Gorgone en long fouet rouge, sans algues symbiotiques, attestée à Mayotte par des colonies récoltées sur la côte ouest. Cherchez ses polypes pour la distinguer d'un corail fil-de-fer, et ne la touchez pas.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Azooxanthellée selon SeaLifeBase : sans algues symbiotiques, elle se nourrit grâce à ses polypes, qui capturent le plancton et les particules apportés par le courant.

Reproduction

Non documentée pour l'espèce. Chez les anthozoaires, selon SeaLifeBase, les gamètes sont émis par la bouche des polypes ; la larve planula, planctonique, se fixe ensuite et fonde une nouvelle colonie.

Conservation

Non évalué (UICN)

Non évaluée (NE) par l'UICN selon SeaLifeBase (liste rouge, version 2025-2), ni par la CITES. Aucune protection propre à l'espèce trouvée ; les eaux de Mayotte font partie du parc naturel marin de Mayotte, créé en 2010.

Espèces ressemblantes

  • Corail fil-de-fer (Cirrhipathes) : corail noir (antipathaire) lui aussi en forme de fouet ; DORIS conseille de chercher les polypes bien visibles, qui signent la gorgone.
  • Autres gorgones-fouets (Junceella fragilis, genre Ellisella) : même silhouette ; la distinction à l'espèce relève des spécialistes.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Cnidaires (coraux & anémones)

Identification

Malgré son rangement dans la flore du site, la gorgone fouet est un animal : une colonie d’octocoralliaires de la famille des Ellisellidae. Pallas l’a décrite en 1766 sous le nom de Gorgonia juncea, à partir de matériel de l’océan Indien. WoRMS retient aujourd’hui Junceella juncea et place en synonymie Ellisella juncea, Viminella juncea et Junceella trilineata. Les anglophones l’appellent sea whip, le fouet de mer.

La colonie forme un long fouet mince, dressé depuis son point d’ancrage sur la roche. La couleur décrite est le rouge. Le long de l’axe s’ouvrent de petits polypes à huit tentacules, comme chez tous les octocoralliaires. La plupart des colonies restent simples, mais des chercheurs qui ont examiné du matériel du golfe Persique y ont trouvé plusieurs colonies avec des branches latérales.

Restez prudent sur le nom d’espèce. Une revue des signalements, publiée sur GBIF, rappelle que le matériel type de Pallas est probablement perdu et que la forme de ses sclérites, ces petites pièces calcaires qui servent à séparer les espèces, reste inconnue. On ne retient guère de l’espèce que sa forme en fouet et sa couleur rouge. DORIS le dit à propos d’une gorgone-fouet voisine : l’identification de ces gorgones est l’affaire de spécialistes. Dans votre carnet, « Junceella sp. » est souvent la réponse la plus honnête.

La confusion la plus fréquente concerne le corail fil-de-fer (Cirrhipathes), un corail noir lui aussi en forme de fouet. Sur sa fiche du gobie des coraux fil-de-fer, DORIS indique que des polypes bien visibles permettent de reconnaître la gorgone.

Où et quand l’observer à Mayotte

La présence de l’espèce à Mayotte repose sur des spécimens de musée. Le musée Senckenberg de Francfort conserve dans sa collection de cnidaires deux colonies récoltées en 1995 sur la côte ouest de l’île (« Mayotte, Westküste »), publiées sur GBIF. La fiche n’indique ni la profondeur ni le milieu exact, lagon ou pente externe. Aucune observation de plongeur n’est encore publiée pour Mayotte sur GBIF, alors que La Réunion et Madagascar en comptent quelques-unes : un signalement documenté, avec photo et lieu, aurait donc une vraie valeur.

SeaLifeBase classe l’espèce comme associée aux récifs et donne une profondeur de 19 à 1 215 m. Elle y forme des peuplements denses par endroits et reste dispersée ailleurs. Colonie fixe et pérenne, elle s’observe toute l’année : il n’y a pas de saison à attendre.

Biologie et comportement

À la différence des coraux bâtisseurs du lagon, la gorgone fouet n’héberge pas d’algues symbiotiques : SeaLifeBase la dit azooxanthellée. Elle ne dépend donc pas de la lumière et tire toute sa nourriture de l’eau qui passe. Ses polypes déploient leurs tentacules pour capturer le plancton et les particules en suspension.

Sa reproduction n’a pas été décrite pour l’espèce elle-même. Chez les anthozoaires, SeaLifeBase indique que les gamètes sont émis par la bouche des polypes. La larve, appelée planula, dérive dans le plancton, puis se fixe pour fonder une nouvelle colonie.

Le fouet sert aussi d’habitat. Selon DORIS, deux petits gobies, Bryaninops amplus et Bryaninops loki, vivent inféodés aux gorgones du genre Junceella, dont J. juncea. Le premier a le haut du corps translucide ; le second porte une tache sombre à la base de la queue. DORIS montre aussi un gobie gardant ses œufs sur une branche de Junceella.

Statut et protection

L’UICN n’a pas évalué l’espèce (NE), d’après SeaLifeBase qui cite la liste rouge, version 2025-2. La CITES ne la mentionne pas non plus. Aucune protection propre à cette gorgone n’apparaît dans les sources consultées. Les eaux de Mayotte, jusqu’à la limite de la zone économique exclusive, sont toutefois incluses dans le parc naturel marin de Mayotte, créé par décret le 18 janvier 2010.

Bien l’observer et la photographier

Avant de déclencher, approchez une lampe du fouet : des polypes ouverts confirment la gorgone, et écartent le corail fil-de-fer. Parcourez ensuite la tige du regard, de la base à la pointe, à la recherche d’un gobie presque transparent collé contre l’axe. Pour un signalement exploitable, photographiez aussi la base de la colonie et notez la profondeur.

Un cadrage vertical, avec le bleu en arrière-plan, met en valeur la silhouette. Passez en macro pour les polypes et les gobies. Stabilisez-vous à distance, ne saisissez jamais la tige pour vous retenir, et gardez vos palmes loin des peuplements denses.

Sources