Fiche n° 1220 · Faune · Poissons
Murène tatouée
Gymnothorax moringa
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/mexique-faune-murene-tatouee/
Clé d'identification
- Corps serpentiforme sans nageoires pectorales, long de 60 cm en général et jusqu'à 2 m.
- Fond blanc à jaune pâle couvert de petites taches rondes serrées, brun foncé à violacé ou noires, qui se chevauchent.
- Pointillé sombre présent jusque sur la tête, la mâchoire et la longue nageoire dorsale.
- Tête seule dépassant d'un trou du récif, bouche entrouverte qu'elle ouvre et ferme pour respirer.
- Différence clé : la murène verte est d'un vert ou brun uni, la murène à queue dorée est brun foncé à points jaunes.
Noms
- Nom usuel
- Murène tatouée
- Nom scientifique
- Gymnothorax moringa
- Autres noms
- Murène tachetée · Spotted moray · Morena manchada · Morena pintada
- Synonymes
- Muraena moringa · Lycodontis moringa · Sidera moringa
Distribution géographique
Atlantique ouest, de la Caroline du Nord et des Bermudes au Brésil, golfe du Mexique et Caraïbes compris ; aussi Ascension, Sainte-Hélène et îles du centre et de l'est de l'Atlantique. Au Mexique, données GBIF surtout au Quintana Roo, puis au Yucatán et au Veracruz ; absente du Pacifique.
Zones : Caraïbes · Yucatán — Amérique
Biotope
Récifs coralliens, fonds rocheux et herbiers peu profonds, où elle vit cachée dans les trous et les failles ; plus rare dans les baies troubles et les ports. De 0 à 200 m, le plus souvent entre 0 et 35 m.
Profondeur : 0 – 200 m
Repères pour le plongeur
Murène blanche ou jaune pâle criblée de petites taches sombres, fréquente sur les récifs peu profonds du Caribe mexicain et active de jour, la tête hors de son trou. Sa morsure est dangereuse : ne la nourrissez pas et gardez les mains hors des failles.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Carnivore : poissons et crustacés, aussi des mollusques, capturés sur le fond ou près du fond.
Reproduction
Fécondation externe, œufs dispersés en pleine eau ou sur le substrat après des migrations de ponte ; larves leptocéphales, transparentes et en forme de feuille, qui dérivent dans le plancton.
Conservation
Préoccupation mineure (UICN)
Préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 18 août 2011 selon FishBase. Petite pêcherie commerciale et prélèvements pour l'aquariophilie ; aucune protection propre à l'espèce trouvée au Mexique dans les sources consultées.
Espèces ressemblantes
- Murène verte (Gymnothorax funebris) : bien plus grande (jusqu'à 2,50 m), d'un vert ou brun uniforme, sans taches.
- Murène à queue dorée (Gymnothorax miliaris) : plus petite (70 cm au plus), motif inversé, fond brun foncé à points jaunes et bout de queue clair.
- Gymnothorax vicinus (purplemouth moray) : marbrée de vert ou de brun, nageoires anale et caudale bordées de blanc ; elle vit surtout plus profond, entre 50 et 145 m.
Classification
- Règne
- Animal
- Groupe
- Poissons
Identification
La murène tatouée, que FishBase et GBIF nomment plutôt murène tachetée (spotted moray en anglais, morena manchada en espagnol), est une murène de taille moyenne. Elle mesure 60 cm en général et peut atteindre 2 m pour 2,5 kg. Son corps de serpent, sans nageoires pectorales, est bordé sur le dos par une longue nageoire continue.
Son motif suffit presque toujours à la reconnaître. Le fond de la peau est blanc ou jaune pâle. Il est couvert de petites taches rondes et serrées, brun foncé, violacées ou noires, qui se chevauchent au point de former un pointillé dense.
Trois murènes de l’Atlantique ouest peuvent prêter à confusion. La murène verte (Gymnothorax funebris) est bien plus massive, jusqu’à 2,50 m, et d’un vert ou brun uni, sans taches. La murène à queue dorée (Gymnothorax miliaris) porte le motif inverse : des points jaunes sur fond brun foncé, avec un bout de queue clair, et ne dépasse pas 70 cm. Gymnothorax vicinus est marbrée de vert ou de brun, avec l’anale et la caudale bordées de blanc, mais elle vit surtout entre 50 et 145 m, hors de portée de la plupart des plongées loisir.
Où et quand l’observer au Mexique
L’espèce peuple tout l’Atlantique ouest, de la Caroline du Nord au Brésil, golfe du Mexique et Caraïbes compris. Au Mexique, l’essentiel des observations enregistrées dans GBIF vient du Quintana Roo (plus de 200 sur 354), loin devant le Yucatán et le Veracruz. Elle ne vit pas dans le Pacifique, et c’est un poisson strictement marin : on ne l’attend pas dans les cénotes.
FishBase la décrit comme abondante sur les fonds rocheux, les herbiers peu profonds et les récifs coralliens, et moins commune dans les baies troubles et les ports. Elle descend jusqu’à 200 m mais vit le plus souvent entre la surface et 35 m. Les observations GBIF se répartissent sur tous les mois de l’année : il n’y a pas de saison à privilégier.
Biologie et comportement
C’est un poisson solitaire, qui passe la journée dans un trou ou une faille du récif, la tête dehors. FishBase la classe parmi les espèces actives de jour. Elle se nourrit de poissons et de crustacés, et aussi de mollusques, qu’elle capture sur le fond. MarineBio signale qu’elle chasse parfois en compagnie d’autres prédateurs.
Sa reproduction reste mal connue. L’espèce effectue des migrations de ponte et la fécondation est externe. Les larves, de type leptocéphale, sont transparentes, aplaties comme une feuille et dérivent dans le plancton avant de rejoindre le récif.
FishBase la range parmi les espèces qui blessent : sa morsure est jugée très dangereuse et l’animal est décrit comme inhabituellement agressif envers l’homme.
Statut et protection
L’UICN la classe en « Préoccupation mineure » (LC). FishBase date l’évaluation du 18 août 2011. Elle fait l’objet d’une petite pêche commerciale, vendue fraîche ou salée, et de prélèvements pour l’aquariophilie. Les sources consultées ne mentionnent aucune protection propre à l’espèce au Mexique.
Bien l’observer et la photographier
Cherchez une tête tachetée qui dépasse d’un trou, à faible profondeur, dans les zones de roche, de corail ou en bordure d’herbier. Sa bouche qui s’ouvre et se ferme fait circuler l’eau dans ses branchies : ce n’est pas une menace. Approchez lentement, de côté, et laissez toujours une issue à l’animal.
Ne la nourrissez jamais : c’est la meilleure façon de la rendre entreprenante, et sa morsure est grave. Ne passez ni les mains ni la lampe dans la faille pour la faire sortir. Pour la photo, un objectif macro ou un zoom moyen permet de rester à distance et de restituer le pointillé de la peau. Éclairez de biais pour éviter que le fond clair ne soit surexposé, et faites le point sur l’œil.