Fiche n° 1219 · Faune · Poissons
Murène verte
Gymnothorax funebris
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/mexique-faune-murene-verte/
Clé d'identification
- Très grande murène : 1,50 m en moyenne, jusqu'à 2,30 m, la plus grosse des Caraïbes.
- Couleur uniforme vert à brun, sans taches ni marbrures ; juvéniles bruns ou noirâtres.
- Teinte verte due au mucus jaune qui recouvre une peau sombre et sans écailles.
- Bouche fendue jusque derrière les yeux, garnie de petites dents crochues.
- Narines antérieures prolongées en petits tubes ; dorsale, caudale et anale soudées en un pli continu, pas de pectorales.
Noms
- Nom usuel
- Murène verte
- Nom scientifique
- Gymnothorax funebris
- Autres noms
- Green moray · Morena verde
- Synonymes
- Lycodontis funebris
Distribution géographique
Atlantique tropical ouest (de la Floride et des Bahamas au sud du Brésil, golfe du Mexique et mer des Caraïbes compris) et est (Cap-Vert, Sénégal). Au Mexique : surtout le Quintana Roo et le golfe du Mexique ; signalée plus rarement dans le Pacifique, en mer de Cortez.
Zones : Caraïbes · Yucatán · Pacifique mexicain — Amérique
Biotope
Benthique, sédentaire et solitaire : zones rocheuses, récifs coralliens, herbiers et mangroves, de 1 à 50 m, le plus souvent entre 5 et 30 m. Elle passe la journée dans une faille ou sous un surplomb.
Profondeur : 1 – 50 m
Repères pour le plongeur
Plus grosse murène des Caraïbes, vert uniforme, qui guette la gueule entrouverte depuis sa faille sur les récifs du Quintana Roo. Peu craintive, elle mord si on la dérange : gardez les mains hors des trous et ne la nourrissez pas.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Carnivore, surtout nocturne : poissons, seiches et crustacés, dont elle broie la carapace. Elle repère ses proies à l'odorat.
Reproduction
Ovipare ; zones de frai mal connues, probablement profondes. Larve leptocéphale transparente de 5 à 10 cm qui dérive dans le plancton. Phase hermaphrodite avant la détermination du sexe.
Conservation
Préoccupation mineure (UICN)
Préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge de l'UICN, évaluation du 17 août 2011 selon FishBase. FishBase juge sa vulnérabilité à la pêche très élevée. Les grands individus sont ciguatoxiques.
Espèces ressemblantes
- Murène tachetée (Gymnothorax moringa) : autre grande murène des récifs caribéens, mais au corps clair, blanc à jaune pâle, couvert de taches brunes ; la murène verte est uniforme. DORIS juge toutefois la confusion improbable.
Classification
- Règne
- Animal
- Groupe
- Poissons
Identification
La murène verte est la plus grosse murène des Caraïbes. DORIS donne une longueur courante d’environ 1,50 m et un maximum de 2,30 m, pour un poids pouvant atteindre 29 kg. Son corps serpentiforme, massif et sans écailles, est d’une couleur uniforme : vert le plus souvent, parfois brun ou noirâtre, surtout chez les juvéniles.
Ce vert n’est pas celui de la peau. Il vient d’un mucus jaune qui recouvre tout le corps sombre et le protège des parasites et des bactéries. La bouche, très large, s’ouvre jusque derrière les yeux et porte de nombreuses petites dents crochues. Les narines antérieures forment de petits tubes au bout du museau, et les ouïes se réduisent à un trou sombre. Les nageoires dorsale, caudale et anale forment un pli de peau continu, et il n’y a pas de nageoires pectorales.
Selon DORIS, sa taille et sa teinte unie la rendent difficile à confondre. L’autre grande murène des mêmes récifs, la murène tachetée (Gymnothorax moringa), a un corps clair couvert de taches brunes.
Où et quand l’observer au Mexique
L’espèce vit dans l’Atlantique tropical, de la Floride au sud du Brésil, golfe du Mexique et Caraïbes compris. Sur GBIF, la grande majorité des observations mexicaines viennent du Quintana Roo, et d’autres de Veracruz. DORIS la signale aussi en mer de Cortez, et GBIF compte quelques mentions en Basse-Californie et dans le Sonora : côté Pacifique, elle reste une rencontre rare.
Cherchez-la sur les récifs coralliens, les zones rocheuses, les herbiers et les mangroves. FishBase la donne entre 1 et 50 m, le plus souvent de 5 à 30 m. Sédentaire, elle peut occuper le même abri longtemps. Aucune saison particulière n’est documentée : on la voit toute l’année.
Biologie et comportement
Le jour, la murène verte reste dans sa faille, tête dehors. Elle chasse surtout au crépuscule et la nuit, en solitaire, des poissons, des seiches et des crustacés dont elle broie la carapace. Son odorat, très développé, guide la chasse. Une proie trop grosse est déchiquetée avant d’être avalée.
Elle garde souvent la gueule ouverte. Ce n’est pas une menace : ce mouvement fait passer l’eau sur ses branchies. L’espèce est ovipare et pond probablement en profondeur. Sa larve, appelée leptocéphale, ressemble à une feuille transparente de 5 à 10 cm et dérive dans le plancton. Chez cette murène, une phase hermaphrodite précède la détermination du sexe.
Statut et protection
L’UICN la classe en « Préoccupation mineure » (LC). FishBase date cette évaluation du 17 août 2011. FishBase juge pourtant sa vulnérabilité à la pêche très élevée, car sa population se renouvelle lentement. Les grands individus sont ciguatoxiques : sa chair peut provoquer la ciguatera. Nous n’avons pas trouvé de réglementation mexicaine propre à l’espèce.
Bien l’observer et la photographier
DORIS la décrit comme peu craintive et facile à approcher, mais dangereuse si on la dérange. Sa morsure est douloureuse et s’infecte vite. Ne passez jamais la main dans une faille et ne la nourrissez pas. Approchez-la de face, lentement, en restant stable au-dessus du fond, sans vous y poser.
Pour la photo, cadrez la tête à hauteur d’yeux, gueule entrouverte, avec une lumière douce pour rendre le vert du mucus sans reflets. De nuit, vous la verrez parfois hors de son trou, en chasse : éclairez-la de biais et ne la suivez pas.