Fiche n° 1209 · Faune · Poissons
Mérou noir
Mycteroperca bonaci
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/mexique-faune-merou-noir/
Clé d'identification
- Grand mérou allongé et robuste, 70 cm en moyenne, jusqu'à 1,35 m environ ; bouche grande et prognathe, front droit.
- Corps gris-brun à blanchâtre couvert de taches sombres rectangulaires ou hexagonales alignées à l'horizontale.
- Petites taches rousses ou bronze sur les joues et le ventre.
- Dorsale molle, anale et caudale largement bordées de noir, parfois d'un fin liseré blanc à bleu clair.
- Pectorales brun foncé à fine marge orangée ; caudale à bord droit.
- Préopercule arrondi et lisse, sans encoche ni lobe à l'angle.
Noms
- Nom usuel
- Mérou noir
- Nom scientifique
- Mycteroperca bonaci
- Autres noms
- Badèche bonaci · Vieille à carreaux · Capitaine noir · Vieille noire · Black grouper · Cherna negrillo
- Synonymes
- Serranus bonaci · Serranus brunneus · Serranus decimalis · Trisotropis aguaji
Distribution géographique
Atlantique ouest tropical, des Bermudes et de la Caroline du Nord au sud du Brésil, y compris le golfe du Mexique et la mer des Caraïbes. Au Mexique, les observations recensées par GBIF viennent surtout du Quintana Roo, puis du Yucatán, du Veracruz et du Tamaulipas ; aucune sur la façade Pacifique.
Zones : Caraïbes · Yucatán — Amérique
Biotope
Récifs coralliens et fonds rocheux, le plus souvent entre 6 et 33 m ; il se tient souvent à distance du fond. Les juvéniles fréquentent aussi les herbiers, les fonds sableux, les estuaires et les mangroves.
Profondeur : 6 – 33 m
Repères pour le plongeur
Grand mérou des récifs caraïbes à taches rectangulaires sombres et nageoires bordées de noir, solitaire et souvent farouche. Approchez-le lentement, sans le poursuivre ni le nourrir.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Adultes piscivores (vivaneaux, harengs, gorettes) qui mangent aussi des crustacés ; juvéniles surtout nourris de petits crustacés et de mollusques.
Reproduction
Ovipare, hermaphrodite protogyne : femelle mature vers 5 ans, puis changement de sexe en mâle entre 85 et 125 cm, vers 15 ans. Agrégations de frai d'octobre à juin, pic de janvier à mars dans l'hémisphère nord ; ponte au coucher du soleil, en période de pleine lune.
Conservation
Quasi menacé (UICN)
Quasi menacé (NT, critère A4bd) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 20 novembre 2016 selon FishBase. Autrefois abondant en eaux peu profondes, il s'est raréfié sous l'effet de la pêche commerciale et récréative.
Espèces ressemblantes
- Badèche de roche (Mycteroperca venenosa) : corps pâle à taches sombres presque ovales, rousses, verdâtres ou noires ; plus petite (environ 90 cm).
- Badèche-tigre (Mycteroperca tigris) : corps blanc-beige à marques en nid-d'abeilles brun-roux ; nage haut au-dessus du fond.
- Badèche à gueule jaune (Mycteroperca interstitialis) : corps clair, intérieur de la bouche jaune ; ne dépasse pas 70 cm environ.
- Mérou gag (Mycteroperca microlepis) : préopercule à encoche nette, contrairement au bord arrondi du mérou noir.
Classification
- Règne
- Animal
- Groupe
- Poissons
Identification
Le mérou noir, que DORIS nomme badèche bonaci, est l’un des plus grands mérous des récifs caraïbes. Il mesure environ 70 cm en moyenne et peut dépasser 1,30 m pour 80 à 100 kg. Sa silhouette est allongée et robuste, avec une grande bouche à mâchoire inférieure avancée, un front droit et de petits yeux très mobiles.
Malgré son nom, il n’est pas uniformément noir. Le corps, gris-brun à blanchâtre, est couvert de taches sombres rectangulaires ou hexagonales alignées à l’horizontale, qui dessinent un damier. Les joues et le ventre portent de petites taches rousses. Le meilleur repère est la large bordure noire de la dorsale molle, de l’anale et de la caudale, parfois soulignée d’un fin liseré blanc ou bleuté. Les pectorales, brun foncé, ont une marge orangée. La caudale a un bord droit. Le juvénile porte de grandes taches rougeâtres cerclées de blanc et une petite selle noire sur le pédoncule caudal.
Plusieurs mérous du même genre lui ressemblent. La badèche de roche est plus pâle et marquée de taches presque ovales. La badèche-tigre porte un réseau brun-roux en nid-d’abeilles et nage haut au-dessus du fond. La badèche à gueule jaune se reconnaît à l’intérieur jaune de sa bouche. Le mérou gag, lui, a une encoche nette au bord du préopercule, alors que ce bord est arrondi et lisse chez le mérou noir.
Où et quand l’observer au Mexique
L’espèce vit dans l’Atlantique ouest tropical, des Bermudes au sud du Brésil, golfe du Mexique et mer des Caraïbes compris. Elle est absente du Pacifique. Au Mexique, la grande majorité des observations recensées par GBIF viennent du Quintana Roo, c’est-à-dire de la côte caraïbe, puis du Yucatán. Cherchez-le sur les récifs coralliens et les fonds rocheux, le plus souvent entre 6 et 33 m. Il se tient volontiers à distance du fond, au-dessus des massifs. Les jeunes fréquentent aussi les herbiers, les fonds sableux et les mangroves. Aucune saison particulière n’est documentée pour l’observer : l’espèce est sédentaire et présente toute l’année.
Biologie et comportement
C’est un chasseur solitaire et territorial, qui guette ses proies à l’affût ou saisit les occasions. Les adultes mangent surtout des poissons (vivaneaux, harengs, gorettes) et des crustacés. Les juvéniles se nourrissent de petits crustacés et de mollusques. Ses dents fines, en râpe, retiennent les proies plutôt qu’elles ne les déchirent.
Comme beaucoup de mérous, il naît femelle. Il devient mâle entre 85 et 125 cm, vers 15 ans. Les reproducteurs se rassemblent pour frayer d’octobre à juin, avec un pic de janvier à mars. La ponte a lieu au coucher du soleil, en période de pleine lune. Il peut émettre des sons, surtout lorsqu’il est acculé. Les requins sont ses principaux prédateurs naturels. Selon DORIS, il est difficile à approcher.
Statut et protection
L’UICN classe le mérou noir « Quasi menacé » (NT, critère A4bd), évaluation datée du 20 novembre 2016 par FishBase. Autrefois abondant en eaux peu profondes, il s’est raréfié sous l’effet de la pêche, sa chair étant très recherchée. Côté américain du golfe du Mexique, NOAA Fisheries et le Gulf Council encadrent sa pêche par des limites de prises et une taille minimale de capture, destinées à protéger les individus immatures. Sa consommation peut aussi provoquer une intoxication de type ciguatera.
Bien l’observer et la photographier
Ce mérou est méfiant : une approche frontale et rapide le fait reculer. Avancez lentement, un peu de côté, en contrôlant votre flottabilité. Restez à hauteur du poisson plutôt qu’au-dessus de lui. Ne le poursuivez pas sous un surplomb et ne le nourrissez jamais. Pour l’identifier sur la photo, cadrez-le de profil : la bordure noire des nageoires et le damier des flancs doivent être lisibles. Si vous croisez un juvénile dans un herbier, gardez vos palmes loin du fond pour ne pas soulever de sable ni abîmer les plantes.