Fiche n° 1214 · Faune · Poissons
Poisson-ange reine
Holacanthus ciliaris
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/mexique-faune-poisson-ange-reine/
Clé d'identification
- Corps haut, court et très comprimé, bleu-vert irisé, écailles bordées de jaune-orangé chez les grands adultes.
- Sur le front, une tache sombre semée de points bleu électrique et cerclée de bleu : la « couronne ».
- Nageoire caudale et nageoires pectorales entièrement jaunes ; grande tache bleue à la base de chaque pectorale.
- Adultes à courtes épines au bord des écailles ; tête bleu foncé au-dessus de l’œil, vert-jaunâtre en dessous.
- Juvénile bleu foncé à queue jaune, zone jaune autour des pectorales, barres verticales bleu vif incurvées.
Noms
- Nom usuel
- Poisson-ange reine
- Nom scientifique
- Holacanthus ciliaris
- Autres noms
- Ange reine · Queen angelfish · Ángel reina
- Synonymes
- Chaetodon ciliaris · Angelichthys ciliaris · Angelichthys iodocus · Chaetodon parrae · Chaetodon squamulosus · Holacanthus coronatus · Holacanthus formosus · Holacanthus iodocus · Holacanthus lunatus
Distribution géographique
Atlantique ouest, des Bermudes et de la Floride au Brésil, golfe du Mexique et Caraïbes compris ; aussi rochers Saint-Paul. Au Mexique, presque toutes les données GBIF localisées viennent du Quintana Roo, avec quelques mentions au Yucatán et au Campeche. Aucune donnée côté Pacifique.
Zones : Caraïbes · Yucatán — Amérique
Biotope
Récifs coralliens, près du fond, parmi les gorgones, les fouets de mer, les coraux et les éponges, de 1 à 70 m selon FishBase. Juvéniles isolés près des éponges et des coraux.
Profondeur : 1 – 70 m
Repères pour le plongeur
Poisson-ange bleu et jaune à queue jaune, reconnaissable à la « couronne » sombre ponctuée de bleu sur son front. Seul ou en couple sur les récifs du Quintana Roo, il observe souvent le plongeur de loin.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Presque exclusivement des éponges (26 estomacs analysés selon FishBase), avec un peu d'algues, de tuniciers, d'hydraires et de bryozoaires. Les juvéniles mangent les parasites qu'ils retirent d'autres poissons.
Reproduction
Ovipare, en couple observé toute l'année. Le couple monte en pleine eau pour frayer ; une femelle libère 25 000 à 75 000 œufs pélagiques par soirée. Éclosion en 15 à 20 heures, installation sur le fond après 3 à 4 semaines, vers 15 à 20 mm. Maturité vers 22 cm.
Conservation
Préoccupation mineure (UICN)
Préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation d'octobre 2009 selon FishBase. Prélevé pour l'aquariophilie et pêché à petite échelle ; FishBase signale des cas de ciguatera.
Espèces ressemblantes
- Poisson-ange bleu (Holacanthus bermudensis) : très proche, mais sans couronne sur le front et sans queue entièrement jaune. Les juvéniles se distinguent par leurs barres bleues plus droites. Les deux espèces s'hybrident parfois.
Classification
- Règne
- Animal
- Groupe
- Poissons
Identification
Le poisson-ange reine appartient à la famille des Pomacanthidae. Son corps est haut, court et très aplati sur les côtés. Il mesure couramment 30 cm et peut atteindre 45 cm pour 1,6 kg, selon FishBase. Sa robe est bleu-vert, irisée de bleu et de jaune. Chez les grands adultes, chaque écaille est bordée de jaune-orangé.
Le critère décisif est sur le front. Une tache sombre, semée de points bleu électrique et cerclée d’un fin anneau bleu, y dessine une sorte de couronne, d’où le nom de l’espèce. La nageoire caudale et les pectorales sont entièrement jaunes, et une grande tache bleue marque la base de chaque pectorale.
Le juvénile est bleu foncé, avec une queue jaune, du jaune autour des pectorales et des barres verticales bleu vif. Ces barres sont incurvées. C’est ce qui le sépare du juvénile de poisson-ange bleu (Holacanthus bermudensis), dont les barres sont plus droites. L’adulte de l’ange bleu n’a pas de couronne et sa queue n’est pas entièrement jaune. Les deux espèces s’hybrident parfois : l’hybride, rare, mêle les couleurs des deux parents.
Où et quand l’observer au Mexique
L’espèce vit dans l’Atlantique ouest, des Bermudes au Brésil, et elle est la plus abondante dans les Caraïbes. Au Mexique, sur les 534 occurrences publiées dans GBIF, presque toutes celles qui sont localisées viennent du Quintana Roo. Quelques-unes viennent du Yucatán et du Campeche, côté golfe du Mexique. Aucune donnée ne la signale sur la façade Pacifique. Ce poisson de récif ne fréquente pas non plus les cénotes.
Cherchez-le sur les récifs coralliens, près du fond, là où poussent gorgones, fouets de mer et éponges. FishBase le donne de 1 à 70 m. Les juvéniles se tiennent seuls près des éponges en doigts et des coraux. Il n’a pas de saison marquée : les couples sont observés toute l’année.
Biologie et comportement
C’est un mangeur d’éponges. Sur 26 estomacs analysés, FishBase relève une alimentation presque exclusivement faite d’éponges, avec un peu d’algues, de tuniciers, d’hydraires et de bryozoaires. Les juvéniles défendent un petit territoire et tiennent parfois des stations de nettoyage. Des poissons plus grands viennent s’y faire retirer leurs parasites, jusque près des branchies.
Les adultes vivent seuls ou en couple. Comme les couples restent formés toute l’année, le Florida Museum y voit un lien durable. Pour frayer, les deux partenaires montent en pleine eau, ventre contre ventre. La femelle libère 25 000 à 75 000 œufs flottants par soirée. Les larves éclosent en 15 à 20 heures et dérivent dans le plancton pendant 3 à 4 semaines, avant de se poser sur le récif vers 15 à 20 mm. Face au plongeur, l’adulte est plutôt timide, parfois curieux, et observe souvent à distance.
Statut et protection
L’UICN classe l’espèce en préoccupation mineure (LC), selon une évaluation d’octobre 2009 reprise par FishBase. Elle est prélevée pour l’aquariophilie, sa valeur tenant surtout à sa beauté, et pêchée à petite échelle. FishBase signale des cas de ciguatera liés à sa consommation. Elle n’est pas évaluée par la CITES.
Bien l’observer et la photographier
Ne foncez pas vers un adulte : il s’éloigne, puis revient souvent observer. Restez immobile près d’un massif d’éponges, avec une flottabilité maîtrisée, et laissez-le reprendre son broutage. Il se présente alors de profil. Visez la tête pour montrer la couronne, le critère qui le sépare de l’ange bleu. Un éclairage d’appoint fait ressortir les points bleus du front et le jaune de la queue, que l’eau éteint vite en profondeur. Ne touchez ni le poisson ni les éponges et gorgones où il se nourrit. Si vous repérez une station de nettoyage tenue par un juvénile, gardez vos distances : vous feriez fuir les poissons clients.