Fiche n° 1221 · Faune · Poissons
Poisson-lion
Pterois volitans
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/mexique-faune-poisson-lion/
Clé d'identification
- Corps massif rayé de bandes verticales alternées blanches et brun-rouge.
- Épines dorsales très longues et libres, chacune bordée d'un voile de peau.
- Grandes nageoires pectorales en éventail, déployées comme des ailes.
- Parties molles de la dorsale, de l'anale et de la caudale transparentes, ponctuées de brun.
- Lambeaux de peau sur le museau et les mâchoires, appendices souvent présents au-dessus des yeux.
Noms
- Nom usuel
- Poisson-lion
- Nom scientifique
- Pterois volitans
- Autres noms
- Rascasse volante · Rascasse volante du Pacifique · Ptérois volant · Poisson-dindon · Lionfish · Pez león
- Synonymes
- Gasterosteus volitans
Distribution géographique
Originaire du Pacifique tropical (de la Malaisie à la Polynésie française, du sud du Japon à l'Australie). Introduit dans l'Atlantique ouest depuis la Floride, il occupe aujourd'hui la quasi-totalité des Caraïbes et du golfe du Mexique. Au Mexique : côte caraïbe, où il est établi depuis 2009, et sud du golfe du Mexique au large du nord du Yucatán. Non signalé dans le Pacifique mexicain.
Zones : Caraïbes · Yucatán — Amérique
Biotope
Récifs coralliens, tombants, épaves et autres structures artificielles, herbiers et fonds durs, de la surface à 55 m en plongée ; signalé à plus de 300 m dans son aire d'invasion. Le jour, immobile sous les surplombs et dans les anfractuosités ; la nuit, en chasse.
Profondeur : 0 – 55 m
Repères pour le plongeur
Invasif dans tout le Caribe mexicain, le poisson-lion se repère le jour sous les surplombs et dans les épaves, et chasse la nuit. Ses épines sont venimeuses : restez à distance et ne le touchez jamais.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Carnivore : petits poissons, crevettes et crabes, chassés surtout de nuit en les acculant avec ses grandes pectorales ; la part des poissons augmente avec la taille.
Reproduction
Sexes séparés, ponte nocturne en pleine eau. Une femelle peut libérer jusqu'à 40 000 œufs groupés en boules de mucus ; les larves dérivent 3 à 4 semaines, d'où une grande capacité de dispersion.
Conservation
Préoccupation mineure (UICN)
Préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 3 mars 2015 selon FishBase. Dans l'Atlantique ouest et au Mexique, c'est une espèce invasive qui réduit les populations de poissons récifaux indigènes. Épines dorsales, anales et pelviennes venimeuses.
Espèces ressemblantes
- Rascasse volante de l'océan Indien (Pterois miles) : pratiquement impossible à distinguer à l'œil, seule la génétique les sépare. Environ 7 % des poissons-lions de l'Atlantique sont des P. miles selon l'USGS.
Classification
- Règne
- Animal
- Groupe
- Poissons
Identification
Le poisson-lion est une rascasse de la famille des Scorpaenidae, au corps massif et à la grosse tête. Il dépasse rarement 38 cm selon DORIS ; FishBase retient un maximum de 45,7 cm en longueur totale. Sa robe alterne des bandes verticales blanches et brun-rouge, mais la teinte varie beaucoup et peut changer en quelques minutes : les individus des eaux troubles sont plus sombres.
Le critère décisif, ce sont les nageoires. Les épines de la dorsale, très longues, sont libres et bordées chacune d’un voile de peau. Les pectorales, immenses, s’ouvrent en éventail. Les parties molles de la dorsale, de l’anale et de la caudale sont transparentes et piquetées de brun. Des lambeaux de peau ornent le museau, et des appendices se dressent souvent au-dessus des yeux : fins chez les jeunes, en forme de feuille chez les jeunes adultes, puis perdus avec l’âge. Les juvéniles sont presque noirs, avec des pectorales encore plus développées.
Dans les Caraïbes, la seule confusion réelle est avec son proche parent Pterois miles. Les deux espèces sont pratiquement identiques à l’œil nu ; d’après les analyses génétiques citées par l’USGS, environ 93 % des poissons-lions de l’Atlantique sont des P. volitans et 7 % des P. miles.
Où et quand l’observer au Mexique
Le poisson-lion n’est pas d’origine mexicaine. Natif du Pacifique tropical, il a été introduit dans l’Atlantique depuis la Floride, probablement par le commerce aquariophile, puis a colonisé les Caraïbes et le golfe du Mexique. L’USGS le considère établi sur la côte caraïbe du Mexique depuis 2009, et il a aussi été signalé au large du nord de la péninsule du Yucatán. Aucune source consultée ne le signale côté Pacifique mexicain ni dans les cénotes.
On le trouve toute l’année sur les récifs, les tombants et surtout les épaves, les herbiers et les fonds durs, de la surface jusqu’à 55 m environ en plongée loisir. Dans son aire d’invasion, il a été observé à plus de 300 m. Le jour, cherchez-le sous les surplombs, dans les failles ou collé au plafond d’une cavité, souvent tête en bas.
Biologie et comportement
C’est un prédateur surtout nocturne. Il accule sa proie avec ses pectorales déployées puis l’aspire d’un coup. Il mange de petits poissons, des crevettes et des crabes, et devient plus piscivore en grandissant. La ponte a lieu de nuit, en pleine eau : une femelle peut libérer jusqu’à 40 000 œufs groupés en boules de mucus, et les larves dérivent trois à quatre semaines. Cette dispersion et l’absence presque totale de prédateurs expliquent la vitesse de l’invasion. Aux Bahamas, une étude citée par l’USGS a mesuré une baisse de 79 % du recrutement des jeunes poissons récifaux en cinq semaines sur les récifs occupés.
Peu farouche, il suit parfois de nuit la lampe du plongeur pour chasser les petits poissons éclairés.
Statut et protection
L’UICN le classe en « Préoccupation mineure » (LC) ; FishBase date cette évaluation du 3 mars 2015. Dans les Caraïbes, elle n’est pas protégée : c’est une espèce invasive que l’on cherche à réguler, notamment en encourageant sa pêche et sa consommation, car sa chair est jugée excellente.
Bien l’observer et la photographier
Ses épines dorsales, anales et pelviennes portent chacune une glande à venin. La piqûre est très douloureuse et, dans de rares cas, dangereuse. Soignez votre flottabilité près des surplombs et ne posez jamais la main dans une faille sans regarder. Le venin est détruit par la chaleur : en cas de piqûre, immergez la zone dans de l’eau chaude, sans vous brûler, et consultez.
Pour la photo, son immobilité diurne permet de soigner le cadrage. Un profil, nageoires déployées, met en valeur les voiles des épines ; un éclairage latéral fait ressortir la transparence des rayons mous. Ne le poussez pas hors de son abri avec une main ou un phare : il se retournerait épines en avant.