Fiche n° 1223 · Faune · Invertébrés
Poulpe commun
Octopus vulgaris
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/mexique-faune-poulpe-commun/
Clé d'identification
- Manteau globuleux et musclé, yeux saillants à pupille noire horizontale et rectangulaire.
- Huit bras réunis à la base par une palmure, chacun garni de deux rangées de ventouses.
- Peau qui change en un instant de couleur (jaune, orange, rouge, brun, noir) et de texture.
- Environ 60 cm bras compris en moyenne, rarement plus de 1,20 m.
- Chez le mâle, troisième bras droit modifié pour l'accouplement (hectocotyle).
- Gîte souvent signalé par un amas de coquilles et de carapaces vides à l'entrée.
Noms
- Nom usuel
- Poulpe commun
- Nom scientifique
- Octopus vulgaris
- Autres noms
- Pieuvre · Poulpe de roche · Common octopus · Pulpo común
Distribution géographique
Mers tempérées et tropicales du globe selon WoRMS et SeaLifeBase ; dans l'Atlantique ouest, surtout au sud du cap Hatteras. Au Mexique, GBIF recense des spécimens du golfe du Mexique (Sisal et large de Progreso au Yucatán, Veracruz, île de Lobos) et de Nizuc, à Cancún. Les poulpes de l'Atlantique ouest forment un complexe d'espèces cryptiques en cours de révision (Octopus americanus, Octopus insularis).
Zones : Caraïbes · Yucatán — Amérique
Biotope
Benthique et côtier : fonds rocheux, éboulis et récifs, parfois sable, vase et herbiers, de la surface au bord du plateau continental (environ 150 m), plus abondant en eau peu profonde. Un gîte par individu.
Profondeur : 0 – 150 m
Repères pour le plongeur
Poulpe des fonds rocheux et des récifs du Yucatán et du Caribe mexicain, que l'on repère souvent à l'amas de coquilles vides devant son gîte. Observez-le sans le toucher ni le déloger : chaque parade de défense lui coûte de l'énergie.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Surtout crustacés, céphalopodes et bivalves, rarement des poissons ; proies paralysées par une salive venimeuse (céphalotoxine), coquilles et carapaces rejetées hors du gîte.
Reproduction
Accouplement par l'hectocotyle du mâle ; la femelle pond 100 000 à 500 000 œufs d'environ 2 mm, en cordons fixés au plafond du gîte, les ventile sans s'alimenter pendant 24 à 125 jours et meurt à l'éclosion. Larves planctoniques, puis vie sur le fond.
Conservation
Préoccupation mineure (UICN)
Préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 8 avril 2016 selon SeaLifeBase. Espèce pêchée ; au Yucatán, elle fait l'objet d'une pêcherie commerciale aux côtés du poulpe maya.
Espèces ressemblantes
- Poulpe maya (Octopus maya) : espèce endémique du Mexique selon SeaLifeBase, appelée en anglais « Mexican four-eyed octopus », de taille plus modeste (5 kg au plus selon SeaLifeBase).
- Octopus insularis : espèce cryptique du même complexe, signalée dans le golfe du Mexique (Veracruz) ; bras plus courts, palmure plus profonde, teinte générale rouge-brun.
- Octopus americanus : poulpe du complexe O. vulgaris redécrit en 2020 à partir de spécimens des Caraïbes ; impossible à séparer d'O. vulgaris sur une simple observation en plongée.
Classification
- Règne
- Animal
- Groupe
- Invertébrés
Identification
Le poulpe commun est un mollusque céphalopode sans coquille. Son manteau globuleux et musclé surmonte une tête courte où saillent deux yeux à pupille noire, horizontale et rectangulaire. Huit bras, reliés à leur base par une palmure, portent chacun deux rangées de ventouses : DORIS en compte jusqu’à 240 par bras. Au centre se cache un bec corné en forme de bec de perroquet, et un siphon latéral lui sert à nager par réaction.
Un adulte mesure en moyenne une soixantaine de centimètres bras compris pour environ 3 kg. Les plus grands dépassent rarement 1,20 m pour une femelle et 1,30 m pour un mâle. Le mâle se reconnaît à son troisième bras droit, modifié pour l’accouplement : l’hectocotyle.
Sa couleur ne sert guère à l’identifier, car elle change en permanence. Des cellules pigmentaires jaunes, orange, rouges, brunes ou noires, associées à des cellules réfléchissantes, lui permettent d’imiter le fond en quelques instants, tout en hérissant ou en lissant sa peau.
Où et quand l’observer au Mexique
Au Mexique, les spécimens recensés par GBIF proviennent surtout de la côte nord du Yucatán (Sisal, large de Progreso), de Veracruz et de Nizuc, à la pointe de Cancún. Une pêcherie commerciale de poulpes existe sur la côte du Yucatán, où elle exploite aussi le poulpe maya, espèce endémique du Mexique. GBIF ne signale en revanche aucune donnée de poulpe commun dans les cénotes ni sur la façade Pacifique.
Il vit sur le fond, des premiers mètres jusqu’au bord du plateau continental, et devient plus rare en profondeur. Il recherche les fonds rocheux, les éboulis et les récifs riches en cavités, mais fréquente aussi le sable, la vase et les herbiers. Aucune saison particulière n’est documentée : on peut le croiser toute l’année.
Biologie et comportement
Chaque poulpe occupe son propre gîte et garde ses distances avec ses congénères, à une trentaine de mètres selon DORIS. Il chasse surtout des crabes, d’autres céphalopodes et des bivalves, plus rarement des poissons, qu’il paralyse avec une salive venimeuse. Les restes durs sont rejetés devant l’entrée et finissent par former un petit dépotoir de coquilles.
Pour se défendre, il change de posture et de couleur, ou lâche un nuage d’encre qui peut rester une dizaine de minutes en suspension. Il peut aussi abandonner un bras, qui repousse ensuite.
La femelle pond 100 000 à 500 000 œufs d’environ 2 mm, en cordons accrochés au plafond de son abri. Elle les ventile sans s’alimenter pendant 24 à 125 jours selon la température, puis meurt à l’éclosion. Les larves dérivent dans le plancton avant de s’installer sur le fond.
Statut et protection
L’UICN classe l’espèce en « Préoccupation mineure » (LC). SeaLifeBase date cette évaluation du 8 avril 2016. Sa taxonomie dans l’Atlantique ouest est en révision : une étude parue en 2020 dans Aquatic Ecology redécrit, à partir de spécimens des Caraïbes, Octopus americanus comme espèce cryptique du complexe O. vulgaris. Octopus insularis, autre espèce cryptique, a été étudié dans le système récifal de Veracruz. Le nom du poulpe que vous croiserez au Mexique pourrait donc changer.
Bien l’observer et la photographier
Inspectez les trous de roche et les surplombs, et cherchez l’amas de coquilles vides qui trahit souvent un gîte occupé. Avancez lentement, à hauteur du fond, sans soulever de sédiment, et laissez-lui le temps de s’habituer à votre présence plutôt que de forcer l’approche.
Ne le délogez jamais et ne le touchez pas. DORIS rappelle que ses parades de défense lui coûtent beaucoup d’énergie. Si vous apercevez des cordons d’œufs au plafond d’un abri, éloignez votre lampe et passez votre chemin : la femelle les ventile sans relâche jusqu’à l’éclosion. En photo, travaillez au macro pour l’œil et sa pupille rectangulaire, ou au grand-angle pour montrer l’animal dans son décor de roche.
Sources
- DORIS (FFESSM) : Octopus vulgaris, Poulpe commun
- WoRMS : Octopus vulgaris Cuvier, 1797
- SeaLifeBase : Octopus vulgaris, Common octopus
- SeaLifeBase : Octopus maya, Mexican four-eyed octopus
- GBIF : Octopus vulgaris Cuvier, 1797
- Avendaño et al. (2020), Octopus americanus: a cryptic species of the O. vulgaris species complex redescribed from the Caribbean, Aquatic Ecology
- Velázquez-Abunader et al. (2013), pêcherie d’Octopus maya et d’Octopus vulgaris au Yucatán, Journal of Shellfish Research
- Wikipedia (en) : Octopus insularis