Fiche n° 1222 · Faune · Poissons

Tarpon

Megalops atlanticus

Amérique Caraïbes Yucatán Cénotes

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/mexique-faune-tarpon/

Tarpon (Megalops atlanticus)
Photo : Albert kok — CC BY-SA 3.0 — source

Clé d'identification

  • Grand poisson fusiforme et comprimé, 1,30 m en moyenne, jusqu'à 2,50 m.
  • Flancs et ventre argent vif couverts de très grandes écailles bien visibles ; dos bleu sombre à vert-noir.
  • Bouche orientée vers le haut, mâchoire inférieure saillante qui dépasse largement la gueule.
  • Dernier rayon de la nageoire dorsale prolongé en un long filament.
  • Grand œil, nageoires sans épines et caudale profondément fourchue.
  • En eau douce ou intérieure, la robe peut virer au brun ou au cuivré.

Noms

Nom usuel
Tarpon
Nom scientifique
Megalops atlanticus
Autres noms
Tarpon de l'Atlantique · Roi argenté · Sábalo · Sábalo real
Synonymes
Megalops atlantica · Megalops elongatus · Megalops thrissoides · Tarpon atlanticus

Distribution géographique

Atlantique ouest, de la Nouvelle-Écosse et des Bermudes au Brésil, golfe du Mexique et Caraïbes compris ; Atlantique est, de la Mauritanie à l'Angola. Au Mexique : côte caraïbe et cénotes du Quintana Roo, péninsule du Yucatán (Yucatán, Campeche) et fleuves du golfe (Pánuco, Papaloapan, Coatzacoalcos, Usumacinta, Río Hondo).

Zones : Caraïbes · Yucatán · Cénotes — Amérique

Biotope

Eaux côtières, baies, estuaires, lagunes bordées de mangroves et récifs ; supporte l'eau douce, saumâtre ou salée et remonte les fleuves. Entre la surface et 40 m, le plus souvent dans les 15 premiers mètres. Au Quintana Roo, il fréquente des cénotes.

Profondeur : 0 – 40 m

Repères pour le plongeur

Grand poisson argenté à bouche tournée vers le haut, reconnaissable au long filament de sa dorsale, que l'on croise en mer comme dans les cénotes du Quintana Roo. Approchez-le lentement, sans le toucher ni soulever les sédiments.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Prédateur : sardines, anchois, mulets, autres poissons en bancs, crevettes et crabes, avalés entiers. Les juvéniles mangent du zooplancton, des insectes et de petits poissons.

Reproduction

Ponte au large ; une femelle de 2 m peut produire environ 12 millions d'œufs. Les larves leptocéphales, transparentes, gagnent les estuaires et les mangroves qui servent de nurseries. Maturité vers 1,20 m, à 6 ou 7 ans.

Conservation

Vulnérable (UICN)

Vulnérable (VU) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 12 juin 2018 selon FishBase.

Espèces ressemblantes

  • Barracuda (Sphyraena barracuda) : autre grand poisson argenté des Caraïbes, mais au museau pointu armé de dents visibles, à petites écailles et sans filament dorsal.

Classification

Règne
Animal
Groupe
Poissons

Identification

Le tarpon est un grand poisson fusiforme, un peu aplati sur les côtés, qui mesure en moyenne 1,30 m et peut atteindre 2,50 m pour 161 kg selon FishBase. Les femelles sont les plus grandes ; les mâles restent généralement plus petits.

Sa robe frappe d’emblée : flancs et ventre argent vif, couverts d’écailles si larges qu’on les distingue une à une, et dos bleu sombre à vert-noir. Dans les eaux intérieures, il peut prendre une teinte brune ou cuivrée. La bouche s’ouvre vers le haut, avec une mâchoire inférieure qui dépasse nettement la gueule et porte une plaque osseuse servant à broyer les proies. Le critère le plus sûr reste la nageoire dorsale : son dernier rayon se prolonge en un long filament qui traîne vers la queue. Les nageoires n’ont pas d’épines et la caudale est profondément fourchue.

Le barracuda, autre grand poisson argenté des mêmes eaux, s’en distingue par son museau pointu garni de dents, ses petites écailles et l’absence de filament dorsal. Le seul autre membre du genre, Megalops cyprinoides, ne vit pas dans l’Atlantique.

Où et quand l’observer au Mexique

FishBase et la base GBIF situent le tarpon sur la façade atlantique du pays. Les observations se concentrent au Quintana Roo, puis au Campeche, au Yucatán, au Veracruz et au Tabasco, et l’espèce remonte des fleuves comme le Pánuco, le Papaloapan, l’Usumacinta ou le Río Hondo. Rien ne l’atteste côté Pacifique mexicain : c’est une espèce atlantique.

Sa particularité, pour le plongeur, est de fréquenter des cénotes. Les relevés GBIF le signalent à plusieurs reprises à Casa Cenote, près de Tulum, ainsi qu’au cénote Yax Chen, et des spécimens ont été collectés dans des cénotes de la réserve de Sian Ka’an. On le trouve aussi dans les lagunes de mangrove et sur le récif. Il vit entre la surface et 40 m, surtout dans les 15 premiers mètres. Aucune saison d’observation n’est documentée : il est présent toute l’année.

Biologie et comportement

Le tarpon supporte l’eau douce, saumâtre ou salée. Sa vessie natatoire, reliée à l’œsophage, se remplit d’air : il monte avaler une bouffée en surface, ce qui lui permet de vivre dans des eaux pauvres en oxygène. Pour les juvéniles, cette respiration aérienne est obligatoire.

C’est un prédateur qui chasse de jour comme de nuit des poissons en bancs (sardines, anchois, mulets), des crevettes et des crabes, avalés entiers. Les adultes migrent vers le large pour pondre ; une femelle de 2 m pondrait environ 12 millions d’œufs. Les larves, transparentes et en forme de ruban, dérivent ensuite vers les estuaires et les mangroves, qui servent de nurseries. La maturité vient vers 6 ou 7 ans, et les femelles peuvent dépasser 50 ans. Ses principaux prédateurs adultes sont les grands requins, comme le requin-bouledogue et les requins-marteaux.

Statut et protection

L’UICN classe le tarpon « Vulnérable » (VU) ; FishBase date cette évaluation du 12 juin 2018. Il est très recherché en pêche sportive dans toute son aire, et des concours de pêche lui sont consacrés au Mexique, comme à Tecolutla (Veracruz). Nous n’avons pas trouvé de source confirmant une protection propre au Mexique. Plusieurs cénotes où il a été collecté se trouvent dans la réserve de biosphère de Sian Ka’an.

Bien l’observer et la photographier

Dans un cénote, la règle première est la flottabilité : un coup de palme près du fond soulève un nuage qui ruine la visibilité pour tous. Restez à mi-eau et laissez le poisson venir à vous plutôt que de le suivre. En mer comme en cénote, guettez-le aussi près de la surface, où il monte respirer.

Pour la photo, ses écailles miroir renvoient fortement la lumière : baissez la puissance du flash ou décalez l’éclairage pour éviter les reflets brûlés. Un profil complet montre à la fois la bouche relevée et le filament dorsal, les deux critères d’identification. Ne le poursuivez pas et ne le touchez pas.

Sources