Fiche n° 1203 · Faune · Tortues & mammifères

Tortue imbriquée

Eretmochelys imbricata

Amérique Caraïbes Yucatán Pacifique mexicain

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/mexique-faune-tortue-imbriquee/

Tortue imbriquée (Eretmochelys imbricata)
Photo : Diego Delso — CC BY-SA 4.0 — source

Clé d'identification

  • Bec étroit, pointu et crochu, qui donne une tête fine et allongée.
  • Deux paires d'écailles préfrontales en avant des yeux, qui dessinent une ligne claire entre les yeux.
  • Écailles de la carapace épaisses qui se chevauchent comme des ardoises, à motifs de flammes jaunes et brun sombre.
  • Quatre paires d'écailles costales de chaque côté de la dossière.
  • Bord arrière de la carapace dentelé en scie, surtout chez les jeunes (le caractère s'estompe avec l'âge).
  • Deux griffes sur chaque nageoire antérieure.

Noms

Nom usuel
Tortue imbriquée
Nom scientifique
Eretmochelys imbricata
Autres noms
Tortue à écailles · Caret · Tortuga carey · Hawksbill turtle
Synonymes
Testudo imbricata · Eretmochelys squamosa

Distribution géographique

Circumtropicale : Atlantique, Indo-Pacifique et, plus rarement, Méditerranée. Au Mexique, les données d'occurrence GBIF se concentrent sur le Yucatán et le Quintana Roo, avec aussi des observations côté Pacifique (Basse-Californie du Sud, Guerrero, Colima, Jalisco, Oaxaca, Sinaloa, Nayarit).

Zones : Caraïbes · Yucatán · Pacifique mexicain — Amérique

Biotope

Récifs coralliens et fonds durs côtiers peu profonds, baies et criques. Les juvéniles passent leurs premières années en pleine eau avant de s'installer près des côtes ; les adultes peuvent descendre vers 100 m.

Profondeur : 0 – 100 m

Repères pour le plongeur

Tortue marine la plus souvent croisée sur les récifs, reconnaissable à son bec crochu et à ses écailles qui se chevauchent. En danger critique (UICN) : observez-la de côté, sans la toucher ni lui barrer la route vers la surface.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Surtout des éponges, prélevées sur le récif grâce au bec ; aussi méduses, coraux mous, ascidies, mollusques, crustacés et algues. Les jeunes sont plutôt omnivores.

Reproduction

Maturité vers 20 à 30 ans. Ponte nocturne sur la plage tous les 2 à 3 ans, en plusieurs pontes de 50 à 200 œufs espacées d'environ deux semaines ; incubation de 47 à 80 jours. Le sexe des petits dépend de la température du nid.

Conservation

En danger critique (UICN)

En danger critique (CR, critère A2bd) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation de 2008 selon SeaLifeBase. Inscrite à l'annexe I de la CITES. Menaces : commerce de l'écaille, ramassage des œufs, captures accidentelles.

Espèces ressemblantes

  • Tortue verte (Chelonia mydas) : une seule paire d'écailles préfrontales, pas de ligne claire entre les yeux, tête plus massive et bec arrondi, carapace plus large et plus bombée, aux écailles juxtaposées.
  • Tortue caouanne (Caretta caretta) : cinq paires d'écailles costales au lieu de quatre, tête très volumineuse.

Classification

Règne
Animal
Groupe
Tortues & mammifères

Identification

La tortue imbriquée est une tortue marine de taille moyenne : sa carapace mesure environ 80 cm en longueur droite et l’animal pèse en moyenne 70 kg selon DORIS. Son nom vient de la dossière, faite d’écailles épaisses qui se recouvrent comme des ardoises sur un toit. Ce chevauchement, net chez les jeunes, s’atténue avec l’âge sans jamais disparaître. Les écailles portent des motifs de flammes jaunes et brun sombre, et le bord arrière de la carapace est dentelé en scie, surtout chez les individus jeunes.

La tête est le meilleur critère sous l’eau. Elle est fine et se termine par un bec étroit, pointu et crochu, d’où le nom anglais de « hawksbill » (bec de faucon). En avant des yeux, deux paires d’écailles préfrontales dessinent une ligne claire entre les yeux. Chaque nageoire antérieure porte deux griffes.

La confusion la plus fréquente se fait avec la tortue verte, présente sur les mêmes récifs mexicains. Celle-ci n’a qu’une paire de préfrontales et pas de ligne claire entre les yeux, sa tête est plus massive, son bec arrondi et sa carapace plus large et plus bombée. La tortue caouanne, elle, compte cinq paires d’écailles costales au lieu de quatre. Le sexe ne se lit pas de l’extérieur avant une carapace d’environ 60 cm.

Où et quand l’observer au Mexique

L’espèce vit dans toutes les mers tropicales. Au Mexique, la base GBIF recense plus de 2 500 observations, dont la grande majorité dans les États du Yucatán et du Quintana Roo, côté mer des Caraïbes et golfe du Mexique. Des observations existent aussi sur la façade Pacifique, de la Basse-Californie du Sud au Guerrero et à l’Oaxaca. Aucune source consultée ne la signale dans les cénotes, qui sont des puits d’eau douce de l’intérieur des terres.

Sous l’eau, cherchez-la sur les récifs coralliens et les fonds durs peu profonds, dans les baies et les criques, là où poussent les éponges dont elle se nourrit. Les jeunes passent leurs premières années en pleine eau, puis s’installent près des côtes. Les adultes restent le plus souvent dans les premières dizaines de mètres, mais DORIS indique des descentes vers 100 m. Elle se rencontre toute l’année sur les récifs. Aux Antilles, la ponte a lieu de juin à septembre selon DORIS ; les sources consultées ne donnent pas de calendrier propre au Mexique.

Biologie et comportement

C’est une spécialiste des éponges, qu’elle arrache au récif avec son bec étroit, capable de fouiller les anfractuosités. Aux Caraïbes, les éponges forment l’essentiel de son régime. Elle mange aussi des méduses, des coraux mous, des ascidies, des mollusques et des crustacés. Les jeunes sont plutôt omnivores.

La maturité arrive tard, vers 20 à 30 ans. Les femelles pondent tous les deux ou trois ans, la nuit, souvent sous la végétation du haut de plage, et reviennent fréquemment sur leur plage de naissance, parfois après plus de 1 600 km de migration. Une saison compte plusieurs pontes de 50 à 200 œufs, espacées d’environ deux semaines. L’incubation dure 47 à 80 jours selon les sources, et la température du nid fixe le sexe : au-dessus de 29 °C environ, naissent surtout des femelles. DORIS estime qu’un petit sur mille atteint l’âge adulte.

Face au plongeur, elle est souvent peu farouche quand elle se nourrit, ce qui en fait, selon DORIS, la tortue marine la plus souvent rencontrée en plongée. Comme elle respire de l’air, elle doit remonter régulièrement, même si un adulte au repos peut rester plus d’une heure en apnée.

Statut et protection

L’UICN la classe « En danger critique » (CR, critère A2bd). SeaLifeBase date cette évaluation du 30 juin 2008. Elle est inscrite à l’annexe I de la CITES, qui interdit le commerce international de l’écaille, ainsi qu’à l’annexe I de la convention de Bonn et au protocole SPAW de la convention de Carthagène, qui couvre la mer des Caraïbes. Sa principale menace historique reste le commerce de l’écaille, à laquelle s’ajoutent le ramassage des œufs et les captures accidentelles.

Bien l’observer et la photographier

Quand elle mange une éponge, restez de côté, à sa hauteur, et laissez-la travailler : elle se laisse alors approcher lentement. Ne vous placez jamais au-dessus d’elle ni entre elle et la surface, car elle doit pouvoir remonter respirer. Ne la touchez pas et ne la nourrissez pas.

Pour l’identifier sur vos images, cadrez la tête de profil : la ligne claire entre les yeux et le bec crochu suffisent à la séparer de la tortue verte. Un plan de dos sur la carapace montre le chevauchement des écailles. DORIS conseille de couper le son de l’appareil photo. Si vous assistez à une ponte, passez par les structures locales qui encadrent les observations et attendez que la femelle ait commencé à pondre.

Sources