Fiche n° 1202 · Faune · Tortues & mammifères

Tortue verte

Chelonia mydas

Amérique Caraïbes Yucatán Pacifique mexicain

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/mexique-faune-tortue-verte/

Tortue verte (Chelonia mydas)
Photo : Brocken Inaglory — CC BY-SA 3.0 — source

Clé d'identification

  • Dossière très bombée, en forme de cœur, à écailles juxtaposées qui ne se chevauchent pas.
  • Cinq plaques centrales, quatre paires de plaques costales et douze paires de marginales.
  • Tête petite et arrondie, museau court, une seule paire d'écailles préfrontales entre les yeux.
  • Mâchoire inférieure finement dentelée ; une seule griffe à chaque nageoire.
  • Dossière brunâtre, grisâtre ou verdâtre, plastron blanc jaunâtre.
  • Mâle adulte à queue longue et épaisse, nettement visible ; celle de la femelle reste courte et fine.

Noms

Nom usuel
Tortue verte
Nom scientifique
Chelonia mydas
Autres noms
Tortue franche · Tortue comestible · Chélonée franche · Tortuga verde · Green sea turtle
Synonymes
Testudo mydas · Chelonia agassizii · Chelonia mydas agassizii · Chelonia japonica · Chelonia viridis

Distribution géographique

Mers tropicales et subtropicales des océans Atlantique, Indien et Pacifique, Méditerranée et mer Rouge comprises. Au Mexique, les occurrences GBIF se concentrent sur le Quintana Roo, puis la Basse-Californie du Sud, le Michoacán, l'Oaxaca, le Veracruz, le Yucatán et le Sonora.

Zones : Caraïbes · Yucatán · Pacifique mexicain — Amérique

Biotope

Herbiers marins, récifs coralliens, lagons et estuaires peu profonds où l'adulte broute ; les jeunes vivent d'abord en pleine eau avant de rejoindre les côtes. Espèce notée de la surface à 200 m.

Profondeur : 0 – 200 m

Repères pour le plongeur

Tortue à petite tête arrondie et à carapace lisse, que l'on croise au Mexique en train de brouter les herbiers ou de se reposer sur le récif. Restez à distance, ne la touchez pas et ne lui barrez jamais la route vers la surface.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Juvénile carnivore (petits invertébrés, œufs de poissons, méduses, zooplancton) ; adulte herbivore, qui broute herbiers marins et algues.

Reproduction

Maturité entre 18 et 30 ans selon les populations. Ponte nocturne sur la plage, une centaine d'œufs par nid, 2 à 5 pontes par saison espacées d'environ deux semaines ; incubation de 48 à 74 jours. Dans les Caraïbes, la ponte a lieu de mai à octobre.

Conservation

Préoccupation mineure (UICN)

Préoccupation mineure (LC) à l'échelle mondiale depuis la mise à jour de la liste rouge de l'UICN du 10 octobre 2025 ; elle était auparavant classée En danger (EN, A2bd, évaluation de 2004). L'UICN cite le Mexique parmi les sous-populations presque revenues à leur niveau d'avant l'exploitation commerciale. Inscrite à l'annexe I de la CITES.

Espèces ressemblantes

  • Tortue imbriquée (Eretmochelys imbricata) : bec étroit et crochu, deux paires d'écailles préfrontales entre les yeux, écailles de la carapace qui se chevauchent et bord arrière dentelé.

Classification

Règne
Animal
Groupe
Tortues & mammifères

Identification

La tortue verte est une grande tortue marine à la dossière bombée, en forme de cœur. Selon DORIS, la carapace mesure de 78 à 139 cm chez la femelle et de 71 à 104 cm chez le mâle. Son nom ne vient pas de la carapace, brunâtre, grisâtre ou verdâtre, mais de la couleur de sa graisse, teintée par son régime d’algues et d’herbiers. Le plastron est blanc jaunâtre.

Le critère décisif se lit sur la tête, petite et arrondie : une seule paire d’écailles préfrontales entre les yeux, un museau court et une mâchoire inférieure finement dentelée. Les écailles de la dossière sont juxtaposées : cinq centrales, quatre paires de costales, douze paires de marginales. La tortue imbriquée, l’autre espèce fréquente sur les récifs du Caribe mexicain, a un bec étroit et crochu, deux paires de préfrontales et des écailles qui se chevauchent. Chez l’adulte, le mâle se distingue par une longue queue épaisse qui dépasse nettement de la carapace.

Côté Pacifique, vous croiserez aussi des tortues plus sombres, parfois presque noires, à dossière plus haute. DORIS les décrit sous le nom de chélonée du Pacifique (Chelonia agassizii), forme que WoRMS range aujourd’hui en synonyme de Chelonia mydas.

Où et quand l’observer au Mexique

Les données d’occurrence de GBIF placent le Quintana Roo très loin devant les autres États, avec plus de 900 signalements. Viennent ensuite la Basse-Californie du Sud, le Michoacán, l’Oaxaca, le Veracruz, le Yucatán et le Sonora. Côté Caraïbes, cherchez-la sur les herbiers des baies abritées et sur les récifs proches de la côte. L’adulte y broute ou s’y repose, souvent par quelques mètres de fond. SeaLifeBase la note jusqu’à 200 m, mais on la rencontre surtout en eau peu profonde.

Elle est présente toute l’année. La ponte, dans les Caraïbes, s’étale de mai à octobre selon DORIS : c’est alors que les femelles se rapprochent des plages, où elles pondent de nuit, surtout à marée haute.

Biologie et comportement

Le jeune vit d’abord en pleine eau et reste carnivore : petits invertébrés, œufs de poissons, méduses, zooplancton. Vers 20 à 25 cm, il s’installe près des côtes, dans les mangroves et les herbiers, et devient peu à peu herbivore. L’adulte broute les herbiers avec une digestion que DORIS compare à celle des ruminants.

La maturité arrive tard, entre 18 et 30 ans. L’accouplement a lieu en mer, près des plages de ponte. La femelle revient pondre environ tous les deux ans. Elle creuse de 2 à 5 nids par saison, à deux semaines d’intervalle, avec une centaine d’œufs chacun. L’incubation dure de 48 à 74 jours. Elle peut dormir plusieurs heures au fond et se frotte aux roches pour se débarrasser des balanes.

Statut et protection

Le 10 octobre 2025, l’UICN a fait passer la tortue verte d’« En danger » (évaluation de 2004) à « Préoccupation mineure » à l’échelle mondiale. La population a augmenté d’environ 28 % depuis les années 1970, et l’UICN cite le Mexique parmi les sous-populations presque revenues à leur niveau d’avant l’exploitation commerciale. La collecte des œufs, les captures accidentelles par la pêche et l’aménagement du littoral restent des menaces importantes. L’espèce figure à l’annexe I de la CITES, qui interdit son commerce international.

Bien l’observer et la photographier

Repérez-la de loin au-dessus des herbiers, puis approchez lentement, par le côté, sans jamais la poursuivre si elle s’éloigne. Restez en flottabilité neutre pour ne pas abîmer les herbiers. Ne la touchez pas, ne la nourrissez pas et ne vous placez jamais au-dessus d’elle quand elle remonte respirer. Si elle dort sous une avancée du récif, ne la réveillez pas avec un éclairage. Pour la photo, un profil de la tête montre bien la paire unique de préfrontales et suffit à la distinguer de l’imbriquée. La nuit, sur les plages, n’éclairez jamais une femelle en ponte.

Sources