Fiche n° 1228 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)
Corail corne d'élan
Acropora palmata
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/mexique-flore-corail-corne-d-elan/
Clé d'identification
- Corail dur en grandes colonies arborescentes : un tronc central d'où partent des branches dressées ou obliques, comme des bois d'élan.
- Branches épaisses (2,5 à 5 cm) et aplaties, pouvant atteindre une quarantaine de centimètres de large, qui s'élargissent en éventail vers l'extrémité.
- Couleur doré à brun pâle ou beige, avec des pointes de branches blanches.
- Surface couverte de petits corallites tubulaires de longueur irrégulière ; corallite axial peu distinct, voire absent.
- Colonies jusqu'à 2 m de haut et 4 m de diamètre, parfois réunies en fourrés denses, presque à fleur d'eau dans la zone de houle.
Noms
- Nom usuel
- Corail corne d'élan
- Nom scientifique
- Acropora palmata
- Autres noms
- Elkhorn coral · Coral cuerno de alce
- Synonymes
- Madrepora palmata · Acropora alces · Acropora flabellum · Madrepora alces
Distribution géographique
Atlantique ouest tropical : Bahamas, Floride, mer des Caraïbes et golfe du Mexique ; absent de l'Indo-Pacifique et donc de la façade Pacifique mexicaine. Au Mexique, l'espèce est recensée dans la zone économique exclusive (WoRMS), sur la côte caraïbe.
Zones : Caraïbes · Yucatán — Amérique
Biotope
Haut de récif et pentes externes peu profondes, exposés à la houle, en eau claire, entre 0,3 et 5 m environ.
Profondeur : 0 – 5 m
Repères pour le plongeur
Grand corail branchu des hauts-fonds caraïbes, en danger critique d'extinction. Observez-le en snorkeling ou à faible profondeur, à distance : la houle pousse facilement palmes et bouteilles contre ses branches.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Animal colonial nourri surtout par les algues symbiotiques (zooxanthelles) logées dans ses tissus, complété par le plancton capturé par les tentacules des polypes.
Reproduction
Hermaphrodite simultané qui s'autoféconde rarement ; ponte annuelle des gamètes en pleine eau après la pleine lune de fin d'été. Se multiplie surtout par fragmentation : les branches cassées peuvent se refixer et former de nouvelles colonies.
Conservation
En danger critique (UICN)
En danger critique d'extinction (CR) sur la liste rouge de l'UICN, évaluation e.T133006A3536699 (Aronson et al., 2008). Inscrit à l'annexe II de la CITES et du protocole SPAW, classé menacé aux États-Unis (ESA) depuis 2006. Déclin d'environ 97 % depuis les années 1980, surtout à cause de la maladie de la bande blanche, puis des vagues de chaleur.
Espèces ressemblantes
- Corail corne de cerf (Acropora cervicornis) : même genre et même aire, mais branches fines et cylindriques, sans élargissement aplati.
- Acropora prolifera : corallites radiaux semblables, mais colonies plus petites qui n'ont pas l'allure de bois d'élan ; c'est un hybride entre A. palmata et A. cervicornis.
Classification
- Règne
- Végétal / algue
- Groupe
- Cnidaires (coraux & anémones)
Identification
Malgré son classement parmi la « flore » du site, le corail corne d’élan est un animal : une colonie de polypes génétiquement identiques qui bâtissent ensemble un squelette calcaire. C’est la plus grande colonie du genre Acropora : jusqu’à 2 m de haut et 4 m de diamètre.
Sa silhouette explique son nom. D’un tronc central partent des branches épaisses, obliques et à peu près parallèles, qui s’aplatissent et s’élargissent vers l’extrémité comme les bois d’un élan. Une branche peut atteindre une quarantaine de centimètres de large pour 2,5 à 5 cm d’épaisseur. La couleur va du doré au brun pâle, avec des pointes blanches là où le corail pousse. De près, la surface est hérissée de petits corallites tubulaires.
Le corail corne de cerf (Acropora cervicornis), qui partage son aire et son genre, a des branches fines et cylindriques qui ne s’aplatissent jamais. Acropora prolifera, hybride des deux, a des corallites semblables mais forme des colonies plus petites, sans l’allure de bois d’élan.
Où et quand l’observer au Mexique
L’espèce vit uniquement dans l’Atlantique ouest tropical : Bahamas, Floride, mer des Caraïbes et golfe du Mexique. Elle est absente du Pacifique, et donc de la façade Pacifique mexicaine. Elle ne vit pas non plus dans les cénotes. WoRMS la recense dans la zone économique exclusive du Mexique. Pour sa protection, Wikipédia en espagnol cite les parcs nationaux de Cozumel, de la côte occidentale d’Isla Mujeres, Punta Cancún et Punta Nizuc, ainsi que la réserve de biosphère de Sian Ka’an.
Cherchez-la au sommet du récif et sur les pentes externes peu profondes, battues par la houle, en eau claire, entre 30 cm et 5 m environ. Elle y forme parfois des fourrés denses. Visible toute l’année, elle ne pond qu’une fois par an, après la pleine lune de fin d’été, entre juillet et septembre selon les sources.
Biologie et comportement
L’essentiel de son énergie provient des zooxanthelles, des algues photosynthétiques logées dans ses cellules, d’où son besoin d’eau claire et peu profonde. Les polypes capturent aussi du plancton avec leurs tentacules. En bonne santé, c’est l’un des coraux à la croissance la plus rapide : jusqu’à 13 cm de branche par an. Une colonie peut vivre plusieurs siècles.
Chaque colonie produit à la fois des œufs et des spermatozoïdes, mais s’autoféconde rarement. La plupart des nouvelles colonies naissent toutefois de fragments : une branche cassée par une tempête peut se refixer et repartir. Ses fourrés servent d’abri et de nurserie à de nombreux poissons, crustacés et invertébrés.
Statut et protection
L’UICN le classe en danger critique d’extinction (CR), d’après l’évaluation d’Aronson et al. publiée en 2008. Il est inscrit à l’annexe II de la CITES et du protocole SPAW, qui couvre toute la région caraïbe. Selon la NOAA, ses effectifs ont chuté d’environ 97 % depuis les années 1980, surtout à cause de la maladie de la bande blanche. S’y ajoutent la « variole blanche », liée à une bactérie des eaux usées, le blanchissement et la pollution venue de la terre. Lors des vagues de chaleur de 2023-2024, 89 à 100 % des colonies connues sont mortes dans les Keys de Floride.
Bien l’observer et la photographier
Comme il vit presque à fleur d’eau, le snorkeling suffit souvent. En scaphandre, gardez une bonne marge : dans la zone de houle, une vague peut vous plaquer contre les branches, et chaque cassure ou écorchure ouvre la porte aux maladies. Restez à côté de la colonie, jamais entre deux branches, et ne vous y tenez pas.
Pour la photo, la lumière naturelle suffit souvent à cette profondeur. Un grand-angle placé en contre-plongée, de côté, fait ressortir la forme en bois d’élan sur le bleu de la surface. Ne ramassez jamais un fragment tombé : il peut encore se refixer et repartir.
Sources
- WoRMS : Acropora palmata (Lamarck, 1816)
- NOAA Fisheries : Elkhorn coral
- Corals of the World : Acropora palmata, fiche
- Corals of the World : Acropora palmata, répartition
- GBIF : Acropora palmata
- Enciclovida (CONABIO) : Acropora palmata
- Wikipédia (anglais) : Elkhorn coral
- Wikipédia (espagnol) : Acropora palmata