Fiche n° 1226 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)
Corail cerveau
Diploria labyrinthiformis
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/mexique-flore-corail-cerveau/
Clé d'identification
- Colonie massive et hémisphérique en forme de cerveau, jusqu'à environ 2 m de diamètre.
- Double vallée : chaque crête porte sur son sommet un sillon presque aussi large et profond que la vallée des polypes.
- Vallées longues et sinueuses, en méandres, qui serpentent sur toute la colonie.
- Sillon des crêtes souvent d'une autre teinte que les vallées ; couleurs brunes, jaunes ou grises.
- Polypes logés au fond des vallées, tentacules sortis surtout la nuit.
Noms
- Nom usuel
- Corail cerveau
- Nom scientifique
- Diploria labyrinthiformis
- Autres noms
- Corail cerveau à double vallée · Grooved brain coral · Coral cerebro estriado
- Synonymes
- Madrepora labyrinthiformis · Meandrina cerebriformis · Diploria cerebriformis · Maeandrina labyrinthiformis
Distribution géographique
Atlantique ouest tropical : golfe du Mexique, mer des Caraïbes, Floride, Bahamas, Bermudes et côtes d'Amérique centrale. Au Mexique, GBIF le recense dans le Quintana Roo (Cozumel, Akumal, Mahahual, Xcalak, Banco Chinchorro) et sur les récifs du banc de Campeche (Alacranes, cayo Arenas). Aucune mention côté Pacifique.
Zones : Caraïbes · Yucatán — Amérique
Biotope
Récifs coralliens du large, de 1 à 30 m. Au Mexique, les relevés GBIF datés vont d'environ 1 à 18 m.
Profondeur : 1 – 30 m
Repères pour le plongeur
Corail dur à double vallée des récifs du Caribe mexicain, classé en danger critique (CR) par l'UICN depuis 2022. Le sillon qui court sur chaque crête le distingue des autres coraux cerveaux.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Énergie fournie surtout par les algues symbiotiques (zooxanthelles) logées dans ses tissus ; les polypes capturent aussi du zooplancton et des bactéries grâce à leurs cellules urticantes, au mucus et aux cils.
Reproduction
Hermaphrodite, il libère ses gamètes en pleine eau. La ponte s'étale sur plusieurs mois, de la fin du printemps au milieu de l'automne, au rythme des cycles lunaires. Les larves dérivent avant de se fixer définitivement.
Conservation
En danger critique (UICN)
En danger critique (CR) sur la liste rouge mondiale de l'UICN (Goergen et al., évaluation publiée en 2022), après des années en préoccupation mineure. En cause surtout la maladie de perte de tissu des coraux durs (SCTLD), présente sur toute la côte caraïbe mexicaine selon l'AGRRA.
Espèces ressemblantes
- Corail cerveau symétrique (Pseudodiploria strigosa) : crêtes lisses et arrondies, au mieux un sillon très étroit à leur sommet, jamais une vraie double vallée.
- Corail cerveau à grandes vallées (Colpophyllia natans) : vallées et crêtes bien plus larges (environ 2 cm), avec une rupture nette entre la crête et le fond de la vallée.
Classification
- Règne
- Végétal / algue
- Groupe
- Cnidaires (coraux & anémones)
Identification
Malgré sa place dans la rubrique « flore », le corail cerveau est un animal : une colonie de polypes de la famille des Faviidae, un corail dur (scléractiniaire) qui bâtit le récif. Il forme des dômes massifs et hémisphériques, qui peuvent atteindre environ 2 m de diamètre. Sa croissance est lente, de l’ordre de 3,5 mm par an en hauteur.
Sa surface est parcourue de longues vallées sinueuses où vivent les polypes. Le critère décisif se trouve sur les crêtes qui les séparent : chaque crête porte à son sommet un sillon presque aussi large et profond que la vallée elle-même. D’où son nom anglais de grooved brain coral et la « double vallée » décrite par Coralpedia. Sur les parties bombées de la colonie, la crête et son sillon deviennent même plus larges que la vraie vallée. Les couleurs vont du brun au jaune et au gris, et le sillon tranche souvent par sa teinte sur le fond des vallées.
Deux voisins prêtent à confusion. Le corail cerveau symétrique (Pseudodiploria strigosa), longtemps rangé dans le même genre, a des crêtes lisses et arrondies, avec au plus un sillon très étroit. Le corail cerveau à grandes vallées (Colpophyllia natans) a des vallées et des crêtes d’environ 2 cm de large, nettement plus larges, et une cassure franche entre la crête et le fond de la vallée.
Où et quand l’observer au Mexique
L’espèce vit dans tout l’Atlantique ouest tropical, golfe du Mexique et Caraïbes compris. Au Mexique, elle se limite donc à la façade caraïbe et au golfe : aucune source consultée ne la signale dans le Pacifique, ni dans les cénotes, eaux douces ou saumâtres sans récif corallien. Les données GBIF la situent à Cozumel (Paraíso, Dalila, Chankanaab, Paso del Cedral, Yucab), à Akumal, entre Mahahual et Xcalak, sur le Banco Chinchorro et sur les récifs du banc de Campeche, dont le parc national Arrecife Alacranes.
Elle se plaît sur les récifs du large, entre 1 et 30 m. Au Mexique, les relevés datés vont d’environ 1 à 18 m. Colonie fixée, elle s’observe toute l’année.
Biologie et comportement
Le corail cerveau tire l’essentiel de son énergie des zooxanthelles, des algues microscopiques logées dans ses tissus, dont la photosynthèse nourrit sa croissance et la construction de son squelette calcaire. Il complète ce régime en capturant du zooplancton et des bactéries : les polypes immobilisent leurs proies avec leurs cellules urticantes, puis le mucus et des cils les amènent jusqu’à la bouche.
Il est hermaphrodite et libère ovules et spermatozoïdes en pleine eau. Contrairement à la plupart des coraux caraïbes qui pondent de la même façon, il étale sa ponte sur plusieurs mois, de la fin du printemps au milieu de l’automne, au gré des cycles lunaires. Les larves dérivent avant de se fixer pour de bon. L’oursin diadème (Diadema antillarum) l’aide en broutant les algues qui risquent de le recouvrir, tandis que poissons-perroquets, gastéropodes, vers polychètes et étoiles de mer comptent parmi ses prédateurs.
Statut et protection
L’UICN classe désormais l’espèce « En danger critique » (CR), selon l’évaluation de Goergen et al. publiée en 2022, après des années en préoccupation mineure. Ce reclassement tient surtout à sa sensibilité à la maladie de perte de tissu des coraux durs (SCTLD). Selon l’AGRRA, cette maladie touche aujourd’hui toute la côte caraïbe mexicaine, et le corail cerveau à double vallée figure parmi les huit espèces sensibles les plus courantes qu’elle suit. Une colonie infectée perd vite ses tissus et meurt en quelques semaines ou quelques mois.
Bien l’observer et la photographier
Repérez les dômes isolés sur le récif, puis approchez-vous assez pour voir le sillon des crêtes : c’est lui qui confirme l’espèce face au corail cerveau symétrique. Une lampe fait ressortir la différence de teinte entre crêtes et vallées. De nuit, les tentacules sortis brouillent le dessin ; de jour, la double vallée se lit mieux.
Pour la photo, cadrez d’abord la colonie entière pour sa forme en dôme, puis un détail rasant de quelques crêtes et de leur sillon. Gardez une flottabilité parfaite et ne posez jamais une main ou une palme sur le dôme : avec 3,5 mm de croissance par an, chaque blessure coûte des années à la colonie. Si vous voyez des colonies malades ou mortes depuis peu en nombre inhabituel, signalez-le au centre de plongée : l’AGRRA recueille ce type d’observations.
Sources
- WoRMS : Diploria labyrinthiformis (Linnaeus, 1758)
- GBIF : Diploria labyrinthiformis
- Coralpedia (université de Warwick) : Diploria labyrinthiformis
- Coralpedia : Diploria strigosa
- Coralpedia : Colpophyllia natans
- Wikipedia (en) : Diploria labyrinthiformis
- Enciclovida (CONABIO) : Coral cerebro estriado
- AGRRA : épidémie de maladie des coraux (SCTLD)