Fiche n° 1227 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)

Corail étoilé

Orbicella annularis

Amérique Caraïbes Yucatán

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/mexique-flore-corail-etoile/

Corail étoilé (Orbicella annularis)
Photo : James St. John — CC BY 2.0 — source

Clé d'identification

  • Corail dur massif formant des lobes arrondis ou des colonnes, plus rarement des plaques selon la lumière.
  • Surface couverte de petits calices ronds et aplatis, de taille régulière, d'environ 2 à 3 mm de diamètre.
  • Teinte brune, beige ou jaunâtre, uniforme sur toute la colonie.
  • Polypes rétractés le jour, qui dessinent de petites protubérances arrondies.
  • Colonies de 0,3 à 3 m, souvent regroupées en massifs de lobes juxtaposés.

Noms

Nom usuel
Corail étoilé
Nom scientifique
Orbicella annularis
Autres noms
Corail-étoilé lobé · Corail étoile massif · Coral rocoso de estrellas · Lobed star coral
Synonymes
Montastraea annularis · Montastrea annularis · Madrepora annularis

Distribution géographique

Atlantique tropical Ouest : Caraïbes, golfe du Mexique, Bahamas et sud de la Floride. Au Mexique, signalé dans le Quintana Roo (Cozumel, Banco Chinchorro, Mahahual), au récif Alacranes au large du Yucatán et sur les récifs de Veracruz ; absent de la côte Pacifique et des cénotes.

Zones : Caraïbes · Yucatán — Amérique

Biotope

Corail constructeur des récifs d'eau claire et pauvre en nutriments, du platier aux pentes externes ; fréquent, souvent dominant dans les lagons et le haut des tombants. Entre 0,5 et 20 m environ selon la NOAA.

Profondeur : 0.5 – 20 m

Repères pour le plongeur

Corail dur massif en lobes arrondis bruns, couverts de petits calices de 2 à 3 mm : un des grands bâtisseurs des récifs du Caribe mexicain. Espèce en danger : gardez vos palmes loin des colonies, qui ne grandissent que d'environ 1 cm par an.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Corail zooxanthellé : l'essentiel de sa nourriture provient des algues symbiotiques logées dans ses tissus.

Reproduction

Hermaphrodite : chaque colonie produit œufs et spermatozoïdes. Ponte en pleine eau une fois par an, quelques nuits après la pleine lune de fin d'été ; les larves se fixent sur un fond dur. Maturité vers 10 cm de diamètre.

Conservation

En danger (UICN)

En danger (EN) sur la liste rouge de l'UICN, évaluation de 2022. Classé « menacé » (threatened) au titre de l'Endangered Species Act américain depuis 2014. Menaces : réchauffement et acidification de l'océan, blanchissement, maladies, pollution d'origine terrestre, dégradation des récifs.

Espèces ressemblantes

  • Corail étoilé à bosses (Orbicella faveolata) : même genre, colonies moins calcifiées aux calices plus réguliers et aux côtes plus fines.
  • Orbicella franksi : surface plus irrégulière, squelette plus calcifié et côtes plus saillantes.
  • Corail montastrea (Montastraea cavernosa) : calices coniques nettement saillants au-dessus de la surface — voir fiche liée.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Cnidaires (coraux & anémones)

Identification

Malgré son classement parmi la « flore » du site, le corail étoilé est un animal : une colonie de polypes de la famille des Merulinidae, dans l’ordre des coraux durs (scléractiniaires). DORIS le nomme corail-étoilé lobé, et les anciens guides l’appellent encore Montastraea annularis.

La colonie est massive et forme des lobes arrondis ou des colonnes serrées. Selon la lumière qu’elle reçoit, elle peut aussi s’étaler en plaques. Sa surface brune, beige ou jaunâtre est piquetée de petits calices ronds et aplatis, d’environ 2 à 3 mm, tous de la même taille. De jour, les polypes rétractés dessinent de petites bosses régulières. Les colonies mesurent de 30 cm à 3 m.

Deux espèces du même genre lui ressemblent beaucoup, et elles ont longtemps été confondues avec lui. Orbicella faveolata a un squelette moins calcifié, des calices plus réguliers et des côtes plus fines. Orbicella franksi présente au contraire une surface plus irrégulière et des côtes plus saillantes. Le corail montastrea (Montastraea cavernosa) se distingue plus facilement : ses calices coniques dépassent nettement de la surface.

Où et quand l’observer au Mexique

Le corail étoilé vit uniquement dans l’Atlantique tropical Ouest : Caraïbes, golfe du Mexique, Bahamas et sud de la Floride. Au Mexique, les données de GBIF le situent surtout dans le Quintana Roo. À Cozumel, le suivi des algues, invertébrés et poissons mené en 2008 dans le parc national Arrecifes de Cozumel l’a relevé sur les récifs Chankanaab, Paraíso, Yucab, Paso del Cedral et Colombia. Il est aussi noté à Banco Chinchorro et à Mahahual. On le trouve aussi au récif Alacranes, au large du Yucatán, et sur les récifs de Veracruz. Aucune donnée ne le signale sur la côte Pacifique, et il n’a pas sa place dans les cénotes, qui sont des eaux douces souterraines.

Il recherche l’eau claire et pauvre en nutriments. Corals of the World le décrit comme fréquent, souvent dominant dans les lagons et le haut des tombants. La NOAA le donne entre 0,5 et 20 m environ. On le voit donc dès les plongées peu profondes, toute l’année.

Biologie et comportement

Sa nourriture vient surtout des zooxanthelles, des algues microscopiques logées dans ses tissus. Lorsque l’eau se réchauffe, le corail expulse ces algues et blanchit. Ce blanchissement précède le plus souvent la mort de la colonie.

La croissance est lente, environ 1 cm par an, mais une colonie peut vivre plusieurs siècles. Chaque colonie est hermaphrodite. Une fois par an, quelques nuits après la pleine lune de fin d’été, elle libère ses œufs et ses spermatozoïdes en pleine eau. Les larves se fixent ensuite sur un fond dur. Une colonie devient fertile vers 10 cm de diamètre.

Statut et protection

L’UICN classe Orbicella annularis « En danger » (EN), dans une évaluation publiée en 2022. Aux États-Unis, l’espèce est classée « menacée » au titre de l’Endangered Species Act depuis octobre 2014. La NOAA cite comme menaces le réchauffement et l’acidification de l’océan, les maladies, la pollution venue de la terre et la dégradation des récifs. Avec une croissance aussi lente, une colonie perdue met des décennies à être remplacée.

Bien l’observer et la photographier

Approchez-vous des massifs avec une flottabilité stable, palmes relevées. Un coup de palme casse en quelques secondes des années de croissance. Ne posez pas la main sur les lobes et ne vous y appuyez pas pour stabiliser une photo.

Pour l’identification, faites deux images : une vue d’ensemble de la colonie, pour sa forme en lobes ou en colonnes, puis un gros plan des calices, en gardant un repère d’échelle hors contact. La taille et le relief des calices aident à le séparer des autres coraux étoilés. Notez aussi les zones blanchies ou nécrosées : ces observations intéressent le suivi des récifs.

Sources