Fiche n° 1229 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)

Corail corne de cerf

Acropora cervicornis

Amérique Caraïbes Yucatán

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/mexique-flore-corail-corne-de-cerf/

Corail corne de cerf (Acropora cervicornis)
Photo : Nhobgood ( talk · contribs ) Nick Hobgood — CC BY-SA 3.0 — source

Clé d'identification

  • Colonie arborescente aux branches longues, grêles et cylindriques, en forme de bois de cerf, souvent enchevêtrées.
  • Branches d'environ 2,5 à 7 cm de diamètre ; massifs de 20 cm à 2,5 m.
  • Teinte claire, du blanc crème au beige jaunâtre ou brun doré, avec l'extrémité des branches plus pâle.
  • Chaque branche se termine par un calice blanc et tubulaire ; les calices latéraux, rugueux et cylindriques, font saillie.
  • Branches rondes et non aplaties, à la différence du corail corne d'élan.

Noms

Nom usuel
Corail corne de cerf
Nom scientifique
Acropora cervicornis
Autres noms
Staghorn coral · Coral cuerno de ciervo · Coral candelabro
Synonymes
Madrepora cervicornis · Madrepora attenuata · Acropora attenuata

Distribution géographique

Grande Caraïbe uniquement, du golfe du Mexique à la Barbade et des Bahamas au Venezuela ; absent des Bermudes et du Brésil. Au Mexique : récifs caribéens du Quintana Roo et du Yucatán. Absent du Pacifique mexicain et des cénotes.

Zones : Caraïbes · Yucatán — Amérique

Biotope

Eaux claires et calmes, de la proche surface à une vingtaine de mètres : lagons, arrière-récifs, platiers et haut des pentes externes, surtout dans les secteurs abrités.

Profondeur : 0 – 20 m

Repères pour le plongeur

Corail branchu des eaux claires et peu profondes de la Caraïbe, devenu rare après un effondrement de ses populations depuis les années 1980. Gardez vos distances : une branche cassée par une palme ne repousse pas toujours.

Meilleure saison : Janvier · Février · Mars · Avril · Mai · Juin · Juillet · Août · Septembre · Octobre · Novembre · Décembre

Biologie

Alimentation

Environ deux tiers de ses besoins viennent de la photosynthèse de ses zooxanthelles, un tiers de la capture de plancton par les tentacules des polypes.

Reproduction

Colonies hermaphrodites, ponte en pleine eau une fois par an après la pleine lune de fin d'été (septembre-octobre selon DORIS). Se propage aussi par fragmentation : une branche cassée peut se fixer et former une nouvelle colonie.

Conservation

En danger critique (UICN)

En danger critique (CR) sur la liste rouge de l'UICN : évaluation d'Aronson et al. (2008), statut CR repris par WoRMS et GBIF en 2026. Classé « Sujeta a protección especial » (Pr) au Mexique (NOM-059-SEMARNAT-2010) et inscrit à l'annexe II de la CITES. Population caribéenne réduite d'environ 97 % depuis les années 1980 selon la NOAA.

Espèces ressemblantes

  • Corail corne d'élan (Acropora palmata) : espèce voisine aux branches très aplaties, à l'aspect tabulaire.
  • Acropora prolifera : hybride de A. palmata et A. cervicornis, aux branches en partie élargies et soudées ; DORIS le mentionne sans critère sûr.
  • Porites et Madracis branchus : branches toujours courtes et calices qui ne font pas saillie à la surface.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Cnidaires (coraux & anémones)

Identification

Malgré son classement dans la flore du site, le corail corne de cerf est un animal : une colonie de polypes de la famille des Acroporidae, un scléractiniaire qui bâtit un squelette calcaire. Son nom décrit bien sa silhouette. La colonie forme un buisson de branches longues, grêles et cylindriques, qui se ramifient comme des bois de cerf et s’enchevêtrent. Selon DORIS, un massif mesure de 20 cm à 2,5 m. Les branches font de 2,5 à 7 cm de diamètre environ.

Sa teinte est claire : blanc crème, beige jaunâtre ou brun doré, avec des pointes plus pâles. Cette couleur vient des algues microscopiques qui vivent dans ses tissus. Approchez-vous d’une branche : chacune se termine par un calice blanc et tubulaire, et les calices latéraux, rugueux et cylindriques, dépassent nettement de la surface.

Sur un récif mexicain, la confusion la plus courante est le corail corne d’élan (Acropora palmata). Ses branches sont larges et aplaties, alors que celles du corne de cerf restent rondes. Les deux espèces s’hybrident : l’hybride, Acropora prolifera, montre des branches en partie élargies ou soudées, et DORIS reconnaît qu’il reste difficile à confirmer à l’œil. Les Porites et les Madracis branchus se distinguent par leurs branches toujours courtes et par leurs calices qui ne font pas saillie.

Où et quand l’observer au Mexique

L’espèce vit uniquement dans la Grande Caraïbe, du golfe du Mexique à la Barbade et des Bahamas au Venezuela. Au Mexique, la CONABIO la classe comme espèce native, et sa bibliographie la signale au Yucatán et au Quintana Roo. Elle est absente du Pacifique mexicain. Elle n’existe pas non plus dans les cénotes, qui sont des milieux d’eau douce ou saumâtre sans récif corallien.

Cherchez-la dans des eaux claires et calmes, de la surface à une vingtaine de mètres : lagons, arrière-récifs, platiers et haut des pentes externes. Ses branches fragiles résistent mal à la houle, elle se maintient donc surtout dans les secteurs abrités. Elle s’observe toute l’année, mais ne vous attendez pas aux grands champs d’autrefois. La NOAA estime qu’il reste moins de 3 % de l’abondance passée, sous forme de colonies isolées ou de petits groupes.

Biologie et comportement

DORIS estime qu’environ deux tiers de ses besoins viennent de la photosynthèse de ses zooxanthelles. Le dernier tiers vient de la chasse : la nuit, tous les polypes sortent et leurs tentacules capturent de petites proies planctoniques. C’est l’un des coraux les plus rapides de la Caraïbe, avec une dizaine de centimètres de croissance par an. Ses buissons servent d’abri à de nombreux petits poissons de récif.

Chaque colonie est hermaphrodite. Elle libère ses gamètes en pleine eau une fois par an, quelques jours après une pleine lune de fin d’été ; DORIS situe la ponte en septembre-octobre. La reproduction passe surtout par la fragmentation : une branche cassée par une tempête peut se fixer et donner une nouvelle colonie.

Statut et protection

L’UICN classe l’espèce « En danger critique » (CR), selon l’évaluation d’Aronson et al. publiée en 2008 et reprise par WoRMS et GBIF. Depuis les années 1980, sa population a chuté d’environ 97 %, d’abord à cause de la maladie de la bande blanche, selon la NOAA. Le blanchissement lié au réchauffement de l’eau est aujourd’hui la menace principale. Au Mexique, elle figure dans la catégorie « Sujeta a protección especial » de la norme NOM-059-SEMARNAT-2010. Elle est aussi inscrite à l’annexe II de la CITES.

Bien l’observer et la photographier

Ce corail se trouve souvent à quelques mètres de fond, là où la flottabilité est la plus difficile à tenir. Stabilisez-vous au-dessus du sable, jamais au-dessus des branches, et rentrez console et octopus. Un coup de palme suffit à casser un rameau. Ne prélevez rien, même un fragment déjà détaché.

En photo, la lumière naturelle suffit souvent à rendre sa teinte dorée sur fond bleu. Un cadrage en contre-plongée détache la silhouette en bois de cerf. Pour un détail, visez le calice blanc d’une extrémité de branche. Une plongée de nuit permet de voir les polypes déployés. Si la colonie est blanche mais intacte, elle blanchit et vit encore : ne la touchez pas.

Sources