Fiche n° 1230 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)

Corail montastrea

Montastraea cavernosa

Amérique Caraïbes Yucatán

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/mexique-flore-corail-montastrea/

Corail montastrea (Montastraea cavernosa)
Photo : Nhobgood Nick Hobgood — CC BY-SA 3.0 — source

Clé d'identification

  • Colonie massive en dôme, en boule ou en pilier, qui s'aplatit en plaques ou en croûtes épaisses en profondeur et à l'ombre.
  • Calices ronds, bien séparés et en relief, de 6 à 12 mm de diamètre : nettement plus gros que ceux des coraux étoilés du genre Orbicella.
  • Polypes en forme d'étoile une fois épanouis, surtout la nuit ; le jour, ils restent rétractés et paraissent charnus.
  • Couleur très variable (brun, vert, gris, violet), le centre des calices étant souvent d'une teinte contrastée.
  • Certains polypes peuvent paraître orangés ou rouges par fluorescence.

Noms

Nom usuel
Corail montastrea
Nom scientifique
Montastraea cavernosa
Autres noms
Grand corail étoilé · Great star coral · Gran coral de estrellas · Coral cavernoso
Synonymes
Madrepora cavernosa · Orbicella cavernosa · Montastrea cavernosa

Distribution géographique

Atlantique tropical, des Bermudes au Brésil et du Mexique au Gabon. Au Mexique, des relevés publiés sur GBIF la signalent dans le Quintana Roo (Cozumel, Mahahual), sur l'Arrecife Alacranes (Yucatán) et sur les récifs de Veracruz.

Zones : Caraïbes · Yucatán — Amérique

Biotope

Récifs coralliens et fonds rocheux, de 1 à 113 m selon SeaLifeBase ; DORIS situe la plupart des colonies entre 15 et 35 m, où elles prennent une forme en plaques superposées au-delà de 20 à 25 m.

Profondeur : 1 – 113 m

Repères pour le plongeur

Grand corail étoilé aux calices ronds et bien séparés, nettement plus gros que ceux des autres coraux étoilés ; il est commun sur les récifs de Cozumel. Revenez de nuit pour voir ses polypes épanouis, sans jamais le toucher.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Abrite des zooxanthelles (algues symbiotiques) ; capture aussi du plancton (petits crustacés, vers, bactéries) avec ses tentacules urticants, surtout la nuit.

Reproduction

Ponte collective quelques nuits par an : DORIS la situe après la pleine lune d'août aux Antilles. Les gamètes sont expulsés par la bouche, la larve planula dérive puis se fixe et fonde une nouvelle colonie.

Conservation

Préoccupation mineure (UICN)

Préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 1er juin 2021 selon SeaLifeBase. Sensible au blanchissement lors des épisodes d'eau trop chaude.

Espèces ressemblantes

  • Corail étoilé (Orbicella annularis) et coraux étoilés voisins (Orbicella faveolata, Orbicella franksi) : calices deux à trois fois plus petits, serrés les uns contre les autres.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Cnidaires (coraux & anémones)

Identification

Malgré son classement dans la flore du site, le grand corail étoilé est un animal : un corail dur (scléractiniaire) formé de milliers de polypes qui bâtissent ensemble un squelette calcaire. Il vit en symbiose avec des algues microscopiques, les zooxanthelles, qui lui donnent l’essentiel de sa couleur.

Sa colonie est massive. Elle forme des dômes, des boules ou des piliers, et DORIS lui donne de 60 à 250 cm. Coralpedia la décrit plutôt petite, jusqu’à 50 cm environ, souvent conique. En profondeur ou à l’ombre, elle s’aplatit en plaques ou en croûtes épaisses.

Le critère décisif, ce sont les calices, c’est-à-dire les loges des polypes. Ils sont ronds, en relief, bien séparés les uns des autres et larges de 6 à 12 mm. Les coraux étoilés du genre Orbicella, très communs sur les mêmes récifs, ont des calices deux à trois fois plus petits et serrés. Sa couleur varie du brun au vert, au gris ou au violet, et le centre des calices tranche souvent sur le reste de la colonie. Certains polypes paraissent orangés ou rouges, par fluorescence.

Où et quand l’observer au Mexique

L’espèce vit dans tout l’Atlantique tropical, des Bermudes au Brésil et du golfe du Mexique au Gabon. Au Mexique, les relevés publiés sur GBIF la signalent surtout dans le Quintana Roo, en particulier sur les récifs de Cozumel (Paso del Cedral, Colombia, Chankanaab, Yucab, Paraíso), à Mahahual, sur l’Arrecife Alacranes au large du Yucatán et sur les récifs de Veracruz.

SeaLifeBase la donne de 1 à 113 m de profondeur. DORIS place la plupart des colonies entre 15 et 35 m. Au-delà de 20 à 25 m, elles prennent une forme de plaques superposées. Corail fixé, on l’observe toute l’année.

Biologie et comportement

Le jour, ses polypes restent rétractés et donnent à la colonie un aspect charnu, un peu gonflé. La nuit, ils s’ouvrent en étoile et capturent le plancton avec leurs tentacules venimeux : petits crustacés, vers, bactéries. Cet apport complète l’énergie fournie par les zooxanthelles.

Aux Antilles, DORIS décrit une ponte collective quelques nuits par an, après la pleine lune d’août. Les gamètes sortent par la bouche du polype. La larve, une planula, dérive avec les courants puis se fixe pour fonder une nouvelle colonie. Sous les dômes, on trouve souvent l’éponge encroûtante orange Mycale laevis.

Statut et protection

L’UICN classe l’espèce en « Préoccupation mineure » (LC). SeaLifeBase date cette évaluation du 1er juin 2021. Elle reste vulnérable au blanchissement : quand l’eau est anormalement chaude, le corail expulse ses zooxanthelles. Il survit d’abord, affaibli, mais peut mourir ou tomber malade s’il ne les récupère pas vite. DORIS ajoute que la fluorescence orangée serait un signe de stress. Dans les Antilles françaises, l’espèce est protégée comme tous les coraux au titre du protocole de Kingston.

Bien l’observer et la photographier

Pour la distinguer d’un Orbicella, approchez-vous et regardez les calices : chez le grand corail étoilé, chacun se détache nettement de ses voisins et dépasse souvent le demi-centimètre. En plongée de nuit, revenez sur la même colonie pour voir les polypes ouverts, bien différents de l’aspect diurne.

En photo, un objectif macro rend le relief des calices et le contraste de leur centre. La lumière de la lampe ou du flash peut révéler la fluorescence. Restez en flottabilité neutre au-dessus de la colonie : un coup de palme ou un appui de la main arrache les tissus vivants. N’éclairez pas longtemps le même polype et ne cherchez pas à décoller l’éponge orange qui pousse dessous.

Sources