Fiche n° 1096 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)
Corail mou briareum
Briareum hamrum
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/egypte-flore-corail-mou-briareum/
Clé d'identification
- Colonie encroûtante, parfois un peu ramifiée, à la surface ondulée, qui tapisse le support.
- Tissu vivant crème, teinté de magenta par endroits.
- Polypes vert foncé à bruns, au disque buccal blanc bien visible.
- Une fine ligne blanche court le long de chaque tentacule.
- Tentacules bordés d'une rangée de longues pinnules brunes.
- Polypes rétractés : surface lisse, piquetée de petits orifices.
Noms
- Nom usuel
- Corail mou briareum
- Nom scientifique
- Briareum hamrum
- Synonymes
- Clavularia hamra · Solenopodium violaceum · Solenopodium contortum · Briareum contortum · Alcyonium contortum
Distribution géographique
Mer Rouge, Afrique de l'Est (Tanzanie, Mozambique, Madagascar), mer d'Oman, mer d'Arabie et golfe Persique. En Égypte, l'espèce a été décrite à Hurghada (Ghardaqa) en 1948, et le musée d'histoire naturelle de Londres en conserve un spécimen de Ghardaqa ; elle est aussi signalée à Eilat, dans le golfe d'Aqaba.
Zones : Mer Rouge — Afrique
Biotope
Récifs peu profonds et bien éclairés : comme tout Briareum, l'espèce héberge des algues symbiotiques. Les spécimens du golfe Persique et d'Oman étudiés en 2016 ont été récoltés entre 10 et 18 m.
Profondeur : 10 – 18 m
Repères pour le plongeur
Seul Briareum de la mer Rouge, décrit à Hurghada : un tapis crème teinté de magenta, couvert de polypes bruns à disque blanc. Observez-le sans le toucher ni y poser la palme.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Colonie zooxanthellée : elle héberge des algues symbiotiques photosynthétiques, ce qui la limite aux eaux claires et peu profondes. Le détail de son alimentation n'est pas documenté dans les sources consultées.
Reproduction
Non documentée pour cette espèce dans les sources consultées.
Conservation
Non évalué (UICN)
Non évaluée (NE) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, selon SeaLifeBase (version 2025-2 de la liste rouge), consulté le 16 octobre 2026.
Espèces ressemblantes
- Briareum violaceum : espèce du Pacifique central et occidental (Indonésie, Philippines, Japon, Australie), absente de la mer Rouge. Tous ses sclérites sont magenta, alors que ceux de la surface de B. hamrum sont incolores ; la distinction se fait au microscope.
Classification
- Règne
- Végétal / algue
- Groupe
- Cnidaires (coraux & anémones)
Identification
Le site range ce corail mou dans la « flore », mais c’est un animal : une colonie de polypes de la classe des octocoralliaires, famille des Briareidae. Briareum hamrum a été décrit en 1948 par le zoologiste égyptien Gohar sous le nom de Clavularia hamra, à partir de colonies de Hurghada. La révision du genre publiée dans ZooKeys en 2016 conclut qu’une seule espèce de Briareum vit en mer Rouge et dans l’ouest de l’océan Indien : celle-ci.
La colonie forme un tapis qui encroûte le récif. Selon les spécimens, elle reste entièrement plaquée au support ou dresse quelques courtes branches, avec une surface ondulée. Vivante, elle est crème avec des reflets magenta par endroits. Les polypes, tous semblables, sont vert foncé à bruns. Trois détails les signent : le disque buccal blanc au centre, la fine ligne blanche qui court sur chaque tentacule, et les pinnules brunes, longues et bien visibles, qui frangent les tentacules. Gohar en comptait une seule rangée de 16 à 22 par tentacule. Polypes rentrés, la colonie paraît lisse, piquetée de petits orifices.
Sous la surface, le genre se reconnaît à une couche externe blanchâtre et une couche interne magenta. Chez B. hamrum, les sclérites (petites pièces calcaires du tissu) de la surface sont incolores et ceux de l’intérieur magenta ; ils mesurent 0,10 à 0,35 mm sur le spécimen de mer Rouge. Ces critères ne se vérifient qu’au microscope.
Où et quand l’observer en Égypte
L’Égypte est le berceau de l’espèce : Gohar l’a décrite dans les publications de la station de biologie marine de Ghardaqa, l’actuelle Hurghada, et le musée d’histoire naturelle de Londres conserve un spécimen étiqueté « Ghardaqa ». En 1956, Broch et Horridge ont signalé à Hurghada un « Solenopodium violaceum » que la révision de 2016 rattache à B. hamrum. L’espèce est aussi connue d’Eilat, au fond du golfe d’Aqaba, et d’Al Wajh sur la côte saoudienne. Les sources ne détaillent pas les autres sites égyptiens.
Elle dépend de ses algues symbiotiques et reste donc dans les eaux claires et éclairées du récif. Les colonies étudiées dans le golfe Persique et à Oman ont été récoltées entre 10 et 18 m. Aucune saison particulière n’est documentée : la colonie est fixée et visible toute l’année.
Biologie et comportement
Fixée sur son support, la colonie s’étale en encroûtant le récif. Ses zooxanthelles lui fournissent une partie de son énergie par photosynthèse, d’où sa dépendance à la lumière. Les auteurs de 2016 notent qu’elle supporte les fortes variations du milieu propres au golfe Persique et de la mer Rouge. Sa reproduction n’est pas décrite dans les sources consultées. Les polypes s’ouvrent et se rétractent : la même colonie peut paraître hirsute et brune, ou lisse et crème, selon le moment.
Statut et protection
L’UICN n’a pas évalué l’espèce (NE), d’après SeaLifeBase consulté en octobre 2026. Les sources consultées ne mentionnent aucune mesure de protection propre à Briareum hamrum. SeaLifeBase la classe inoffensive pour l’homme. Son nom pourrait encore changer : un nom plus ancien, Briareum punctatum (Zanzibar, 1898), désigne peut-être la même espèce, mais son matériel type est perdu.
Bien l’observer et la photographier
Cherchez sur le récif peu profond un tapis crème ou rosé, couvert de polypes bruns piquetés de blanc. Approchez en flottabilité neutre, palmes relevées : la colonie se trouve souvent au ras du substrat, là où un coup de palme ou un genou posé l’abîme. Ne la touchez pas, ce qui ferait aussi rentrer les polypes.
En macro, un éclairage latéral fait ressortir le disque blanc, la ligne blanche des tentacules et la frange de pinnules. Photographiez la colonie polypes ouverts, puis un détail des tentacules : ce sont les deux vues que les taxonomistes ont utilisées pour décrire l’espèce vivante.
Sources
- WoRMS : Briareum hamrum (Gohar, 1948)
- Samimi-Namin et van Ofwegen (2016), Overview of the genus Briareum in the Indo-Pacific, ZooKeys 557
- SeaLifeBase : Briareum hamrum
- GBIF : Briareum hamrum
- GBIF : spécimen du Natural History Museum de Londres, Ghardaqa (Égypte)
- DORIS (FFESSM) : Briareum asbestinum, seul Briareum décrit sur DORIS (Caraïbes)