Fiche n° 1144 · Flore · Invertébrés
Ascidie
Microcosmus sabatieri
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/france-flore-ascidie/
Clé d'identification
- Grosse ascidie solitaire en forme d'outre ou de pomme de terre, de 10 à 16 cm en général, jusqu'à 25 cm.
- Tunique très coriace, jaune brun foncé un peu rougeâtre, ridée, presque toujours couverte d'algues et d'animaux fixés qui la camouflent.
- Deux siphons striés de huit bandes rouge à rose violacé alternant avec des zones claires plus larges, avec un fin anneau blanc à l'intérieur.
- Siphon inhalant plus gros et plus long que le siphon exhalant ; les deux siphons sont écartés de 7 à 8 cm au plus.
- Se contracte et ferme ses siphons en crachant de l'eau quand on s'approche, ce que ne fait pas une éponge.
Noms
- Nom usuel
- Ascidie
- Nom scientifique
- Microcosmus sabatieri
- Autres noms
- Violet · Figue de mer · Patate de mer · Vioulé
- Synonymes
- Microcosmus scrotum · Cynthia scrotum · Ascidia microcosmus
Distribution géographique
Endémique de la Méditerranée, surtout dans le bassin occidental, en Adriatique et en mer Égée. En France, côtes méditerranéennes, notamment la Provence. Absente de l'Atlantique et de la Manche selon DORIS.
Zones : Méditerranée · Corse — Europe
Biotope
Fixée par sa face ventrale sur des substrats durs : roches, coralligène, ouvrages artificiels, plus rarement débris coquilliers sur fonds sablo-vaseux. Possible de la surface à plus de 200 m ; en Provence, autrefois entre 10 et 40 m, aujourd'hui surtout au-delà de 35 à 40 m.
Profondeur : 0 – 200 m
Repères pour le plongeur
Grosse ascidie méditerranéenne camouflée sous les algues et les éponges, que l'on reconnaît à ses deux siphons striés de rouge violacé. Devenue rare en Provence depuis les mortalités de 1999, elle se cherche surtout vers 40 m ; approchez sans souffler sur ses siphons.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Filtreur : l'eau entre par le siphon buccal, traverse le sac branchial où sont retenues les particules, notamment des microalgues, puis ressort par le siphon cloacal.
Reproduction
Hermaphrodite. Reproduction en fin de saison chaude, de septembre à novembre, avec émission des gamètes dans l'eau en octobre et novembre.
Conservation
Non évalué (UICN)
Non évaluée (NE) sur la liste rouge mondiale de l'UICN (GBIF, consulté le 15 octobre 2026). DORIS la juge en voie de disparition en Provence : pêche intensive pour ses gonades et mortalités massives à partir de 1999.
Espèces ressemblantes
- Violet de roche (Microcosmus polymorphus) : plus petit, aux siphons plus courts et rouge foncé, parfois rayés de bandes claires.
- Microcosmus vulgaris : même taille, mais siphons longs, blanchâtres ou rose pâle, sans ligne violette ; il vit entre 90 et 200 m, hors des zones de plongée.
- Pyura dura : un peu plus petite et très concrétionnée, aux siphons plus courts, rose soutenu, à fines bandes blanches.
Classification
- Règne
- Végétal / algue
- Groupe
- Invertébrés
Identification
Malgré son rangement parmi la « flore » du site, l’ascidie est un animal. Elle appartient même aux chordés, l’embranchement des vertébrés, dans le groupe des tuniciers. Le Microcosmus sabatieri, que les Provençaux appellent violet ou figue de mer, est une grosse ascidie solitaire en forme d’outre ou de pomme de terre. Il mesure en général 10 à 16 cm et atteint 25 cm au plus.
Sa tunique, très coriace, est jaune brun foncé, un peu rougeâtre, et ridée par endroits. Vous la verrez rarement, car elle porte presque toujours un manteau d’algues, d’éponges, de bryozoaires ou d’hydraires. Ce camouflage explique son nom de genre, qui signifie « petit monde ». Contractée, l’ascidie devient presque invisible. Détendue, elle ne laisse dépasser que ses deux siphons. Le critère décisif est là : chaque siphon porte huit stries rouge à rose violacé, qui alternent avec des zones claires plus larges, et un fin anneau blanc à l’intérieur. Le siphon inhalant est plus gros et plus long que l’exhalant.
DORIS prévient que les ascidies de cette famille se distinguent mal sous l’eau. Le violet de roche (M. polymorphus) est plus petit, avec des siphons plus courts et rouge foncé. M. vulgaris a des siphons longs, blanchâtres ou rose pâle, sans ligne violette. Pyura dura, plus petite et très concrétionnée, a des siphons rose soutenu rayés de fines bandes blanches.
Où et quand l’observer en France
Le violet est endémique de la Méditerranée. Il vit surtout dans le bassin occidental, en Adriatique et en mer Égée. Les sources consultées ne le signalent ni en Bretagne ni en Manche. Il se fixe par sa face ventrale sur la roche, le coralligène ou des structures artificielles, plus rarement sur des débris coquilliers.
L’espèce peut vivre de la surface à plus de 200 m. Sur le littoral provençal, on la trouvait autrefois entre 10 et 40 m. Depuis les mortalités de 1999, les observations y sont rares et surtout faites vers 40 m. En 2010, les quelques individus repérés près de Marseille se trouvaient au-delà de 35 m. Elle reste visible toute l’année.
Biologie et comportement
L’ascidie filtre l’eau de mer. L’eau entre par le siphon buccal, traverse le sac branchial où sont retenues les particules, dont des microalgues, puis ressort par le siphon cloacal. L’animal est hermaphrodite. Il se reproduit en fin de saison chaude, de septembre à novembre, et libère ses gamètes en octobre et novembre. Face au plongeur, la réaction est immédiate. Une variation de pression près des siphons suffit pour qu’il les ferme en expulsant un jet d’eau, puis se rétracte. C’est le meilleur moyen de le distinguer d’une éponge.
Statut et protection
L’espèce n’a pas été évaluée par l’UICN : GBIF indique le statut « NE » à la date de consultation (15 octobre 2026). DORIS la considère pourtant comme en voie de disparition sur nos côtes. Les gonades sont consommées crues, et la récolte a longtemps été intensive. S’y sont ajoutées les épidémies de 1999, qui ont frappé de nombreux invertébrés fixés en Provence et en Ligurie, peut-être en lien avec des températures anormalement élevées. Nous n’avons pas trouvé de texte de protection propre à l’espèce en France.
Bien l’observer et la photographier
Cherchez d’abord les siphons, pas l’animal : sur une paroi coralligène vers 40 m, repérez deux petits orifices rayés de violet au milieu d’un buisson d’algues ou d’éponges. Approchez lentement, de côté, en expirant loin de la tête. Un nuage de bulles ou un coup de palme près des siphons suffit à les faire fermer, et vous ne photographierez plus qu’une bosse informe. Un objectif macro et un éclairage rasant font ressortir les stries et l’anneau blanc.
Ne le touchez pas, ne grattez pas son camouflage pour voir la tunique et ne le prélevez pas : l’espèce est devenue rare.