Fiche n° 1269 · Faune · Poissons

Hippocampe à long nez

Hippocampus reidi

Amérique Caraïbes Guadeloupe

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/guadeloupe-faune-hippocampe-a-long-nez/

Hippocampe à long nez (Hippocampus reidi)
Photo : Kaldari — CC0 — source

Clé d'identification

  • Silhouette d'hippocampe : tête à angle droit avec le corps, queue préhensile, corps cuirassé d'anneaux osseux.
  • Museau long et épais, en forme de tube.
  • Minuscules points noirs dispersés sur tout le corps, quelle que soit la couleur de fond.
  • Couleur variable, du jaune au brun.
  • Environ 10 cm en position accrochée, 17,5 cm au maximum queue dépliée ; 15 à 18 rayons à la dorsale.

Noms

Nom usuel
Hippocampe à long nez
Nom scientifique
Hippocampus reidi
Autres noms
Hippocampe à long museau · Longsnout seahorse · Slender seahorse · Caballito hocico largo
Synonymes
Hippocampus obtusus · Hippocampus poeyi

Distribution géographique

Atlantique ouest, de la Caroline du Nord au Brésil, Bahamas, Bermudes et mer des Caraïbes compris. Peu commun dans la plupart des régions, mais localement fréquent (FishBase). En Guadeloupe, DORIS publie plusieurs photos prises à Port-Louis, entre 4,5 et 6 m ; GBIF recense quelques dizaines d'observations dans l'archipel.

Zones : Caraïbes · Guadeloupe — Amérique

Biotope

Généralement accroché à une gorgone, une éponge-corde ou une plante marine des herbiers ; parfois sous les sargasses flottantes ou nageant en pleine eau. De 0 à 55-60 m, mais le plongeur le rencontre surtout dans les 15 premiers mètres.

Profondeur : 0 – 60 m

Repères pour le plongeur

Hippocampe jaune à brun, au museau long et piqueté de points noirs, souvent accroché par la queue à une gorgone ou à une éponge-corde dans peu d'eau. Il compte sur son camouflage, pas sur la fuite : ne le touchez jamais et évitez le flash répété.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Microphage : il aspire du zooplancton, des œufs de poissons et de minuscules crustacés comme les mysidacés, avec son museau en pipette. Ses yeux bougent indépendamment l'un de l'autre pour repérer les proies.

Reproduction

Monogame, en couples qui partagent un domaine sans défendre de territoire exclusif (FishBase). Après une parade de plusieurs jours, la femelle transfère ses œufs dans la poche incubatrice du mâle, qui les féconde et les porte environ deux semaines. Les jeunes mesurent 7 mm à la sortie ; maturité vers 8 mois et 8 cm (DORIS).

Conservation

Quasi menacé (UICN)

Quasi menacé (NT) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, critères A2d+4d, évaluation du 4 octobre 2016 selon FishBase. Inscrit à l'annexe II de la CITES, qui encadre le commerce international. Menaces : destruction des herbiers et des récifs, pollution, prélèvements pour l'aquariophilie, la pharmacopée asiatique et les souvenirs séchés.

Espèces ressemblantes

  • Hippocampus zosterae : museau court, 10 à 13 rayons dorsaux, pas de petits points noirs.
  • Hippocampus erectus : 18 à 21 rayons dorsaux, tête et corps généralement marqués de lignes sombres plutôt que de points.

Classification

Règne
Animal
Groupe
Poissons

Identification

L’hippocampe à long nez a la silhouette inimitable des hippocampes : une tête à angle droit avec le corps, un corps cuirassé de 39 à 42 anneaux osseux et une queue préhensile qui lui sert à s’accrocher. Il mesure environ 10 cm lorsqu’il est enroulé, 15 cm queue dépliée, et 17,5 cm au maximum.

Deux critères permettent de le reconnaître. D’abord son museau, long et épais. Ensuite les minuscules points noirs dispersés sur tout le corps, qu’il soit jaune ou brun : sa couleur de fond varie, ses points restent. Sa nageoire dorsale compte 15 à 18 rayons, un critère utile sur photo.

Deux autres hippocampes vivent dans la même région. Hippocampus zosterae a un museau court et pas de points noirs. Hippocampus erectus a plus de rayons dorsaux (18 à 21) et porte plutôt des lignes sombres.

Où et quand l’observer en Guadeloupe

L’espèce vit de la Caroline du Nord au Brésil, dans toute la mer des Caraïbes. FishBase la dit peu commune dans la plupart des régions, mais localement fréquente. En Guadeloupe, GBIF recense quelques dizaines d’observations, et DORIS publie plusieurs photos prises à Port-Louis, entre 4,5 et 6 m, dont l’une sur le site de l’Aquarium.

Cherchez-le accroché à une gorgone, à une éponge-corde ou aux plantes des herbiers. Il nage parfois en pleine eau ou se cache sous les sargasses flottantes. Il vit jusqu’à 55 m, mais on le trouve surtout dans les 15 premiers mètres. Il ne migre pas et s’observe toute l’année.

Biologie et comportement

L’hippocampe nage lentement, en position verticale, en faisant vibrer sa nageoire dorsale. Il ne peut pas fuir : il compte sur son camouflage. DORIS note sa prédilection pour les éponges-cordes, assez fines pour qu’il s’y enroule et assez proches de sa couleur pour qu’il s’y fonde. Il aspire de minuscules proies (zooplancton, œufs de poissons, mysidacés) avec son museau en pipette. Ses yeux bougent indépendamment, comme ceux d’un caméléon.

Les couples sont monogames et partagent un domaine sans le défendre. Après une parade de plusieurs jours, la femelle dépose ses œufs jaune-orangé dans la poche incubatrice du mâle. C’est lui qui les féconde et les porte, environ deux semaines selon la température. Les jeunes mesurent 7 mm à la sortie de la poche.

Statut et protection

L’UICN classe l’espèce « Quasi menacée » (NT), évaluation du 4 octobre 2016 selon FishBase, en raison d’un déclin passé et attendu lié à l’exploitation. Comme tous les hippocampes, elle est inscrite à l’annexe II de la CITES. Elle souffre de la destruction des herbiers, de la pollution et du commerce : aquariophilie, pharmacopée asiatique, souvenirs séchés. N’achetez jamais d’hippocampe séché en voyage.

Bien l’observer et la photographier

C’est un sujet de macro idéal, mais fragile. Ne le touchez pas, ne le décrochez pas de son support et ne le déplacez pas pour une meilleure photo : DORIS rappelle qu’on peut facilement le blesser. Approchez en douceur, palmes loin de l’herbier, et limitez le nombre de déclenchements au flash, puis laissez-le tranquille. Signalez-le à votre guide plutôt que d’attirer tout le groupe dessus en même temps.

Sources