Fiche n° 1285 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)

Gorgone plume

Antillogorgia americana

Amérique Caraïbes Guadeloupe

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/guadeloupe-flore-gorgone-plume/

Clé d'identification

  • Colonie en plume (pennée) : un axe principal cylindrique portant de longues ramilles souples et régulières.
  • Ramilles le plus souvent opposées deux à deux de part et d'autre des branches.
  • Polypes alignés en rangée le long des bords aplatis des ramilles.
  • Couleur violette à beige-brun clair.
  • Colonie très gluante au toucher : elle produit beaucoup de mucus.
  • Jusqu'à 1,5 m de haut.

Noms

Nom usuel
Gorgone plume
Nom scientifique
Antillogorgia americana
Autres noms
Gorgone des Antilles · Slimy sea plume
Synonymes
Pseudopterogorgia americana · Gorgonia americana · Pterogorgia americana · Pterogorgia ellisiana

Distribution géographique

Atlantique ouest tropical : Bermudes, sud de la Floride, Bahamas et Antilles. En Guadeloupe, GBIF recense une douzaine d'observations rapportées à cette espèce, et DORIS illustre sa fiche du genre Antillogorgia d'une photo prise à Bouillante.

Zones : Caraïbes · Guadeloupe — Amérique

Biotope

Fonds durs peu profonds jusqu'aux récifs profonds, en eau claire, de 1 à 50 m.

Profondeur : 1 – 50 m

Repères pour le plongeur

Ces grandes plumes violettes ou beiges qui ondulent avec la houle sont des gorgones du genre Antillogorgia. Les distinguer entre elles à l'œil nu est presque impossible : profitez du spectacle sans les toucher.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Filtreur : ses polypes à huit tentacules captent le plancton. Ses tissus abritent aussi de nombreuses zooxanthelles, algues symbiotiques qui lui fournissent des sucres par photosynthèse.

Reproduction

Peu documentée pour cette espèce. Comme les autres anthozoaires, elle libère ses gamètes par la bouche des polypes ; la larve planula dérive puis se fixe sur un support dur.

Conservation

Non évalué (UICN)

Non évaluée par l'UICN (NE) selon SeaLifeBase, qui la liste encore sous son ancien nom Pseudopterogorgia americana (liste rouge version 2025-2). Pas de statut CITES. Ne figure pas dans l'arrêté du 25 avril 2017 sur les coraux protégés des Antilles françaises. Ses métabolites secondaires découragent la plupart des prédateurs, sauf la monnaie caraïbe à ocelles (Cyphoma gibbosum).

Espèces ressemblantes

  • Antillogorgia rigida et Antillogorgia acerosa : mêmes plumes ; on ne les sépare avec certitude qu'en examinant au microscope les sclérites (petites pièces calcaires) des tissus.
  • Gorgone éventail (Gorgonia ventalina) : même famille, mais forme un éventail plat en treillis et non une plume.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Cnidaires (coraux & anémones)

Identification

La gorgone plume est un animal, pas une algue. C’est une colonie d’octocoralliaires (famille des Gorgoniidae) : de petits polypes à huit tentacules reliés par un squelette souple. Le site la range en « flore » parce qu’elle vit fixée. Les anciens guides la nomment Pseudopterogorgia americana ; les espèces caraïbes de ce genre ont été déplacées dans le genre Antillogorgia en 2012.

Elle a la forme d’une grande plume. Un axe cylindrique porte de longues ramilles souples, régulières, le plus souvent opposées deux à deux. Les polypes sont alignés en rangée le long des bords aplatis des ramilles. La colonie, violette à beige-brun clair, atteint 1,5 m de haut. Son trait le plus net : elle produit beaucoup de mucus et paraît très gluante, d’où son nom anglais de slimy sea plume.

Soyons honnêtes : sous l’eau, on ne peut pas affirmer qu’une plume est A. americana. Reef Guide rappelle que plusieurs espèces du groupe sont presque impossibles à distinguer à l’œil. La séparation se fait au microscope, sur les sclérites, de minuscules pièces calcaires contenues dans les tissus. Dites plutôt « gorgone plume » ou « Antillogorgia sp. », comme DORIS, qui traite le genre dans une seule fiche.

Où et quand l’observer en Guadeloupe

L’espèce est signalée aux Bermudes, dans le sud de la Floride, aux Bahamas et dans les Antilles. En Guadeloupe, GBIF recense une douzaine d’observations rapportées à A. americana. DORIS illustre sa fiche du genre Antillogorgia avec une photo prise à Bouillante, sur la côte sous le vent.

Elle vit des fonds durs peu profonds jusqu’aux récifs profonds, en eau claire, de 1 à 50 m. Les colonies des petits fonds sont accessibles dès le snorkeling. Fixée, elle s’observe toute l’année.

Biologie et comportement

Ses polypes filtrent le plancton apporté par le courant. Ses tissus abritent aussi de nombreuses zooxanthelles, des algues microscopiques qui lui fournissent des sucres par photosynthèse. Ses polypes se rétractent lentement et restent souvent ouverts.

Ses tissus contiennent des métabolites secondaires qui découragent la plupart des prédateurs. La monnaie caraïbe à ocelles (Cyphoma gibbosum) fait exception : ce petit gastéropode ne mange que des gorgones et broute surtout les tissus près de la base de la colonie. DORIS note qu’il pullule parfois en Guadeloupe, au détriment des gorgones. La reproduction de l’espèce est peu décrite ; comme les autres anthozoaires, elle produit une larve planula qui se fixe sur un support dur.

Statut et protection

SeaLifeBase, qui la liste encore sous le nom de Pseudopterogorgia americana, indique qu’elle n’est pas évaluée par l’UICN (NE) et n’a pas de statut CITES. Elle ne fait pas partie de l’arrêté du 25 avril 2017, qui protège seize coraux durs aux Antilles françaises. Dans le cœur du Parc national de la Guadeloupe, comme aux îlets Pigeon, le parc demande de ne rien prélever et de ne toucher à rien de vivant.

Bien l’observer et la photographier

Les plumes ondulent avec la houle : en photo, une vitesse un peu rapide fige le mouvement. Un contre-jour vers la surface fait ressortir leur silhouette, et une approche en macro montre les rangées de polypes ouverts. C’est aussi un bon endroit pour chercher la monnaie caraïbe à ocelles, posée sur les branches.

Ne prenez jamais appui sur une gorgone et ne tirez pas sur les ramilles pour vérifier si elles sont gluantes. Gardez vos distances avec les palmes : sur un platier peu profond, la houle vous pousse vite contre les colonies.

Sources