Fiche n° 1262 · Faune · Poissons
Poisson-papillon à quatre yeux
Chaetodon capistratus
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/guadeloupe-faune-poisson-papillon-a-quatre-yeux/
Clé d'identification
- Corps ovale, haut et très aplati, de 10 à 15 cm au maximum.
- Gros ocelle noir cerclé de blanc de chaque côté, sous l'arrière de la nageoire dorsale.
- Fines lignes sombres obliques qui se rejoignent au milieu du flanc en chevrons pointés vers l'avant.
- Bande noire verticale qui traverse l'œil, du haut de la tête au menton.
- Corps gris clair passant au jaune pâle, pelviennes jaunes.
- Juvénile : un second ocelle sur la dorsale molle et deux barres sombres verticales.
Noms
- Nom usuel
- Poisson-papillon à quatre yeux
- Nom scientifique
- Chaetodon capistratus
- Autres noms
- Papillon à quatre yeux · Papillon kat'zié · Kété · Foureye butterflyfish · Mariposa de cuatro ojos
- Synonymes
- Chaetodon bricei
Distribution géographique
Atlantique ouest, du Massachusetts (juvéniles seulement au nord de la Floride) et des Bermudes aux Antilles et au nord de l'Amérique du Sud, Bahamas et golfe du Mexique compris. DORIS le présente comme le poisson-papillon le plus commun aux Antilles et publie des photos prises à Malendure (Bouillante). GBIF recense plusieurs centaines d'observations en Guadeloupe.
Zones : Caraïbes · Guadeloupe · Réserve Cousteau — Amérique
Biotope
Récifs coralliens riches et peu profonds : lagons, platiers et pentes externes, de 2 à 20 m. Les juvéniles fréquentent plutôt les herbiers. La nuit, il se cache dans les anfractuosités du récif.
Profondeur : 2 – 20 m
Repères pour le plongeur
Petit poisson-papillon gris et jaune, avec un faux œil noir près de la queue, souvent en couple sur les récifs peu profonds. C'est le poisson-papillon le plus commun des Antilles, et il se laisse facilement approcher.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Surtout des polypes de coraux et de zoanthaires, mais aussi des gorgones, des ascidies et des vers polychètes. Ces proies étant peu nourrissantes, il passe l'essentiel de sa journée à picorer.
Reproduction
Ovipare, sexes séparés et fixes. Les partenaires forment des couples, souvent pour la vie, qui montent vers la surface pour libérer œufs et laitance en même temps. Œufs et larves pélagiques ; éclosion en une journée, installation sur le récif environ deux mois plus tard, vers 12 à 15 mm (DORIS).
Conservation
Préoccupation mineure (UICN)
Préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 7 octobre 2009 selon FishBase. Un peu prélevé pour l'aquariophilie, sans être menacé selon DORIS. FishBase signale des cas de ciguatera.
Espèces ressemblantes
- Poisson-papillon rayé (Chaetodon striatus) : ressemble au juvénile du quatre-yeux, mais n'a jamais d'ocelle et garde toute sa vie ses larges bandes noires verticales ; ses pelviennes sont noires.
Classification
- Règne
- Animal
- Groupe
- Poissons
Identification
C’est un petit poisson-papillon, de 10 à 15 cm au maximum, au corps ovale et très aplati. Le corps est gris clair et passe au jaune pâle vers le bas, avec des pelviennes jaunes. De fines lignes sombres obliques descendent vers le milieu du flanc, où elles se rejoignent en chevrons pointés vers l’avant.
Son nom vient de l’ocelle : de chaque côté, sous l’arrière de la nageoire dorsale, un gros point noir cerclé de blanc imite un œil. Le vrai œil, lui, est masqué par une bande noire verticale qui traverse la tête jusqu’au menton. Deux vrais yeux, deux faux : quatre yeux.
Le juvénile porte un second ocelle sur la partie molle de la dorsale et deux barres sombres verticales en travers du corps. À ce stade, on peut le confondre avec le poisson-papillon rayé (Chaetodon striatus). Celui-ci n’a jamais d’ocelle, garde ses larges bandes noires toute sa vie et a les pelviennes noires.
Où et quand l’observer en Guadeloupe
L’espèce vit dans l’Atlantique ouest, des Bermudes au nord de l’Amérique du Sud. DORIS la présente comme le poisson-papillon le plus commun aux Antilles, et GBIF recense plusieurs centaines d’observations en Guadeloupe. Parmi les photos publiées par DORIS figurent des clichés pris à Malendure, sur la côte de Bouillante qui fait face aux îlets Pigeon (cœur du Parc national de la Guadeloupe), notamment sur l’épave du Franjack à 15 m.
Cherchez-le sur les récifs coralliens riches et peu profonds, entre 2 et 20 m : lagons, platiers, pentes externes. Les juvéniles préfèrent les herbiers. La nuit, il se cache dans les trous du récif pour échapper aux murènes et aux requins. Il s’observe toute l’année.
Biologie et comportement
Le poisson-papillon à quatre yeux picore surtout des polypes de coraux et de zoanthaires, ainsi que des gorgones, des ascidies et des vers. Ces proies sont peu nourrissantes : il passe donc la plus grande partie de la journée à se nourrir.
L’ocelle aurait deux rôles selon DORIS. Il trompe les prédateurs sur la taille de la proie et sur le sens de sa fuite. Il servirait aussi de signal entre congénères : des partenaires séparés se présentent de flanc, ocelle bien visible, jusqu’à se retrouver. On le voit seul, en couple ou en petits groupes d’une quinzaine d’individus. Les couples, souvent formés pour la vie, montent vers la surface pour frayer. Œufs et larves dérivent dans le plancton pendant environ deux mois.
Statut et protection
L’UICN classe l’espèce en « Préoccupation mineure » (LC), évaluation du 7 octobre 2009 selon FishBase. Elle intéresse un peu l’aquariophilie sans être menacée. Dans le cœur marin des îlets Pigeon, la pêche de loisir est interdite et tout contact avec la faune et la flore fixées est considéré comme une atteinte (Parc national de la Guadeloupe).
Bien l’observer et la photographier
C’est l’un des poissons les plus faciles à approcher en plongée. Restez à l’horizontale, à bonne distance du récif, et laissez le couple tourner autour de vous plutôt que de le suivre. Pour la photo, cadrez de profil pour montrer l’ocelle et la bande qui masque l’œil ; un couple côte à côte fait une belle image. Ne touchez pas les coraux sur lesquels il se nourrit et ne le nourrissez pas.