Fiche n° 1288 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)

Zoanthaire encroûtant

Palythoa caribaeorum

Amérique Caraïbes Guadeloupe

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/guadeloupe-flore-zoanthaire-encroutant/

Zoanthaire encroûtant (Palythoa caribaeorum)
Photo : Diving Canary Island — CC BY-SA 4.0 — source

Clé d'identification

  • Tapis continu et charnu de petits polypes soudés par une base commune, plaqué sur la roche ou le récif.
  • Polypes de 0,6 à 1,3 cm de diamètre, serrés les uns contre les autres.
  • Couronne de courts tentacules sur le bord du disque de chaque polype.
  • Couleur beige, brun clair à blanchâtre ou jaunâtre ; aspect mat.
  • Tissu mou, sans squelette calcaire, contrairement aux coraux durs.

Noms

Nom usuel
Zoanthaire encroûtant
Nom scientifique
Palythoa caribaeorum
Autres noms
Zoanthaire caraïbe brun · Zoanthaire caraïbe · White encrusting zoanthid · Caribbean sea mat
Synonymes
Palythoa caribaea · Polythoa caraibeorum

Distribution géographique

Atlantique ouest tropical : Caraïbes, Bahamas, Floride, golfe du Mexique et côtes du Brésil. En Guadeloupe, GBIF recense plus de 300 observations ; DORIS illustre sa fiche d'une photo prise en Martinique, à 3-4 m.

Zones : Caraïbes · Guadeloupe — Amérique

Biotope

Récifs coralliens et fonds rocheux de la zone de balancement des marées et des petits fonds, en pleine lumière comme à l'ombre ; il y couvre souvent des surfaces assez étendues.

Profondeur : 0 – 12 m

Repères pour le plongeur

Ce tapis beige de petits polypes serrés couvre la roche dès les premiers mètres, souvent en snorkeling. Ne le touchez jamais à mains nues : le genre Palythoa est connu pour produire la palytoxine, une toxine très puissante.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Zooxanthellé : des algues symbiotiques logées dans ses tissus lui fournissent une partie de son énergie par photosynthèse ; les polypes capturent aussi du plancton et des particules.

Reproduction

Sexuée : les gamètes sortent par la bouche et donnent une larve planula planctonique qui se fixe ensuite. Asexuée : la colonie s'étend par bourgeonnement, les nouveaux polypes restant reliés aux anciens.

Conservation

Non évalué (UICN)

Non évalué par l'UICN (NE) selon SeaLifeBase (liste rouge version 2025-2), ni par la CITES ou la CMS. Pas de réglementation propre en Guadeloupe. Le genre Palythoa produit de la palytoxine : des intoxications ont été rapportées chez des aquariophiles après contact avec des zoanthaires.

Espèces ressemblantes

  • Corail moutarde (Porites astreoides) : même teinte jaune-beige vue de loin, mais c'est un corail dur, à squelette calcaire et à surface poreuse, sans tapis de polypes charnus.
  • Zoanthaires du genre Zoanthus : polypes souvent plus colorés (verts, roses), qui n'incorporent pas de sable dans leurs tissus.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Cnidaires (coraux & anémones)

Identification

Le zoanthaire encroûtant est un animal. C’est un cnidaire de l’ordre des zoanthaires (famille des Sphenopidae), cousin des anémones de mer. Le site le range en « flore » parce qu’il vit fixé. DORIS le classe parmi les « anémones encroûtantes » sous le nom provisoire de zoanthaire caraïbe brun.

Il ne vit pas seul. Des centaines de petits polypes, de 0,6 à 1,3 cm de diamètre, sont soudés par une base charnue commune et forment un tapis continu sur la roche. Chaque polype porte une couronne de courts tentacules sur le bord de son disque. La teinte varie du beige au brun clair, au blanchâtre ou au jaunâtre, avec un aspect mat.

De loin, une plaque beige peut faire penser à un corail dur comme le corail moutarde. La différence se voit de près : le zoanthaire est mou, sans squelette calcaire, et ses polypes charnus se touchent comme des pastilles.

Où et quand l’observer en Guadeloupe

L’espèce vit dans l’Atlantique ouest tropical : Caraïbes, Bahamas, Floride, golfe du Mexique et Brésil. En Guadeloupe, GBIF recense plus de 300 observations. La fiche DORIS, encore en proposition, est illustrée d’une photo prise en Martinique, à 3-4 m.

Cherchez-le sur les petits fonds : SeaLifeBase le situe sur les récifs et les fonds rocheux, de la zone de balancement des marées jusqu’au subtidal, et Reef Guide entre 3 et 12 m environ. DORIS note qu’il couvre des surfaces assez étendues, au soleil comme à l’ombre. Il est visible toute l’année, souvent dès le snorkeling.

Biologie et comportement

Ses tissus abritent des zooxanthelles, des algues microscopiques qui lui cèdent une partie des sucres issus de leur photosynthèse. D’où sa présence dans les eaux claires et peu profondes. Les polypes capturent aussi du plancton et des particules en suspension.

Il se reproduit de deux façons. Les gamètes, libérés par la bouche, donnent une larve planula qui dérive avant de se fixer. La colonie grandit aussi par bourgeonnement : les nouveaux polypes restent reliés aux anciens, ce qui explique la taille des tapis.

Statut et protection

SeaLifeBase indique qu’il n’est pas évalué par l’UICN (NE), ni par la CITES ou la CMS. Aucune réglementation propre à l’espèce n’a été trouvée pour la Guadeloupe.

Ce n’est pas un animal anodin. Les zoanthaires des genres Palythoa et Zoanthus comptent parmi les principaux producteurs de palytoxine, une toxine très puissante. Une synthèse de 2010 cite P. caribaeorum parmi les sources testées. Les intoxications rapportées touchent surtout des aquariophiles qui avaient manipulé des zoanthaires, par contact avec la peau ou les yeux.

Bien l’observer et la photographier

Restez en flottabilité neutre au-dessus des colonies. Sur un platier peu profond, un coup de palme ou un genou posé suffit à arracher des polypes. Ne le touchez jamais à mains nues, et encore moins avec une coupure. Le Parc national de la Guadeloupe demande de toute façon de ne toucher à rien de vivant.

En photo, une colonie entière donne un bel aplat au grand-angle. En macro, cadrez quelques polypes ouverts avec leur couronne de tentacules. Approchez lentement et sans remuer le sédiment, qui retombe sur le tapis et voile l’image.

Sources