Fiche n° 1287 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)

Anémone à tentacules annelés

Bartholomea annulata

Amérique Caraïbes Guadeloupe Les Saintes

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/guadeloupe-flore-anemone-a-tentacules-anneles/

Clé d'identification

  • Nombreux tentacules longs, fins et translucides (100 à 200), plus longs au centre qu'à la périphérie.
  • Tentacules marqués de spirales ou d'anneaux blanchâtres, en tire-bouchon.
  • Bouche en fente entourée de blanc ou de jaune clair.
  • Pied caché dans une crevasse ou sous un bloc : on ne voit que la touffe de tentacules.
  • Jusqu'à 20 cm de diamètre, tentacules étendus.

Noms

Nom usuel
Anémone à tentacules annelés
Nom scientifique
Bartholomea annulata
Autres noms
Anémone serpentin · Anémone tire-bouchon · Anémone rasta · Corkscrew anemone · Ringed anemone
Synonymes
Actinia annulata · Aiptasia annulata · Actinia solifera · Aiptasia solifera

Distribution géographique

Atlantique ouest tropical : Bermudes, Floride, golfe du Mexique et Caraïbes jusqu'au nord de l'Amérique du Sud. Très commune selon DORIS ; en Guadeloupe, DORIS publie des photos prises à Petit-Canal, Port-Louis, Deshaies, Bouillante et aux Saintes, et GBIF y recense plus de 350 observations.

Zones : Caraïbes · Guadeloupe · Les Saintes — Amérique

Biotope

Récifs coralliens, zones caillouteuses avec poches de sable, abords des herbiers et des mangroves, surtout à faible profondeur ; le pied est enfoncé dans une crevasse, sous un bloc ou un surplomb.

Profondeur : 1 – 40 m

Repères pour le plongeur

Cette petite touffe de tentacules translucides aux spirales blanches se cache dans les crevasses des récifs guadeloupéens. Arrêtez-vous devant : c'est souvent le domicile d'une crevette nettoyeuse ou d'une crevette-pistolet.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Les jeunes mangent du zooplancton ; les adultes capturent aussi de petits crustacés, des vers et des larves, paralysés par leurs tentacules urticants. Des zooxanthelles logées surtout dans le disque lui fournissent des sucres par photosynthèse.

Reproduction

Hermaphrodite selon DORIS, avec reproduction pendant les mois les plus chauds ; larves planula planctoniques qui se fixent ensuite. Se multiplie aussi par lacération du pied : un fragment détaché donne une nouvelle anémone.

Conservation

Non évalué (UICN)

Non évaluée par l'UICN (NE) selon SeaLifeBase (liste rouge version 2025-2) ; pas de statut CITES. L'une des anémones les plus communes des récifs caraïbes ; NatureServe la juge « apparemment non menacée ». Aucune réglementation propre à l'espèce trouvée pour la Guadeloupe.

Espèces ressemblantes

  • Anémone à boutons (Ragactis lucida) : tentacules plus courts et trapus, ses cellules urticantes forment de petites sphères et non des spirales.
  • Aiptasia tagetes : un autre aiptasiidé de la même zone, que l'on peut confondre avec les jeunes anémones.
  • Anémone géante (Condylactis gigantea) : bien plus grosse, tentacules épais terminés par une boule colorée.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Cnidaires (coraux & anémones)

Identification

L’anémone à tentacules annelés est un animal : une anémone de mer (actiniaire, famille des Aiptasiidae), cousine des coraux. Le site la range en « flore » parce qu’elle vit fixée. DORIS la nomme anémone serpentin ; on l’appelle aussi anémone tire-bouchon.

On ne voit en général qu’une touffe de tentacules, car le pied reste caché dans une crevasse ou sous un bloc. Ces tentacules, 100 à 200 selon DORIS, sont longs, fins et translucides, plus longs au centre qu’au bord. Ils portent des spirales blanchâtres qui ressemblent à des anneaux ou à un tire-bouchon : c’est le critère décisif. La bouche, en fente, est bordée de blanc ou de jaune clair. Tentacules étendus, l’anémone atteint une vingtaine de centimètres.

Deux confusions possibles. L’anémone à boutons (Ragactis lucida) a des tentacules plus courts et trapus, ponctués de petites sphères et non de spirales. Les jeunes peuvent aussi ressembler à Aiptasia tagetes, de la même famille.

Où et quand l’observer en Guadeloupe

L’espèce vit dans l’Atlantique ouest tropical, des Bermudes et de la Floride aux Caraïbes, jusqu’au nord de l’Amérique du Sud. En Guadeloupe, elle est bien documentée : DORIS publie des photos prises à Petit-Canal, Port-Louis, Deshaies, Bouillante et aux Saintes, et GBIF y recense plus de 350 observations.

Cherchez-la sur les récifs, dans les zones de cailloux et de poches de sable, près des herbiers et des mangroves, surtout à faible profondeur. Elle vit de 1 à 40 m environ et s’observe toute l’année.

Biologie et comportement

Les jeunes anémones mangent du zooplancton. Les adultes capturent aussi de petits crustacés, des vers et des larves, paralysés par leurs tentacules urticants. Leurs tissus abritent des zooxanthelles, des algues microscopiques qui leur fournissent des sucres. Dérangée, l’anémone se rétracte dans sa crevasse, sans pouvoir rentrer complètement ses tentacules.

Elle héberge une petite faune. Son hôte favori est la crevette-pistolet Alpheus armatus, qui vit près du pied et la défend contre les vers de feu, ses prédateurs. La crevette nettoyeuse de Pederson (Ancylomenes pedersoni), longue de 2 à 3 cm, s’en sert de station de nettoyage : elle agite ses antennes blanches pour attirer les poissons, puis les débarrasse de leurs parasites. DORIS montre cette scène à Port-Louis, avec un mérou de Nassau ou une murène verte.

L’anémone est hermaphrodite et se reproduit pendant les mois les plus chauds. Elle se multiplie aussi en laissant un fragment de son pied, qui devient une nouvelle anémone.

Statut et protection

SeaLifeBase indique que l’espèce n’est pas évaluée par l’UICN (NE). C’est l’une des anémones les plus communes des récifs caraïbes, et NatureServe la juge « apparemment non menacée ». Ses prédateurs naturels sont les étoiles de mer, des nudibranches et des pycnogonides (araignées de mer). Elle n’a pas de réglementation propre en Guadeloupe, mais, dans le cœur du Parc national, le parc demande de ne rien prélever et de ne toucher à rien de vivant.

Bien l’observer et la photographier

Posez-vous à distance, en flottabilité neutre, au-dessus du sable plutôt que du récif. Attendez une minute : la crevette nettoyeuse finit souvent par sortir, et un poisson vient parfois se faire nettoyer. Ne tendez pas la main pour vous faire « nettoyer » les doigts : vous dérangez la station, et vos palmes risquent de toucher le fond.

En macro, éclairez les tentacules de côté pour faire ressortir les spirales blanches. Les crevettes sont presque transparentes : visez leurs yeux pour la mise au point. Ne touchez pas l’anémone, ses tentacules piquent.

Sources