Fiche n° 1286 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)

Anémone géante

Condylactis gigantea

Amérique Caraïbes Guadeloupe

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/guadeloupe-flore-anemone-geante/

Anémone géante (Condylactis gigantea)
Photo : Nick Hobgood (Nhobgood) — CC BY-SA 3.0 — source

Clé d'identification

  • Grande anémone solitaire, de 20 cm de diamètre en moyenne, jusqu'à 40 cm.
  • Une centaine de tentacules épais, parfois plus de 10 cm de long, à l'extrémité renflée et colorée (rose, violet, vert ou jaune).
  • Tentacules pâles, beige à verdâtre, parcourus de fines stries irrégulières.
  • Colonne rougeâtre à jaune orangé, souvent cachée par les tentacules.
  • Pied ancré dans une fissure de roche ; individus isolés, jamais en colonie.

Noms

Nom usuel
Anémone géante
Nom scientifique
Condylactis gigantea
Autres noms
Anémone géante des Antilles · Anémone géante des Caraïbes · Giant Caribbean anemone · Pink-tipped anemone · Anémona gigante del Caribe
Synonymes
Anthea gigantea · Condylactis passiflora

Distribution géographique

Atlantique ouest tropical : sud de la Floride, Bermudes, Bahamas, tout l'arc caraïbe et Brésil. En Guadeloupe, DORIS publie des photos prises entre 2 et 25 m, et GBIF y recense plus de 400 observations.

Zones : Caraïbes · Guadeloupe — Amérique

Biotope

Récifs exposés, lagons et herbiers, plutôt là où passent un courant ou une houle ; toujours ancrée sur un support dur, souvent une fissure de rocher. Aussi signalée sur des racines de palétuviers.

Profondeur : 2 – 30 m

Repères pour le plongeur

Avec ses tentacules terminés par une boule rose ou violette, l'anémone géante est facile à repérer sur les récifs de Guadeloupe. Approchez-vous lentement, sans la toucher, et cherchez les petites crevettes et crabes qui vivent entre ses tentacules.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Carnivore opportuniste : ses cellules urticantes paralysent de petites proies, portées ensuite à la bouche. Des zooxanthelles logées dans ses tentacules lui fournissent en plus des sucres par photosynthèse, ce qui la cantonne aux eaux éclairées.

Reproduction

Le plus souvent à sexes séparés, l'hermaphrodisme existe aussi. Fécondation interne ; les larves planula se développent dans la cavité gastrique, puis nagent librement avant de se fixer. Pic de reproduction au printemps, activité réduite le reste de l'année.

Conservation

Non évalué (UICN)

Non évaluée par l'UICN (NE) selon SeaLifeBase (liste rouge version 2025-2). Pas de protection particulière ; récolte interdite aux Bermudes. Recherchée en aquariophilie : au Brésil, les prélèvements l'ont fait disparaître localement à Arraial do Cabo.

Espèces ressemblantes

  • Anémone à tentacules annelés (Bartholomea annulata) : tentacules plus fins et translucides, marqués de spirales blanches, sans boule colorée au bout. DORIS estime qu'aucune autre anémone caraïbe ne se confond vraiment avec l'anémone géante.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Cnidaires (coraux & anémones)

Identification

L’anémone géante est un animal : une anémone de mer (actiniaire), parente des coraux et des méduses. Le site la range en « flore » parce qu’elle vit fixée. DORIS l’appelle anémone géante des Antilles.

Elle mesure environ 20 cm de diamètre et peut atteindre 40 cm. Une centaine de tentacules épais, certains longs de plus de 10 cm, entourent un disque oral d’une dizaine de centimètres. Ils sont pâles, beige à verdâtre, avec de fines stries irrégulières.

Le critère qui ne trompe pas : le bout des tentacules est renflé et coloré, souvent rose ou violet, parfois vert ou jaune. La colonne, rougeâtre à jaune orangé, reste en général cachée sous les tentacules. L’anémone vit seule, le pied ancré dans une fissure.

Où et quand l’observer en Guadeloupe

L’espèce vit dans l’Atlantique ouest tropical, du sud de la Floride et des Bermudes à tout l’arc caraïbe, jusqu’au Brésil. En Guadeloupe, elle est bien documentée : GBIF y recense plus de 400 observations, et DORIS publie des photos prises dans l’archipel entre 2 et 25 m.

Cherchez-la sur les récifs exposés, dans les lagons et les herbiers, plutôt là où passent un courant ou une houle. Elle a besoin d’un support dur, souvent une fissure de rocher, et d’eau éclairée. DORIS la situe entre 5 et 30 m environ, mais on la voit aussi plus près de la surface. Elle s’observe toute l’année.

Biologie et comportement

L’anémone géante chasse : ses cellules urticantes paralysent de petites proies, que les tentacules amènent à la bouche. Ses tentacules abritent aussi des zooxanthelles, des algues microscopiques qui lui donnent une partie de sa couleur et de son énergie. Elle peut se déplacer lentement sur son pied et se rétracte quand on la dérange.

C’est un petit immeuble vivant. DORIS cite comme hôtes réguliers la crevette nettoyeuse de Pederson (Ancylomenes pedersoni), la crevette du Yucatan, l’araignée de mer nez-pointu (Stenorhynchus seticornis), un petit crabe araignée, des juvéniles d’apogons et plusieurs blennies. Les crevettes se couvrent de son mucus pour ne pas être piquées. Pour l’humain, sa piqûre est faible.

Elle se reproduit surtout au printemps. Les larves se développent d’abord dans sa cavité gastrique, puis nagent librement avant de se fixer.

Statut et protection

SeaLifeBase indique que l’espèce n’est pas évaluée par l’UICN (NE). Elle ne bénéficie pas de protection particulière en France ; sa récolte est interdite aux Bermudes. Elle est vendue pour l’aquariophilie, et DORIS rapporte qu’au Brésil les prélèvements l’ont fait disparaître localement à Arraial do Cabo, près de Rio de Janeiro.

Bien l’observer et la photographier

Approchez-vous lentement, en flottabilité neutre, et arrêtez-vous à une distance où vos palmes ne remuent pas le sable. Une anémone dérangée rétracte ses tentacules et vous perdez la photo. Ne la touchez pas et ne glissez pas les doigts entre les tentacules pour faire sortir les crevettes.

En photo, un cadrage par le dessus montre la couronne entière et les boules colorées. En macro, visez les crevettes : elles sont transparentes, alors faites la mise au point sur leurs yeux ou leurs taches blanches. Le Parc national de la Guadeloupe rappelle de ne toucher à rien de vivant, fixé ou mobile.

Sources