Fiche n° 1278 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)
Corail cerveau labyrinthe
Diploria labyrinthiformis
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/guadeloupe-flore-corail-cerveau-labyrinthe/
Clé d'identification
- Colonie massive, souvent en dôme, de 15 cm à 2 m de diamètre, couverte de sillons qui rappellent un cerveau.
- Vallées étroites (5 à 10 mm), profondes et très sinueuses, qui tournent souvent à angle droit.
- Crêtes larges, creusées sur le dessus d'une rainure parfois plus large que les vallées : on croit voir deux sortes de sillons.
- Couleur brun-gris à brun-jaune, crêtes et vallées de teinte voisine.
- Tentacules des polypes sortis seulement la nuit.
Noms
- Nom usuel
- Corail cerveau labyrinthe
- Nom scientifique
- Diploria labyrinthiformis
- Autres noms
- Corail cerveau de Neptune · Corail-cerveau labyrinthe · Grooved brain coral · Labyrinthine brain coral · Coral cerebro
- Synonymes
- Madrepora labyrinthiformis · Maeandra labyrinthiformis · Coeloria labyrinthiformis · Diploria cerebriformis
Distribution géographique
Atlantique tropical ouest : Floride, Bahamas, Bermudes, golfe du Mexique et mer des Caraïbes jusqu'au Venezuela. En Guadeloupe, DORIS publie des photos prises aux îlets Pigeon et à Vieux-Fort (10 à 14 m) ; l'espèce était encore courante avant l'arrivée de la maladie SCTLD en 2020.
Zones : Caraïbes · Guadeloupe · Réserve Cousteau — Amérique
Biotope
La plupart des milieux récifaux, de 1 à 40 m selon DORIS (0 à 45 m selon SeaLifeBase), surtout entre 2 et 15 m dans les lagons et sur les pentes douces.
Profondeur : 1 – 45 m
Repères pour le plongeur
Ce gros dôme strié comme un cerveau est devenu très rare en Guadeloupe depuis la maladie de 2020. Si vous en trouvez un vivant, observez-le sans le toucher et signalez-le à votre club.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
L'essentiel de son énergie vient des zooxanthelles, micro-algues logées dans ses tissus ; la nuit, les polypes capturent aussi du plancton avec leurs tentacules urticants.
Reproduction
Hermaphrodite. Les gamètes sont libérés en pleine eau, de fin mai à fin juin dans les populations étudiées en Colombie, plus tôt que la plupart des coraux voisins. Les larves se fixent après 2 à 3 jours de dérive.
Conservation
En danger critique (UICN)
En danger critique (CR) sur la liste rouge de l'UICN, critère A3c, évaluation du 1er juin 2021 selon SeaLifeBase. Annexe II de la CITES. Très sensible à la SCTLD : en Guadeloupe, l'espèce était « quasi disparue » des récifs suivis fin 2022, selon Bouchon et al. (2023). Elle ne figure pas sur la liste des coraux protégés par l'arrêté du 25 avril 2017.
Espèces ressemblantes
- Pseudodiploria strigosa : surface plus lisse, vallées d'environ 6 mm, crêtes arrondies avec au plus une très fine rainure.
- Pseudodiploria clivosa : surface très irrégulière, vallées d'environ 4 mm, crêtes hautes et aiguës sans rainure.
- Colpophyllia natans : autre grand corail cerveau ; la distinction sur photo reste hasardeuse selon DORIS.
Classification
- Règne
- Végétal / algue
- Groupe
- Cnidaires (coraux & anémones)
Identification
Le corail cerveau labyrinthe est un animal. Le site le range dans la « flore » parce qu’il vit fixé au fond, comme les gorgones. C’est une colonie de polypes, parents des anémones, qui bâtissent un squelette calcaire massif : un corail dur constructeur de récif. DORIS le nomme « corail cerveau de Neptune ».
Il forme un dôme de 15 cm à 2 m de diamètre, couvert de sillons sinueux qui évoquent un cerveau. Les vallées, où vivent les polypes, sont étroites, profondes et tournent souvent à angle droit. Le détail qui le trahit se trouve sur les crêtes. Elles sont larges et creusées sur le dessus d’une rainure, parfois plus large que les vallées elles-mêmes. On a alors l’impression de voir deux sortes de sillons qui alternent. La couleur va du brun-gris au brun-jaune. Les tentacules ne sortent que la nuit.
Deux cousins vivent aux Antilles. Pseudodiploria strigosa a une surface plus lisse et des crêtes arrondies, sans vraie rainure. Pseudodiploria clivosa a une surface très irrégulière et des crêtes hautes et aiguës. Le grand corail cerveau Colpophyllia natans peut aussi prêter à confusion ; DORIS juge l’identification sur photo hasardeuse.
Où et quand l’observer en Guadeloupe
L’espèce vit dans l’Atlantique tropical ouest, de la Floride et des Bermudes au Venezuela. Elle fréquente la plupart des milieux récifaux, surtout entre 2 et 15 m, dans les lagons et sur les pentes douces. En Guadeloupe, DORIS publie des photos prises aux îlets Pigeon, dans la Réserve Cousteau, et à Vieux-Fort, entre 10 et 14 m.
Attention : ces observations datent d’avant 2020. Depuis l’arrivée de la maladie SCTLD, l’espèce est devenue très rare sur les récifs guadeloupéens suivis par les scientifiques. Une colonie vivante est aujourd’hui une belle trouvaille.
Biologie et comportement
Ce corail tire l’essentiel de son énergie des zooxanthelles, des micro-algues logées dans ses tissus qui font de la photosynthèse. La nuit, ses polypes déploient leurs tentacules urticants pour capturer du plancton. Il grandit très lentement, environ 3,5 mm par an : un dôme d’un mètre a donc plus d’un siècle.
Il est hermaphrodite. En Colombie, les colonies libèrent leurs gamètes entre fin mai et fin juin, plus tôt que la plupart des coraux voisins. Les larves se fixent après deux à trois jours de dérive. L’oursin diadème l’aide indirectement : en broutant les algues, il libère de la place pour les jeunes coraux.
Statut et protection
L’UICN classe l’espèce « En danger critique » (CR) depuis l’évaluation du 1er juin 2021, d’après SeaLifeBase. Elle figure à l’annexe II de la CITES. Sa principale menace est la maladie de perte de tissu des coraux durs (SCTLD). Apparue en Floride en 2014, elle a été découverte en Guadeloupe en mai 2020. Le bilan publié en 2023 par Claude Bouchon et ses collègues pour le Parc national classe le corail cerveau labyrinthe parmi les espèces « quasi disparues » des récifs étudiés : un ou deux individus seulement y étaient encore observés entre juin 2022 et janvier 2023.
Elle ne fait pas partie des seize coraux protégés par l’arrêté ministériel du 25 avril 2017.
Bien l’observer et la photographier
Ne touchez jamais un corail cerveau, même pour vous stabiliser : la SCTLD se transmet en partie par contact et par le sédiment, et vos mains ou votre matériel peuvent la déplacer d’une colonie à l’autre. Réglez votre flottabilité avant d’arriver et gardez vos palmes hautes. Pour la photo, un plan rapproché, éclairé de biais, montre bien la double rangée de sillons. Si vous voyez une bande blanche de tissu mort qui avance sur la colonie, signalez-la à votre club ou au Parc national.
Sources
- DORIS (FFESSM) : Diploria labyrinthiformis, Corail cerveau de Neptune
- WoRMS : Diploria labyrinthiformis (Linnaeus, 1758)
- SeaLifeBase : Diploria labyrinthiformis, Grooved brain coral
- Bouchon C. et al. (2023), Bilan de l’impact de la SCTLD sur les récifs coralliens de Guadeloupe, Parc national de la Guadeloupe
- Arrêté du 25 avril 2017 fixant la liste des coraux protégés en Guadeloupe, en Martinique et à Saint-Martin (AIDA, Ineris)
- GBIF : Diploria labyrinthiformis