Fiche n° 1283 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)

Corail moutarde

Porites astreoides

Amérique Caraïbes Guadeloupe

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/guadeloupe-flore-corail-moutarde/

Corail moutarde (Porites astreoides)
Photo : James St. John — CC BY 2.0 — source

Clé d'identification

  • Colonie en bosses arrondies, en croûte ou en plaque, jamais en doigts (seul Porites caraïbe sans forme digitée).
  • Surface bosselée couverte de minuscules calices serrés, d'aspect poreux.
  • Couleur jaune moutarde, jaune-vert ou brun pâle en eau claire ; grise à brun chocolat en profondeur.
  • Polypes souvent sortis le jour, donnant un aspect légèrement velouté.
  • Colonies le plus souvent petites ; dômes jusqu'à 60 cm environ.

Noms

Nom usuel
Corail moutarde
Nom scientifique
Porites astreoides
Autres noms
Mustard hill coral · Yellow porites · Yellow porous coral
Synonymes
Porites astraeoides · Porites guadalupensis · Neoporites astraeoides

Distribution géographique

Caraïbes et Atlantique ouest tropical, de la Floride et des Bahamas au Brésil ; aussi au large de l'Afrique de l'Ouest. En Guadeloupe, l'espèce est suivie sur les récifs de l'île, où elle a résisté à la maladie de perte de tissu des coraux durs (Bouchon et al., 2021) ; GBIF y recense plus d'une centaine d'observations.

Zones : Caraïbes · Guadeloupe — Amérique

Biotope

Toutes les zones du récif et les lagons, surtout en eau claire et peu profonde ; parfois libre sur des débris ou des galets. Le plus souvent à moins de 15 m, mais signalé jusqu'à 70 m.

Profondeur : 0 – 70 m

Repères pour le plongeur

Ces petites bosses jaune moutarde font partie du paysage de presque toutes les plongées peu profondes des Caraïbes. Faciles à repérer et à photographier, elles demandent juste une palme maîtrisée : un dôme cassé met des années à se reformer.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Zooxanthellé : ses algues symbiotiques lui fournissent l'essentiel de son énergie par photosynthèse, complétée par le plancton capturé par les polypes à six tentacules.

Reproduction

Colonies femelles ou hermaphrodites. Le sperme est libéré vers la nouvelle lune et féconde les ovules à l'intérieur d'autres polypes ; les larves sont incubées puis relâchées vers la pleine lune, dérivent et se fixent. La colonie grandit ensuite par bourgeonnement.

Conservation

Préoccupation mineure (UICN)

Préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 1er juin 2021 selon SeaLifeBase. Annexe II de la CITES. Peu sensible à la SCTLD : en Guadeloupe, les Porites figurent parmi les coraux les plus résistants à la maladie. Une synthèse de 2022 signale toutefois un recul récent de son abondance dans la Caraïbe.

Espèces ressemblantes

  • Porite digité (Porites porites) et autres Porites caraïbes : même surface poreuse, mais ils forment des doigts ou des branches, jamais des bosses.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Cnidaires (coraux & anémones)

Identification

Le corail moutarde est un animal : un corail dur (scléractiniaire) de la famille des Poritidae, qui construit un squelette calcaire. Le site le range en « flore » parce qu’il vit fixé. Son nom vient de sa couleur la plus fréquente, un jaune moutarde ou jaune-vert.

Il forme des bosses arrondies, des croûtes ou des plaques, mais jamais de doigts. C’est même le seul Porites des Caraïbes qui n’a pas de forme digitée. Sa surface bosselée est couverte de minuscules calices serrés qui lui donnent un aspect poreux. Les polypes, à six tentacules, sont souvent sortis le jour et rendent la surface un peu veloutée.

La couleur aide, sans suffire. En eau claire et peu profonde, il est jaune, jaune-vert, gris ou brun pâle. Plus bas ou à l’ombre, il vire au gris ou au brun chocolat. La plupart des colonies sont petites ; en eau calme, les dômes atteignent environ 60 cm.

Où et quand l’observer en Guadeloupe

L’espèce vit dans toute la Caraïbe et l’Atlantique ouest tropical, jusqu’au Brésil, et aussi au large de l’Afrique de l’Ouest. En Guadeloupe, elle fait partie des coraux étudiés par Bouchon et ses collègues sur les récifs de l’île, et GBIF y recense plus d’une centaine d’observations.

On la trouve dans toutes les zones du récif et dans les lagons. Elle préfère l’eau claire et peu profonde, le plus souvent à moins de 15 m, mais elle descend parfois bien plus bas : SeaLifeBase donne jusqu’à 70 m. Elle est visible toute l’année, dès le snorkeling.

Biologie et comportement

Ses tissus abritent des zooxanthelles, des algues microscopiques qui lui fournissent l’essentiel de son énergie. Les polypes capturent aussi du plancton.

Sa reproduction est originale. Certaines colonies sont femelles, d’autres hermaphrodites. Le sperme est libéré vers la nouvelle lune et féconde les ovules à l’intérieur d’autres polypes. Les larves sont incubées, puis relâchées vers la pleine lune. Elles dérivent quelque temps avant de se fixer. Sa croissance est lente : environ 3,5 mm par an dans de bonnes conditions.

Statut et protection

L’UICN classe l’espèce en « préoccupation mineure » (LC), selon une évaluation du 1er juin 2021 reprise par SeaLifeBase. Elle figure à l’annexe II de la CITES.

C’est l’une des rares bonnes nouvelles des récifs guadeloupéens. La maladie de perte de tissu des coraux durs (SCTLD) y a été observée en mai 2020 et touche environ la moitié des espèces de coraux durs. D’après Bouchon et ses collègues, les Porites, dont P. astreoides, font partie des espèces les plus résistantes. Le réseau AGRRA la range aussi parmi les espèces rarement ou pas touchées. Prudence quand même : une synthèse publiée en 2022 note un recul récent de son abondance dans la Caraïbe.

Bien l’observer et la photographier

Ses colonies vivent souvent en eau très peu profonde, là où la houle et les palmes font le plus de dégâts. Gardez une flottabilité neutre, ne vous agenouillez pas sur le récif et ne touchez pas les dômes. Avec sa croissance de quelques millimètres par an, un morceau cassé représente des années.

En photo, il fait un bon premier plan jaune dans un paysage récifal. De près, en macro, cadrez les polypes sortis et la texture poreuse. Un éclairage d’appoint rend son vrai jaune, qui tourne au vert ou au gris sans lumière.

Sources