Fiche n° 1282 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)

Corail laitue

Agaricia agaricites

Amérique Caraïbes Guadeloupe

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/guadeloupe-flore-corail-laitue/

Corail laitue (Agaricia agaricites)
Photo : NOAA — domaine public — source

Clé d'identification

  • Colonie très variable : croûte, coussin bosselé, plaques horizontales ou lames dressées irrégulières.
  • Surface en crêtes saillantes séparées par des vallées, disposées en arcs plus ou moins concentriques sur les plaques.
  • Lames dressées portant des polypes sur leurs deux faces.
  • Couleur beige, brune, brun-jaune ou brun violacé.
  • Polypes rentrés le jour, sortis la nuit.
  • Colonies de 8 cm à 1 m environ.

Noms

Nom usuel
Corail laitue
Nom scientifique
Agaricia agaricites
Autres noms
Lettuce coral · Purple lettuce coral · Tan lettuce-leaf coral
Synonymes
Madrepora agaricites · Undaria agaricites · Agaricia purpurea · Agaricia danai

Distribution géographique

Atlantique ouest tropical : Floride, Bahamas, golfe du Mexique, mer des Caraïbes jusqu'au Brésil (Fernando de Noronha, atoll das Rocas). Présent en Guadeloupe : DORIS l'illustre d'une photo de nuit prise à La Kaye (Bouillante), et GBIF y recense plusieurs dizaines d'observations.

Zones : Caraïbes · Guadeloupe — Amérique

Biotope

Récif frontal et arrière-récif, chenaux, lagons et bord des herbiers ; colonise volontiers les surfaces libres du récif. De 1 à 75 m.

Profondeur : 1 – 75 m

Repères pour le plongeur

Corail commun dans toute la Caraïbe, le corail laitue se repère en Guadeloupe à ses lames ondulées sous les surplombs ou à ses croûtes sur la roche. Revenez le voir en plongée de nuit : polypes sortis, il change complètement d'aspect.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Zooxanthellé : ses algues symbiotiques lui fournissent 70 à 95 % de son énergie. Le reste vient du plancton que les polypes capturent la nuit.

Reproduction

Hermaphrodite. Les gamètes passent dans la cavité gastrique et sortent par la bouche ; la larve planula dérive puis se fixe. Recrute beaucoup : les jeunes colonies sont fréquentes sur les surfaces libres du récif.

Conservation

Vulnérable (UICN)

Vulnérable (VU, critère A3c) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 1er juin 2021 selon SeaLifeBase. Annexe II de la CITES. Absent de l'arrêté du 25 avril 2017 sur les coraux protégés des Antilles françaises (qui protège en revanche trois autres agarices). Sensible au blanchissement ; classé « présumé sensible » à la SCTLD par le réseau AGRRA, faute de données suffisantes.

Espèces ressemblantes

  • Agaricia tenuifolia : lames plus petites, plus minces et plus découpées, au bord très fin, et rarement de plaques horizontales.
  • Agarice de Lamarck (Agaricia lamarcki) : grandes plaques étagées, polypes alignés dans les vallées en petites étoiles blanches. Espèce protégée aux Antilles françaises, contrairement au corail laitue.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Cnidaires (coraux & anémones)

Identification

Le corail laitue est un animal : un corail dur (scléractiniaire) de la famille des Agariciidae, qui construit un squelette calcaire. Le site le classe en « flore » parce qu’il vit fixé au récif. Il doit son nom à ses lames ondulées, qui rappellent des feuilles de salade.

Sa forme change beaucoup d’une colonie à l’autre. Il peut s’agir d’une simple croûte plaquée sur la roche, d’un coussin bosselé, ou d’un étagement de plaques horizontales surmontées de lames dressées. Ces lames portent des polypes sur leurs deux faces. Les colonies mesurent de quelques centimètres à 1 m environ.

Le meilleur critère est la surface. Des crêtes saillantes séparent des vallées où logent les polypes. Sur les plaques, ces vallées dessinent des arcs plus ou moins concentriques. La couleur va du beige au brun, au brun-jaune ou au brun violacé.

Deux confusions sont fréquentes. Agaricia tenuifolia forme des lames plus fines et plus découpées, rarement des plaques. L’agarice de Lamarck (Agaricia lamarcki) dessine de grandes plaques étagées, avec des polypes en petites étoiles blanches. Celle-ci est protégée aux Antilles françaises.

Où et quand l’observer en Guadeloupe

L’espèce vit dans l’Atlantique ouest tropical, de la Floride et des Bahamas au golfe du Mexique, à toute la mer des Caraïbes et au Brésil. En Guadeloupe, DORIS illustre sa fiche d’une photo de nuit prise à La Kaye, à Bouillante, et GBIF y compte plusieurs dizaines d’observations.

Vous le trouverez sur le récif frontal comme sur l’arrière-récif, dans les chenaux et les lagons, jusqu’au bord des herbiers, de 1 à 75 m. Les plaques s’étagent volontiers sur les tombants et sous les surplombs. Fixé, il s’observe toute l’année.

Biologie et comportement

Ses tissus abritent des zooxanthelles, des algues microscopiques qui couvrent 70 à 95 % de ses besoins en énergie. Le reste vient du plancton capturé la nuit par les polypes, quand ils se déploient.

L’espèce est hermaphrodite. Les gamètes sortent par la bouche et donnent une larve, la planula, qui dérive avant de se fixer. Le corail laitue recrute beaucoup : les jeunes colonies apparaissent vite sur les surfaces libres du récif.

Statut et protection

L’UICN classe l’espèce « vulnérable » (VU, critère A3c), selon une évaluation du 1er juin 2021 reprise par SeaLifeBase. Elle figure à l’annexe II de la CITES, comme tous les coraux durs. Elle ne fait pas partie des seize coraux de l’arrêté ministériel du 25 avril 2017, qui protège en revanche trois autres agarices des Antilles françaises : A. grahamae, A. lamarcki et A. undata.

Elle est sensible au blanchissement : lors de l’épisode El Niño de 1997, environ 80 % des colonies suivies au Brésil avaient blanchi. Pour la SCTLD, le réseau AGRRA la range parmi les espèces « présumées sensibles », sans données suffisantes pour aller plus loin.

Bien l’observer et la photographier

Repérez-le de jour, puis revenez de nuit sur la même colonie : les polypes sortis transforment son aspect. Une lumière rasante fait ressortir les crêtes concentriques, alors qu’un éclairage de face aplatit le relief.

Les plaques sont fines et cassantes. Stabilisez-vous au-dessus du sable ou en pleine eau, jamais sur la colonie, et surveillez vos palmes près des surplombs. Ne prélevez aucun fragment, même mort : les squelettes de corail relèvent de la CITES.

Sources