Fiche n° 1237 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)

Anémone géante des Caraïbes

Condylactis gigantea

Amérique Caraïbes Yucatán

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/mexique-flore-anemone-geante-des-caraibes/

Anémone géante des Caraïbes (Condylactis gigantea)
Photo : James St. John — CC BY 2.0 — source

Clé d'identification

  • Anémone solitaire, la plus grande des Caraïbes : environ 20 cm de large, jusqu'à 40 cm de diamètre.
  • Une centaine de tentacules longs (plus de 10 cm) et épais, striés de clair, blancs, beiges, jaunâtres ou vert pâle.
  • Extrémité des tentacules souvent renflée et colorée : rose, lavande, violette, jaune ou verte.
  • Colonne rougeâtre à jaune-orangé, en général cachée dans une anfractuosité et masquée par les tentacules.
  • Tentacules qui se rétractent dans la cavité gastrique quand on la dérange.

Noms

Nom usuel
Anémone géante des Caraïbes
Nom scientifique
Condylactis gigantea
Autres noms
Anémone géante des Antilles · Giant Caribbean anemone · Anémona gigante del Caribe
Synonymes
Condylactis gigantica · Anthea gigantea · Condylactis passiflora · Bunodes passiflora · Ilyanthopsis longifilis

Distribution géographique

Atlantique ouest tropical : arc caraïbe du sud de la Floride aux Antilles, Bahamas et Bermudes, et côte du Brésil. Au Mexique, la plupart des observations proviennent du Quintana Roo (Cozumel, côte caraïbe), quelques-unes du Yucatán et du Campeche.

Zones : Caraïbes · Yucatán — Amérique

Biotope

Récifs exposés, lagunes et herbiers, fixée sur un support dur dans une fissure ou sous un bloc, dans des eaux éclairées et brassées par le courant ou le ressac, entre 5 et 30 m.

Profondeur : 5 – 30 m

Repères pour le plongeur

La plus grande anémone des Caraïbes, aux tentacules clairs souvent terminés de rose ou de violet. Cherchez-la dans les fissures du récif et les herbiers, et observez les petites crevettes qui vivent entre ses tentacules sans la toucher.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Carnivore opportuniste : poissons, crevettes, moules, paralysés par les cellules urticantes des tentacules ; complément de sucres fournis par les zooxanthelles (algues symbiotiques) logées dans ses tissus.

Reproduction

Sexes en général séparés, hermaphrodisme possible ; reproduction sexuée surtout au printemps. Les larves planulas se développent dans la cavité gastrique, sont expulsées, nagent puis se fixent.

Conservation

Non évalué (UICN)

Non évaluée par l'UICN (NE), selon SeaLifeBase (liste rouge version 2025-2). Pas de protection particulière ; collecte interdite aux Bermudes. Au Brésil, les prélèvements pour l'aquariophilie l'ont fait disparaître localement à Arraial do Cabo.

Espèces ressemblantes

  • Aucune confusion possible dans les Caraïbes selon DORIS ; l'anémone soleil (Condylactis aurantiaca), très proche, vit en Méditerranée.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Cnidaires (coraux & anémones)

Identification

Malgré son classement dans la flore du site, l’anémone géante des Caraïbes est un animal : un cnidaire de l’ordre des actiniaires, famille des Actiniidés. Son nom scientifique valide est Condylactis gigantea ; la graphie « gigantica » est une erreur.

C’est la plus grande anémone de l’arc caraïbe. Un individu typique mesure environ 20 cm de large pour 15 cm de haut, et les plus grands atteignent 40 cm de diamètre. Elle porte une centaine de tentacules épais, longs de plus de 10 cm, finement striés de clair. Leur teinte va du blanc au beige, au jaunâtre ou au vert pâle, et leur extrémité, souvent un peu renflée, se colore de rose, de lavande, de violet, de jaune ou de vert. La colonne, rougeâtre à jaune-orangé, reste presque toujours cachée dans une fissure et sous les tentacules.

Chez les juvéniles, les tentacules portent de petites nodosités : c’est l’origine du nom de genre Condylactis. DORIS n’indique aucune confusion possible dans les Caraïbes. Sa plus proche parente, l’anémone soleil (Condylactis aurantiaca), vit en Méditerranée.

Où et quand l’observer au Mexique

L’espèce vit dans l’Atlantique ouest tropical, du sud de la Floride aux Antilles et jusqu’au Brésil. Weinland l’a décrite en 1860 dans un travail sur le golfe du Mexique. Au Mexique, l’essentiel des observations enregistrées dans GBIF vient du Quintana Roo, en particulier de Cozumel et de la côte caraïbe ; quelques-unes viennent du Yucatán et du Campeche. Elle n’est pas signalée côté Pacifique, ni dans les cénotes, qui sont des milieux d’eau douce ou saumâtre.

Cherchez-la sur les récifs exposés, dans les lagunes et en bordure d’herbiers, entre 5 et 30 m. Elle a besoin d’un support dur et se fixe dans une anfractuosité ou sous un bloc, dans une eau éclairée et brassée. Elle vit seule ou en petits groupes dispersés, jamais en colonie. On l’observe toute l’année.

Biologie et comportement

Elle chasse : ses tentacules paralysent avec leurs cellules urticantes des proies assez grosses, poissons, crevettes ou moules, qu’ils dirigent ensuite vers la bouche. Des algues symbiotiques, les zooxanthelles, vivent dans ses tissus, lui fournissent des sucres par photosynthèse et lui donnent sa couleur. C’est pourquoi elle reste en eau peu profonde et lumineuse.

Les sexes sont en général séparés. La reproduction a lieu surtout au printemps ; les larves se développent dans la cavité gastrique, sont expulsées, nagent puis se fixent. L’anémone peut ramper lentement, ou se détacher et dériver avant de se refixer.

Elle abrite une petite faune : la crevette du Yucatan (Periclimenes yucatanicus), la crevette de Pederson (Ancylomenes pedersoni), la crevette de Thor (Thor dicaprio), le crabe-flèche (Stenorhynchus seticornis), le crabe-araignée d’anémone (Mithraculus cinctimanus), des blennies Malacoctenus et des apogons juvéniles.

Statut et protection

SeaLifeBase indique que l’espèce n’a pas été évaluée par l’UICN (liste rouge version 2025-2) et ne figure pas à la CITES. DORIS précise qu’elle n’est pas protégée en tant que telle, mais que sa collecte est interdite aux Bermudes. Elle est vendue en aquariophilie : au Brésil, à Arraial do Cabo, des prélèvements allant jusqu’à 600 individus par semaine l’ont fait disparaître localement.

Bien l’observer et la photographier

DORIS la décrit comme très peu urticante pour l’homme, ce qui n’autorise pas à la toucher. Un contact ou un coup de palme lui fait rentrer ses tentacules, et la photo est perdue pour un bon moment. Stabilisez-vous au-dessus du sable ou du récif mort, à distance.

Le vrai sujet se cache souvent entre les tentacules : prenez le temps de chercher les crevettes transparentes et les petits crabes. Un objectif macro et une lumière douce, réglée pour ne pas brûler le blanc des tentacules, font ressortir les extrémités roses ou violettes. Ne cherchez pas à dégager la colonne de sa fissure.

Sources