Fiche n° 1247 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)

Corail mou violet

Briareum asbestinum

Amérique Caraïbes Yucatán

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/mexique-flore-corail-mou-violet/

Corail mou violet (Briareum asbestinum)
Photo : Jstuby — CC0 — source

Clé d'identification

  • Colonie dressée en « doigts » cylindriques verticaux, rarement ou pas du tout ramifiés, ou simple croûte basse chez les petites colonies.
  • Grands polypes de plus de 1 cm qui donnent à la surface un aspect chevelu, presque laineux, quand ils sont sortis.
  • Huit tentacules pennés par polype, bien visibles à l'œil nu.
  • Surface sous les polypes souvent nettement violette ; ensemble gris, beige, brun ou vert-brun polypes déployés.
  • Doigts plus courts et plus trapus en eau peu profonde, plus fins et plus longs en profondeur.

Noms

Nom usuel
Corail mou violet
Nom scientifique
Briareum asbestinum
Autres noms
Gorgone-liège violette · Corky sea finger
Synonymes
Alcyonium asbestinum · Briareum polyanthes · Erythropodium polyanthes · Solenopodium polyanthes

Distribution géographique

Atlantique ouest tropical : Caraïbes, Bahamas, Floride. Au Mexique, signalé par GBIF sur la côte du Quintana Roo (Isla Mujeres, Puerto Morelos, Cozumel, Akumal, Chemuyil, Mahahual, Xcalak, Banco Chinchorro) et sur le récif Alacranes, au large du Yucatán. Absent du Pacifique.

Zones : Caraïbes · Yucatán — Amérique

Biotope

Récifs coralliens et fonds rocheux peu profonds ; souvent abondant en arrière-récif, sur les débris de corail et dans les herbiers.

Profondeur : 1 – 55 m

Repères pour le plongeur

Octocoral des Caraïbes en doigts dressés couverts de grands polypes chevelus, violet sous les polypes : au Mexique, on le croise sur les récifs du Quintana Roo, de Puerto Morelos à Xcalak. Ne le touchez pas, ses polypes se rétractent au moindre contact.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Animal colonial qui héberge des algues symbiotiques (Symbiodinium) ; ses polypes s'étendent ou se rétractent selon la lumière.

Reproduction

Sexes séparés ou hermaphrodisme ; émission annuelle de gamètes et incubation externe des embryons à la surface de la colonie, puis larve planula. Multiplication aussi par fragments qui se refixent.

Conservation

Non évalué (UICN)

Non évalué (NE) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, version 2025-2 selon SeaLifeBase. Non inscrit à la CITES. Sensible au blanchissement lié au réchauffement de l'eau.

Espèces ressemblantes

  • Gorgone encroûtante (Erythropodium caribaeorum) : croûte plus mince, polypes de moins de 1 cm dont les tentacules ne se voient qu'à la loupe, surface lisse comme du cuir polypes rentrés.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Cnidaires (coraux & anémones)

Identification

Malgré son nom, le corail mou violet n’a rien d’une plante : c’est un animal, une colonie de polypes de la classe des octocoralliaires (famille des Briareidae). DORIS le nomme « gorgone-liège violette », et les plongeurs anglophones « corky sea finger ».

Sa forme la plus visible est une touffe de « doigts » cylindriques dressés, peu ou pas ramifiés, de 15 à 60 cm de haut en général. Les petites colonies restent au stade de croûte plaquée sur la roche. Selon les travaux génétiques cités par Wikipédia, ces deux formes appartiennent bien à la même espèce, même si leurs populations se distinguent.

Le critère décisif, ce sont les polypes : longs de plus de 1 cm, ils couvrent la colonie d’un pelage chevelu gris, beige, brun ou vert-brun. Rétractés, ils laissent voir une surface souvent franchement violette, d’où le nom français. La silhouette varie avec la profondeur : vers 5 m, les doigts sont courts et trapus ; vers 35 m, ils deviennent plus longs et plus fins, et les polypes plus clairsemés.

La confusion la plus courante concerne la gorgone encroûtante (Erythropodium caribaeorum). D’après DORIS, celle-ci forme une croûte plus mince, aux polypes de moins de 1 cm dont les tentacules ne se voient qu’à la loupe. Chez le corail mou violet, la croûte est plus épaisse et les huit tentacules pennés de chaque polype se voient sans peine.

Où et quand l’observer au Mexique

L’espèce vit dans l’Atlantique ouest tropical : Caraïbes, Bahamas et Floride. Elle ne vit ni dans le Pacifique ni dans les cénotes. Au Mexique, les occurrences enregistrées dans GBIF viennent toutes de la péninsule du Yucatán. Côté caraïbe, elles proviennent d’Isla Mujeres, de Puerto Morelos (dont le parc national Arrecife de Puerto Morelos), de Cozumel (Chankanaab, Palancar), d’Akumal et de Chemuyil, puis plus au sud de Mahahual, de Xcalak et de Banco Chinchorro. Côté golfe du Mexique, on la trouve aussi sur le récif Alacranes, au large du Yucatán.

Cherchez-la en eau peu profonde : en arrière-récif, sur les étendues de débris coralliens et jusque dans les herbiers, où elle peut être abondante. SeaLifeBase la situe surtout entre 0,5 et 12 m, avec des mentions jusqu’à 55 m. Fixée et présente toute l’année, elle n’a pas de saison d’observation particulière.

Biologie et comportement

Le corail mou violet héberge des algues microscopiques symbiotiques du genre Symbiodinium, qui vivent dans ses tissus. Une étude menée en Floride a montré que la colonie réagit à la lumière : elle règle l’extension de ses polypes selon l’ombre, et les rentre lorsqu’elle se sent menacée.

Sa reproduction sexuée passe par une émission annuelle de gamètes. Les embryons sont ensuite incubés à la surface même de la colonie, un cas d’« incubation externe » décrit par Brazeau et Lasker en 1990. Ils donnent une larve planula qui se fixe plus loin. La colonie se multiplie aussi par fragmentation : un morceau cassé qui retombe sur le fond peut repartir en nouvelle colonie.

La langue de flamant (Cyphoma gibbosum), petit gastéropode des gorgones, fait partie de ses prédateurs. Cherchez-la sur les doigts de la colonie.

Statut et protection

SeaLifeBase indique que l’espèce n’est pas évaluée (NE) sur la liste rouge mondiale de l’UICN, version 2025-2, et qu’elle n’est pas inscrite à la CITES. Le réchauffement de l’eau et le blanchissement qui en découle restent sa principale menace connue. Nous n’avons pas trouvé de mesure de protection propre à l’espèce au Mexique. Plusieurs sites où elle est signalée, comme Puerto Morelos, font toutefois partie d’aires marines protégées dont il faut respecter le règlement.

Bien l’observer et la photographier

Approchez à la palme lente, en restant au-dessus ou à côté de la colonie : sur les fonds de débris peu profonds où elle pousse, un coup de palme soulève vite le sédiment. Ne la touchez pas, même du bout du doigt. Les polypes se rétractent au moindre contact, et vous perdriez l’aspect chevelu qui fait tout l’intérêt de la photo.

Pour la photo, un cadrage serré sur un doigt montre les polypes et leurs tentacules pennés. Un plan plus large place la colonie dans son décor de gorgones et d’herbier. Si les polypes sont rentrés, patientez à distance : ils ressortent après un temps de calme. Profitez-en pour photographier la surface violette nue, utile pour confirmer l’identification.

Sources