Fiche n° 1271 · Faune · Invertébrés

Lambi

Aliger gigas

Amérique Caraïbes Guadeloupe Réserve Cousteau

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/guadeloupe-faune-lambi/

Lambi (Aliger gigas)
Photo : Jstuby — CC0 — source

Clé d'identification

  • Grosse coquille spiralée, jusqu'à 30 cm de long, hérissée de pointes coniques sur les tours.
  • Adulte avec un large pavillon (lèvre) épais et évasé ; l'intérieur de la coquille est lisse et rose vif.
  • Extérieur souvent terne, couvert d'algues et de sédiment qui camouflent l'animal sur le fond.
  • Deux yeux pédonculés cerclés de jaune qui sortent d'une échancrure à la base de la coquille.
  • Opercule corné en forme de faux, qui lui sert de levier pour avancer par bonds.

Noms

Nom usuel
Lambi
Nom scientifique
Aliger gigas
Autres noms
Strombe géant · Conque · Queen conch · Pink conch · Caracol rosa
Synonymes
Strombus gigas · Lobatus gigas · Eustrombus gigas

Distribution géographique

Atlantique ouest tropical, des Bermudes et de la Caroline du Sud au Brésil, golfe du Mexique et Caraïbes compris. En Guadeloupe, DORIS publie des photos d'individus vivants aux îlets Pigeon (20 m) et à Port-Louis (5 m) ; plus de 200 occurrences guadeloupéennes figurent sur GBIF.

Zones : Caraïbes · Guadeloupe · Réserve Cousteau — Amérique

Biotope

Fonds sableux peu profonds, herbiers de phanérogames (herbe à tortues, herbe à lamantin) et plaines d'algues autour des récifs. DORIS donne 1 à 35 m, exceptionnellement 60 m ; SeaLifeBase 2 à 73 m, le plus souvent moins de 30 m. Les juvéniles restent dans les herbiers côtiers.

Profondeur : 1 – 60 m

Repères pour le plongeur

Grosse coquille couverte d'algues posée sur le sable ou dans l'herbier : c'est souvent un lambi. Restez immobile quelques instants et vous verrez peut-être ses yeux jaunes sortir de la coquille pour vous surveiller.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Herbivore et détritivore : il broute algues, diatomées, débris d'herbiers et épiphytes sur le sable.

Reproduction

Sexes séparés, fécondation interne. La femelle pond un long cordon gélatineux collant, vite incrusté de sable, qui contient des centaines de milliers d'œufs (environ 400 000 selon DORIS). La larve vit environ trois semaines dans le plancton avant de se fixer.

Conservation

Quasi menacé (UICN)

Quasi menacé (NT) sur la liste rouge de l'UICN, évaluation du 2 juin 2025 selon SeaLifeBase. Inscrit à l'annexe II de la CITES : son commerce international est soumis à permis. En Guadeloupe, la pêche est réservée aux professionnels et limitée à une courte saison fixée par arrêté ; elle a été totalement fermée pour la saison 2020-2021.

Espèces ressemblantes

  • Strombe laiteux (Macrostrombus costatus) : plus petit (10 à 20 cm), coquille blanchâtre épaisse et pavillon peu développé.

Classification

Règne
Animal
Groupe
Invertébrés

Identification

Le lambi est un gros escargot de mer de la famille des Strombidae. DORIS l’appelle « strombe géant ». Sa coquille massive atteint couramment 30 cm et porte des pointes coniques sur chaque tour de spire. Chez l’adulte, le bord de l’ouverture s’élargit en un pavillon épais et évasé. L’intérieur est lisse, brillant, d’un rose vif qui va parfois vers le jaune d’or.

Sous l’eau, cette belle couleur reste cachée. L’extérieur de la coquille est terne, souvent couvert d’algues, d’éponges et de sédiment : on croit voir une pierre. Le meilleur indice, ce sont les yeux. Ils sont portés par deux pédoncules et cerclés de jaune, et ils sortent par une échancrure à la base de la coquille. L’animal possède aussi un long opercule corné en forme de faux.

Le juvénile n’a pas encore de pavillon et son bord est coupant. La lèvre commence à se former vers trois ans et s’épaissit avec l’âge. La seule confusion possible est le strombe laiteux, plus petit, blanchâtre et presque sans pavillon.

Où et quand l’observer en Guadeloupe

Le lambi vit dans l’Atlantique ouest tropical, des Bermudes au Brésil. En Guadeloupe, DORIS publie des photos d’individus vivants aux îlets Pigeon, dans la Réserve Cousteau, vers 20 m, et à Port-Louis à 5 m. GBIF recense plus de 200 observations dans l’archipel.

Cherchez-le sur le sable et dans les herbiers qui bordent les récifs, de 1 m à une trentaine de mètres. Les jeunes restent dans les herbiers peu profonds, les adultes s’éloignent vers les plaines d’algues plus profondes. L’espèce ne migre pas : elle s’observe toute l’année, même si la pêche l’a raréfiée près des côtes.

Biologie et comportement

Le lambi est herbivore. Il broute les algues, les diatomées et les débris d’herbiers posés sur le sable. Il se déplace par petits bonds : il plante son opercule dans le sable et pousse avec son pied musculeux. Ce même opercule lui permet de se retourner et de repousser crabes et poissons.

Les sexes sont séparés et la fécondation est interne. La femelle pond un long cordon collant, enroulé comme une pelote et vite couvert de sable, qui contient environ 400 000 œufs selon DORIS. Les larves dérivent environ trois semaines dans le plancton puis se fixent sur le fond. L’animal devient adulte vers trois ou quatre ans.

Ses prédateurs sont nombreux : poulpes, langoustes, grands gastéropodes, raies léopards, requins-nourrices et tortues caouannes, selon la synthèse de Wikipédia.

Statut et protection

L’UICN classe le lambi « Quasi menacé » (NT) depuis son évaluation du 2 juin 2025, d’après SeaLifeBase. Sa chair est très recherchée dans toute la Caraïbe, et la pêche a fait chuter les populations. L’espèce est inscrite à l’annexe II de la CITES : son commerce international est contrôlé.

En Guadeloupe, la pêche est réservée aux pêcheurs professionnels, sur une saison courte fixée par arrêté préfectoral. En 2024, elle s’est ouverte le 15 octobre pour fermer le 15 décembre. Pour la saison 2020-2021, le comité des pêches a lui-même demandé l’arrêt total, et la préfecture l’a interdite. Ces dates changent : ne vous fiez pas à un calendrier ancien. En 2025, le Conseil scientifique régional du patrimoine naturel (CSRPN) jugeait les populations en déclin et recommandait un plan de gestion, une taille minimale de coquille et une suspension des prélèvements pendant plusieurs années.

DORIS rappelle aussi que rapporter une coquille, même vide, peut poser problème en douane à cause de la CITES. Renseignez-vous avant d’en acheter une.

Bien l’observer et la photographier

Approchez-vous à plat ventre au-dessus du sable, sans le soulever avec vos palmes. Si le lambi s’est rétracté, attendez immobile : les yeux ressortent souvent au bout d’une minute. Pour la photo, placez-vous au ras du fond, face à l’échancrure, et faites la mise au point sur un œil. Ne le retournez pas pour voir le rose de la coquille : vous le stressez et l’exposez aux prédateurs. Ne le ramassez pas, même pour une photo souvenir.

Sources