Maldives — Faune : Mantas, Requins-Baleines et Requins de Récif

Stations de nettoyage des mantas, Hanifaru Bay, requins-baleines du sud d'Ari, requins gris des passes, requins nourrices de nuit et tortues : où, quand et comment observer la grande faune des Maldives sans la déranger.

Article Océan Indien

Publié le 18 octobre 2026 · 6 min de lecture

Sommaire10 parties · 6 min de lecture

Les Maldives sont l’un des rares endroits au monde où l’on peut croiser mantas, requins-baleines, requins de récif et tortues pendant le même séjour. Cette abondance tient à la richesse en plancton des atolls et à une protection ancienne de certaines espèces. Elle tient aussi au comportement des plongeurs. Cet épisode explique où et quand chercher chaque animal, et comment l’observer sans le déranger.

Le cadre général (moussons, passes, courants) est présenté dans le guide général. Les sites cités sont détaillés dans l’épisode 2.

1. Les mantas et leurs stations de nettoyage

La raie manta des Maldives est la manta de récif, Mobula alfredi. Le pays en abrite l’une des plus grandes populations connues. On la rencontre surtout dans deux situations.

Sur les stations de nettoyage

Une station de nettoyage est un bloc de corail ou un plateau où de petits poissons, comme le labre nettoyeur, débarrassent les mantas de leurs parasites. Les mantas tournent au-dessus, parfois pendant de longues minutes. Le plongeur s’installe à distance, posé sur le sable ou en pleine eau, et attend.

En train de se nourrir

Quand le plancton est dense, les mantas se nourrissent en surface ou à faible profondeur, gueule ouverte. Ces scènes s’observent souvent en palmes-masque-tuba.

Quel côté de l’atoll, quelle saison ?

Les mantas suivent le plancton, et le plancton suit la mousson :

  • de décembre à avril (mousson du nord-est), on les cherche plutôt côté ouest des atolls ;
  • de mai à novembre (mousson du sud-ouest), plutôt côté est, avec le pic de Hanifaru dans l’atoll de Baa.

Cette règle souffre des exceptions : certaines stations sont fréquentées presque toute l’année. Les guides locaux savent lesquelles sont actives au moment de votre séjour.

2. Hanifaru Bay : un site sous haute protection

Hanifaru est une petite baie de l’atoll de Baa. Entre juin et novembre, le plancton s’y accumule et attire des rassemblements de mantas parfois spectaculaires, avec des requins-baleines certains jours. La baie est une aire marine protégée depuis 2009, et l’atoll de Baa est une réserve de biosphère de l’UNESCO depuis 2011.

Les règles sont strictes :

  • plongée en bouteille interdite dans la baie : on observe uniquement en palmes-masque-tuba ;
  • guide obligatoire, enregistré auprès des autorités de la réserve ;
  • nombre de nageurs et de bateaux limité, avec un temps dans l’eau limité pour chaque groupe ;
  • droit d’accès payant, qui finance la gestion de la réserve ;
  • interdiction de toucher les animaux et distance minimale à respecter.

Les modalités précises (horaires, quotas, tarif) évoluent. Renseignez-vous auprès de votre centre ou de votre croisière avant de prévoir la sortie. Si vous plongez en bouteille, le reste de l’atoll de Baa reste ouvert et compte plusieurs stations de nettoyage actives à la même saison.

3. Les requins-baleines du sud d’Ari

Le sud de l’atoll d’Ari abrite une zone marine protégée où le requin-baleine est présent toute l’année. Ce sont surtout de jeunes individus qui patrouillent le long du récif extérieur, souvent près de la surface.

L’observation se fait le plus souvent en palmes-masque-tuba. Le bateau repère l’animal, puis le groupe se met à l’eau devant lui, calmement. Le code de conduite local repose sur quelques principes :

  • garder plusieurs mètres de distance avec la tête et davantage avec la queue ;
  • ne jamais toucher ni bloquer le passage de l’animal ;
  • pas de flash ;
  • limiter le nombre de nageurs autour d’un même requin ;
  • entrer dans l’eau sans éclaboussures.

Ces rencontres ne sont jamais garanties. Elles comptent pourtant parmi les plus fortes qu’on puisse vivre en voyage plongée.

4. Les requins de récif des passes

Les passes à courant rentrant sont le royaume du requin gris de récif. On l’observe en bord de tombant, face au courant, souvent en petits groupes. Le plongeur reste accroché à son crochet de récif et regarde le défilé.

Dans les mêmes passes, on croise aussi :

Dans les lagons et sur les platiers, le requin à pointes noires se laisse voir dès le snorkeling, parfois à quelques mètres de la plage.

Une protection à suivre

Les Maldives ont interdit la pêche aux requins dans toutes leurs eaux en 2010, devenant l’un des premiers sanctuaires de requins de l’océan Indien. Cette décision explique en partie l’abondance observée en plongée. En 2025, le gouvernement a toutefois rouvert une pêcherie ciblant une espèce de requin profond, sous conditions. La mesure est contestée par les associations de protection. Elle ne concerne pas les requins de récif que l’on voit en plongée, mais le débat montre que la protection reste fragile.

5. Les requins nourrices de nuit

Dans l’atoll de Vaavu, des plongées de nuit permettent de voir des dizaines de requins nourrices fauves tourner sur un fond de sable peu profond, à proximité du ponton d’une île. L’ambiance est saisissante. Ces requins sont pourtant placides et ne s’intéressent pas aux plongeurs.

Restez posé à genoux sur le sable, lampe dirigée vers le fond, et laissez les animaux passer. Gardez les mains près du corps.

6. Les requins-marteaux de Rasdhoo

Le requin-marteau halicorne fréquente le large de Rasdhoo, en profondeur et tôt le matin. La plongée se fait en pleine eau, sans repère, avec un taux de rencontre aléatoire. Elle reste réservée aux plongeurs confirmés.

7. Tortues, dauphins et faune de récif

Les tortues sont présentes sur presque tous les récifs. La tortue imbriquée broute les éponges sur le tombant. La tortue verte fréquente plutôt les herbiers et les platiers des îles.

Le dauphin à long bec se montre souvent en surface, en bancs, pendant les trajets en bateau.

Sur les thilas, le poisson-clown des Maldives vit dans son anémone magnifique. Les bancs de poissons-cochers grégaires et de lutjans à raies bleues donnent leur couleur aux plongées. Gardez un œil sur le baliste titan : en période de nidification, il défend son territoire avec vigueur. Éloignez-vous horizontalement, jamais vers le haut.

Le catalogue complet est sur la page faune et flore des Maldives.

8. Le code de conduite du plongeur

Quelques règles valent pour toutes les rencontres :

  1. Ne touchez pas les animaux, ni le corail. Utilisez le crochet de récif en passe.
  2. Ne poursuivez pas un animal. Laissez-le venir et gardez une trajectoire latérale.
  3. Restez au fond sur les stations de nettoyage. Ne montez pas au-dessus de la station : les mantas l’abandonnent si on la bloque.
  4. Limitez le flash et ne l’utilisez jamais sur un requin-baleine.
  5. Maîtrisez votre flottabilité : un coup de palme sur un fond de sable soulève un nuage qui gâche la plongée de tout le groupe.

Pour approfondir ces principes, voir notre catalogue faune et flore.

9. Comparaison avec d’autres destinations

À Bali, Nusa Penida offre aussi des mantas de récif, dans une eau plus fraîche et avec des courants plus imprévisibles. À Mayotte, les tortues sont omniprésentes mais les mantas restent occasionnelles. En Égypte, les requins océaniques de la mer Rouge se cherchent au large, sur des récifs isolés.

Conclusion

Mantas sur les stations de nettoyage, requins-baleines au sud d’Ari, requins gris dans les passes, requins nourrices de nuit : les Maldives tiennent leurs promesses à condition de choisir le bon côté de l’atoll et la bonne saison. Le plongeur, lui, doit rester discret. La suite : croisière ou resort, quelle formule choisir.

Fiche destination : Maldives